13 février : saint Polyeucte

dans TradiNews

Sanctorum, édition originale du XIXème siècle. Au temps des empereurs Dèce et Valérien, vers le milieu du IIIème siècle, vivait à Mélitène, capitale de l’Arménie, deux hommes de guerre, Néarque et Polyeucte, étroitement liés d’amitié. Néarque était un chrétien remarquable par sa foi et sa piété ; Polyeucte n’avait pas encore renoncé au paganisme, mais il était digne d’être chrétien et avait une grande inclination à le devenir.


Les empereurs ayant fait publier un édit qui défendait sous des peines terribles le culte chrétien, Néarque craignit que la persécution n’empêchât la conversion de son ami, et que la différence de religion n’amenât la rupture ou le refroidissement de leur amitié. Polyeucte, à qui il dut avouer la cause de son trouble, le tranquillisa aussitôt. “Ne craignez rien, lui dit-il : il y a longtemps que je désire être chrétien. Oh! si j’avais reçu le baptême, avec quelle ardeur vous me verriez mourir pour Jésus-Christ!

Néarque lui démontra qu’il pouvait confesser Jésus-Christ avant d’avoir été baptisé. Aussitôt notre martyr, plein d’une sainte ferveur, prend l’édit des empereurs, crache dessus et le déchire en morceaux, qu’il jette au vent ; puis, apercevant des idoles qu’on porte aux autels pour les y adorer, il se précipite dessus, les arrache des mains de ceux qui les portent, les brise par terre et les foule aux pieds.

C’était son beau-père Félix qui était chargé par les empereurs de persécuter les chrétiens dans cette contrée. Il arrive, il voit ce qu’a fait son gendre. Saisi de douleur, il essaye d’ébranler son courage ou du moins de modérer son zèle, d’abord par des paroles persuasives, ensuite par des menaces, enfin par des coups qu’il lui fait donner sur tout le visage par les bourreaux. Vains efforts! Il songe à un dernier moyen : il lui envoie sa fille Pauline. Celle-ci, par le langage le plus tendre, par ses larmes, touche le coeur de son époux mais ne peut ébranler sa résolution. L’exemple de Polyeucte devient contagieux ; les païens se convertissaient en grand nombre. Félix le condamna à avoir la tête tranchée. Le saint martyr reçut ainsi le baptême du sang, et obtint la récompense que Dieu a promise à ceux qui meurent par la foi.

La tragédie de Corneille sur ce sujet est un chef-d’oeuvre.