16 avril : saint Benoît Labre

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Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, dans l’Artois, le 26 mars 1748 ; il appartenait à une famille aisée et honorable, et fut l’aîné de quinze enfants.


Il se plut, dès la plus tendre enfance, aux exercices de piété. A treize ans, il alla habiter chez son oncle maternel, le curé d’Erin, qui fit son éducation. Il préludait déjà au genre de vie qu’il mena jusqu’à sa mort, et qu’on peut résumer en deux mots : prier, souffrir. Dans une épidémie qui ravagea le pays, Benoît se dévoua au service des malades, avec son oncle, qu’il vit tomber martyr de la charité.

A dix-huit ans, il voulut entrer chez les Chartreux, puis chez les Trappistes ; mais sa santé ne put retenir la rigueur de la règle. Il prit alors la résolution de visiter en mendiant les pèlerinages les plus célèbres d’Europe. Il parcourut successivement l’Italie, l’Espagne, la Suisse, l’Allemagne, regardé partout comme un saint. Durant son premier séjour à Rome, il logeait avec les passereaux et les hirondelles, dans les ruines du Colisée. Dans ses longs voyages, la terre lui servait de lit ; il avait pour abri une haie ou une muraille ; il ne prenait de nourriture que ce qu’il en fallait pour ne pas mourir ; quand il acceptait l’aumône, c’était pour la distribuer à d’autres pauvres. Il donnait à ceux qui le consultaient des maximes très édifiantes. Un habitant de Bari lui demanda comme souvenir quelque pieuse pensée ; au même instant le marteau de l’horloge vint annoncer qu’une fraction de la vie humaine était écoulée : “Eh bien, répliqua le serviteur de Dieu, chaque fois que vous entendrez cette cloche, souvenez-vous que vous n’êtes pas maître de l’heure suivante, et pensez en même temps à la passion qu’a voulu souffrir Jésus-Christ, pour nous mettre en possession de l’éternité.”

Il avait reçu de Dieu le don de prévoir l’avenir et de lire dans les consciences. Il accosta un jour un homme d’un certain âge, et lui dit : “Mon frère, chassez la pensée que vous avez : c’est une tentation du démon.” A cette exhortation imprévue, le coupable resta stupéfait : et renonça au projet criminel d’abandonner sa femme.

Il expira le 16 avril 1783. Toute la ville de Rome vint s’agenouiller auprès de ses restes mortels. En 1860, Pie IX l’a mis au rang des bienheureux, et Léon XIII l’a canonisé le 8 décembre 1881. Léon Aubineau a écrit sa Vie.