2 avril : saint François de Paule

dans TradiNews

Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : François naquit à Paule, ville de Calabre, en 1416. Pendant son enfance, ses moeurs étaient pures et tout imprégnées de la crainte de Dieu. A treize ans, il entra chez les religieux Cordeliers de la ville de Saint-Marc.


Dieu honora son obéissance de plusieurs miracles. Un jour, le frère sacristain l’envoya précipitamment chercher du feu pour l’encensoir, et ne lui donna rien pour le mettre ; le saint enfant apporta innocemment de la braise dans le devant de sa robe, sans aucun accident.

Vers l’âge de treize ans, il se retira dans une solitude déserte et inaccessible. Il avait pour abri les anfractuosités d’un vaste rocher, élevé au-dessus de la mer. L’immensité de l’Océan lui rappelait celle de Dieu, où il voulait se perdre ; ses flots bruyants lui parlaient des orages du monde, qu’il voulait fuir. Dans cette cavité, il passait des jours et des nuits, colombe solitaire, à gémir les gémissements que lui inspirait l’Esprit-Saint.

Mais bientôt de nombreux disciples s’assemblèrent autour de lui. Il fut par là obligé de sortir de sa retraite, et de bâtir près de Paule un monastère et une église. Pendant cette construction, l’on avertit le saint qu’un four ç chaux, entr’ouvert par la violence du feu, va s’ébouler. Il y accourt, entre dedans, reste au milieu des flammes jusqu’à ce qu’il ait bouché toutes les fentes, et, après avoir réparé ce qui menaçait ruine, en sort sain et sauf. Il prescrivit un carême perpétuel aux religieux de l’ordre qu’il fonda, et voulut qu’il portassent le nom modeste de Minimes.

Il était consulté de tous côtés ; il devint l’oracle du monde chrétien. Le roi Louis XI, dangereusement malade dans son château du Plessis, près Tours, le fit venir et le reçut avec autant de vénération, dit Commines, que si c’eût été le Pape lui-même : il se jeta à genoux devant lui et le conjura d’obtenir de Dieu sa guérison. Le saint lui répondit : “Dieu m’envoie vers vous pour vous disposer à une sainte mort.” Le roi, que la seule pensée de la mort avait révolté jusqu’alors, écouta cet arrêt avec une soumission étonnante ; il s’entretint chaque jour avec l’homme de Dieu, et rendit le dernier soupir entre ses bras. François établit en France plusieurs maisons de son ordre, dont l’une dans le parc même du château royal du Plessis. Il y mourut en 1507.