20 février : saint Eucher

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Sanctorum : édition originale du XIXème siècle : d’une famille illustre, Eucher naquit à Orléans, en 692. Annoncé à sa mère dans une vision miraculeuse, avant qu’il eût vu le jour, il fut, par ses pieux parents, consacré au Seigneur, et reçut une excellente éducation.


Dès sa jeunesse, il trouva beaucoup de charme à lire les saintes Ecritures, et surtout les Epîtres de saint Paul. ayant médité l’endroit de l’Epître aux Corinthiens où l’Apôtre dit que la figure de ce monde passe et que c’est une folie de s’y attacher, il résolut de quitter le siècle et de vivre sur cette terre comme n’en étant pas. Il se retira dans l’abbaye de Jumièges, au diocèse de Rouen (714), et travailla pendant trois ans avec une grande ferveur à sa perfection. C’est ce qui le priva de la solitude dans laquelle il espérait finir ses jours. Sa sainteté et son savoir le firent appeler, malgré sa résistance, au siège épiscopal d’Orléans, dont il fut une des gloires (717).

L’histoire range saint Eucher parmi les plus fermes défenseurs des droits de l’Eglise.

Charles Martel, duc d’Austrasie, maire du palais, et sous ce titre souverain réel de tout l’état franc, se signala par de nombreuses victoires, et rendit une immense service à la chrétienté en arrêtant l’invasion des Arabes musulmans d’Espagne par la défaite d’Abd-el-Rhaman, près de Poitiers, en 732 ; mais il ternit quelques temps sa gloire en distribuant à ses compagnons d’armes les dignités et revenus ecclésiastiques. On vit des comtes, des capitaines et même de simples soldats, gouverner ou plutôt exploiter les évêchés et les abbayes, et prendre pour eux et leurs familles ce qui était destiné aux besoins du culte et au soulagement des pauvres.

L’évêque d’Orléans s’éleva avec la plus grande vigueur contre cette usurpation, qui était à la fois une impiété, une injustice et un désordre intolérable. La persécution récompensa son courage : enlevé à son église par ordre de Charles Martel, il fut d’abord interné à Cologne, puis dans la forteresse d’Haspengaw, près de Liège. Plus tard, il put se retirer au monastère de Saint-Trond, où une mort précieuse devant Dieu termina pour ce saint évêque les injustes persécutions qu’il supportait avec une patience héroïque depuis près de vingt ans (20 février 738). Il était âgé de cinquante-six ans.

Dans les dernières années de sa vie, Charles Martel se repentit de ses actes de spoliation et d’oppression, et chercha à les réparer. Il avait d’ailleurs servi puissamment les intérêts chrétiens, et il s’apprêtait à protéger le pape Grégoire III, menacé par les Lombards, lorsqu’il mourut (741).