22 février : la chaire de saint Pierre

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Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : L’empire que Jésus-Christ était venu fonder sur la terre, dit Baronius, adopta les capitales du monde païen pour en faire les capitales du christianisme :  car, dans les desseins de Dieu, les Romains, en conquérant le monde, avaient frayé la voie aux conquêtes de l’Evangile.


L’an 30 de notre ère, “dans la quatrième année qui suivit l’ascension de Notre-Seigneur, lisons-nous dans la chronique d’Alexandrie, Pierre l’apôtre, étant parti de Jérusalem, vint à Antioche la Grande, et y prêcha la parole de Dieu. Il prit lui-même en main l’administration de ce diocèse, et s’assit sur la chaire de cette Eglise.” L’expression Antioche la Grande est très exacte : cette métropole de la Syrie était la troisième ville de l’univers, et rivalisait de splendeur avec Alexandrie et Rome même. Cicéron nous apprend qu’elle était le centre intellectuel de l’Orient, et que l’éclat des lettres et des sciences, dont elle s’était faite le sanctuaire, répondait à la magnificence de ses palais, de ses temples, de ses cirques et de ses bazars, où s’étalaient toutes les richesses de l’Asie.

Saint Pierre fut le premier évêque d’Antioche. Ce fut là qu’il établit d’abord la chaire pontificale, après avoir exercé sa primauté à Jérusalem et avant de placer le saint-siège à Rome. Ce fut là que les disciples de Notre-Seigneur Jésus-Christ, appelés auparavant nazaréens, adoptèrent le nom de chrétiens. D’Antioche le nom chrétien prit son envol pour voler à la conquête du monde.

“C’est ainsi, dit saint Jean Chrysostome dans son panégyrique de saint Ignace, que Dieu a voulu traiter Antioche. Il y fixa longtemps l’apôtre à qui il avait confié le gouvernement du monde entier…de sorte qu’on pourrait dire que notre cité soutient à elle seul le parallèle avec l’univers.”

Le jour anniversaire de l’intronisation épiscopale du chef des apôtres sur le siège d’Antioche a toujours été fêté dans l’Eglise : un calendrier dressé en l’an 354, sous le pape Libère, place cette solennité au 22 février. Trois homélies prononcées par saint Léon le Grand, à l’occasion de cette fête, prouvent qu’on la célébrait alors avec un concours et une pompe extraordinaires.