3 avril : sainte Marie l’Egyptienne

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Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : un vénérable religieux, nommé Zozime, était sorti de son monastère, en Palestine, pour passer le carême dans la solitude. Quel ne fut pas son étonnement d’y rencontrer comme un spectre ambulant !


C’était une femme, exténuée par l’âge et par la pénitence. Il lui demanda comment elle se trouvait seule dans ce désert sauvage. Elle lui répondit : “Je suis native d’Egypte. Dès l’âge de douze ans, pour éviter les corrections de mes parents, je m’enfuis et me réfugiai à Alexandrie, où je m’abandonnais à la vie la plus dissolue.

Voyant un jour plusieurs personnes qui s’embarquaient pour Jérusalem, où elles allaient solenniser la fête de l’Exaltation de la sainte Croix, il me prit fantaisie de m’embarquer aussi. A Jérusalem, je fus encore une plus grande pécheresse. Néanmoins, je voulus, comme les autres, entrer dans l’église et adorer le bois sacré sur lequel mourut le Sauveur ; mais je sentis une force secrète m’arrêter et une lumière divine éclairer mon âme, et je vis dans quel abîme j’étais tombée. J’eus recours à la Vierge Marie. J’entrai alors sans difficulté dans le lieu saint, où je contemplai en tremblant l’arbre de notre rédemption. Je sortis avec la résolution de faire pénitence. Après m’être confessée et avoir reçu la communion, je m’enfonçai dans le désert, et j’y suis demeurée jusqu’à ce jour.”

Le religieux lui demanda quels services il pouvait lui rendre : “L’année prochaine, dit-elle, vous me procurerez un grand bonheur en m’apportant, le jeudi saint, la communion sur les bords du Jourdain.” Quand elle fut partie, Zozime baisa la terre qu’elle avait foulée de ses pieds, et, plein d’émotion, baigné de larmes, il reprit le chemin de son monastère.

L’année d’après (vers 421), le jeudi saint, fidèle au rendez-vous, il porta la communion à la pieuse pénitente. Elle pria Zozime de revenir de même l’année suivante. Il revint ; mais il la trouva morte, et lui donna la sépulture.