4 avril : saint Isidore

dans TradiNews

Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : Isidore, fils de Sévérien, gouverneur de Carthagène, en Espagne, naquit vers 570. Il reçut de son frère Léandre, archevêque de Séville, une éducation à la fois libérale et pieuse, et devint bientôt un prodige de science.


Après la mort de ce saint Pontife, on le nomma son successeur en 601. Pendant trente-cinq ans d’épiscopat, il fut le père des pauvres, la consolation des malheureux, la lumière des savants, l’oracle de l’Espagne.

En qualité de vicaire du Siège apostolique, il présida plusieurs conciles, qui élaborèrent la remarquable législation des Wisigoths. Il fonda dans un monastère immense, aux portes de Séville, une université d’où sortirent plusieurs célébrités savantes de l’époque. Il mit entre les mains de ses disciples les Oeuvres d’Aristote, traduites par Boèce. Il composa lui-même pour les étudiants un manuel sous ce titre : Livre des origines ou des étymologiesC’est une encyclopédie méthodique, qui comprend toutes les branches de la science. D’après Cuvier, “Isidore fut le dernier savant du monde ancien et le premier chrétien qui formula la science de l’antiquité pour les chrétiens.” Il écrivit contre le judaïsme, et convertit plusieurs Israélites. Il publia une Collection des Conciles et des Décrétales, qui devint le code canonique de l’Espagne. Il rétablit aussi l’unité dans la prière, en revoyant la liturgie romano-espagnole, qui prit, avec l’invasion des Maures, le nom de Mozarabe.

Vers l’an 619, Isidore se rendit à Rome, où il fut accueilli avec honneur par le Pape Boniface V et par le clergé de la ville. En s’en retournant, il passa par Narbonne. Une sécheresse dévorante désolait la contrée. Une foule nombreuse vint à sa rencontre, le suppliant d’obtenir par ses prières la cessation du fléau. Le saint l’exhorta à la confiance en Dieu ; puis, élevant les mains, il pria avec ferveur. Presque aussitôt le ciel se couvrit de nuages, une pluie bienfaisante changea la face des campagnes. Son entrée à Séville fut un véritable triomphe : on se pressait autour de lui ; ceux-ci demandaient sa bénédiction, ceux-là cherchaient à baiser la frange de son manteau. Etouffée par la foule, une femme tomba morte. A cette vue, le pontife fondit en larmes, et, agenouillé près du cadavre, obtint de Dieu qu’elle fut rendue à la vie. Isidore mourut le 4 avril 636.