5 mars : saint Phocas le jardinier

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Sanctorum, édition du XIXème siècle : Phocas cultivait un jardin, près de la porte de Sinope, ville située à l’embouchure de la rivière du même nom, sur le Pont-Euxin.


Il trouvait dans ce petit coin de terre de quoi se nourrir lui-même et venir en aide aux nécessiteux de la contrée. Quoique sa maison ne fût ni grande ni commode, il y accueillait avec joie les voyageurs sans asile, et leur rendait de son mieux tous les devoirs de l’hospitalité. Les chrétiens étaient alors en proie à la persécution ; ceux dont la foi était notoire, tels que Phocas, étaient souvent arrêtés et décapités sans jugement.

Un soir, deux voyageurs attardés frappent à la porte de Phocas ; il les accueille avec sa cordialité ordinaire, les fait asseoir à sa table et les entoure des soins les plus attentifs. Le repas et la conversation inspirant aux convives une familiarité réciproque, le jardinier demande à ses hôtes le motif qui les amène en ville ; ils répondent qu’ils sont envoyés pour mettre à mort, partout où ils le trouveront, un chrétien nommé Phocas : “Aide-nous, ajoutent-ils, à le découvrir. – Volontiers, dit-il : je serai à vos ordres demain matin. En attendant, reposez-vous et dormez en paix dans mon humble demeure.”

Pendant qu’ils goûtent les douceurs du sommeil, Phocas creuse sa fosse, et dispose tout pour ses funérailles. Au point du jour, il réveille les soldats et leur dit :” J’ai trouvé Phocas, vous habitez sa demeure. Le voilà devant vous : remplissez votre mandat. ” Les bourreaux hésitent : comment lever la main sur un tel homme, sous le toit même de l’hospitalité? Il les encourage : “Frappez, leur dit-il, ne craignez rien. que le crime retombe sur ceux qui l’ont commandé.” Et sa tête roule sous le glaive (12 septembre 303).

La tombe de saint Phocas devint l’orgueil et le palladium de sa patrie. “Les marins, dit saint Astère, la saluent de loin comme un phare sacré ; ils chantent des hymnes en faveur de Phocas , ils l’invoquent pendant les tempêtes , ils réservent pour les pauvres une partie de leur gain, en l’appelant la part de Phocas. L’humble maison du pauvre jardinier est maintenant enrichie de magnifiques présents. Un roi étranger a envoyé comme offrande son magnifique diadème garni de diamants et son armure d’une matière précieuse. “La ville de Constantinople, ayant obtenu une portion des reliques du saint martyr, les reçut avec de grandes démonstrations de joie et de respect. Les fêtes durèrent deux jours, et l’éclat en fut rehaussé par deux discours de l’éloquent saint Jean Chrysostome.