7 avril : Le bienheureux Jean-Baptiste De La Salle

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Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : Jean-Baptiste de la Salle, naquit à Reims, le 30 avril 1631, et fut baptisé le même jour. Sa famille, originaire du Béarn, était d’antique noblesse. Plusieurs de ses ancêtres s’étaient distingués dans les armes depuis le neuvième siècle. 


Son père, Louis de la Salle, avait acheté la charge de conseiller du roi au présidial de Reims. Sa mère était fille de Jean Moët, écuyer, seigneur de Brouillet, conseiller au même siège. Sa pieuse enfance présagea sa vie de dévouement et de foi. Quoiqu’il fût l’aîné de sept enfants, et que sa naissance, sa fortune, ses aptitudes, le destinassent à une brillante carrière dans le monde, il se sentit de bonne heure appelé à l’état ecclésiastique.

Après avoir fait d’excellentes études à Reims, il entra, en 1670, au séminaire de Saint-Sulpice. La mort de sa mère, arrivée le 20 juillet 1671, et celle de son père, qui suivit de près, le 9 avril 1672, l’obligèrent d’en sortir. Ses parents lui laissèrent une grande fortune à conduire et une famille nombreuse à élever. On lui fit observer que, pour s’acquitter de ses nouveaux devoirs, il ferait mieux de renoncer au sacerdoce. Il n’écouta que la voix de sa conscience, celle de la grâce et les avis de son sage directeur, le chanoine Rolland. Il fut ordonné sous-diacre en 1672, diacre en 1677, prêtre en 1678. Toute sa vie, il célébra les saints mystères avec tant de respect, que les assistants en étaient émus : on le vit plus d’une fois, après la communion, immobile, comme privé de ses sens, et ravi en extase.

Entraîné par sa charité sans bornes, Jean-Baptiste de la Salle s’intéressa à la fondation d’une école gratuite pour les enfants, à Reims. La Providence, qui avait ses vues sur lui, l’engagea peu à peu dans cette chrétienne entreprise. Il donne d’abord des avis aux instituteurs, puis un règlement. Il les loge chez lui, plus tard dans sa maison, et enfin il la quitte pour aller demeurer avec eux dans une habitation étrangère. Ses parents, ses amis, toute la haute société de Reims, considèrent cette conduite comme une aberration. Un jeune gentilhomme, riche, plein d’avenir, un chanoine, un docteur en philosophie, se faire simple maître d’école ! était-il possible de se ravaler davantage aux yeux du monde? Le saint homme foule aux pieds ces considérations, et se dévoue tout entier à son oeuvre. Il résigne son canonicat, vend son bien, en distribue le prix aux pauvres et se réduit à vivre d’aumônes.

Son estomac délicat ne pouvait s’habituer à la nourriture grossière de la communauté et se révoltait : il le dompta par la diète. La victoire fut si complète, qu’il ne s’apercevait même plus des mets qu’on lui présentait. Il pratiquait de grandes austérités : il portait la haire et le cilice, et se donnait une rude discipline. Pour prendre un peu de repos la nuit, il se couchait par terre ou se mettait sur une chaise. Pendant qu’il était à Reims, il passait chaque nuit du vendredi au samedi en prière dans l’église de Saint-Rémi, sur le tombeau du saint. Il voulut être vêtu et logé pauvrement ; soutane, chapeau, ceinture, souliers, il choisissait ce qu’il y avait de plus grossier. Ses vêtements étaient toujours propres, mais usés, raccommodés, rapiécés. Pour tous meubles, il avait le Nouveau Testament, une Imitation de Jésus-Christ, un crucifix et un chapelet. Il habitait tantôt le dortoir commun, tantôt la chambre la plus incommode de la maison. Il obtint, à force d’instances, de cesser, pendant quelques temps, d’être supérieur, et il fut alors un modèle parfait d’obéissance. Il n’eût pas osé, sans permission, recevoir une visite, ni ouvrir la bouche. Il semblait le dernier de tous. Les travaux les plus répugnants étaient ceux qu’il ambitionnait. Il suppliait la faveur de balayer les immondices, d’éplucher les légumes, de laver la vaisselle, sous les ordres du frère cuisinier.

Comme la plupart des fondateurs, il eut à triompher de mille difficultés : les corporations de maîtres d’école se liguent contre lui, pour arrêter dès sa naissance une concurrence redoutable ; les jansénistes lui font une guerre non moins acharnées, parce qu’il proteste contre leurs erreurs et leur désobéissance au Saint-Siège, prenant la dénomination de “prêtre romain”. Il triomphe de tout par sa sagesse, sa constance, sa patience, sa confiance envers Dieu. Il avait commencé son oeuvre à Reims, il la perfectionna à Paris, et l’acheva à Rouen. Il donna aux membres de son institut le beau nom de Frères des écoles chrétiennes. Après avoir eu la consolation de les voir s’étendre et prospérer, le saint fondateur mourut dans le noviciat de Saint-Yon, à Rouen, le 7 avril 1719. Grégoire XVI l’a déclaré vénérable le 8 mai 1844. Le 30 novembre 1873, le souverain Pontife Pie IX, présidant la sacrée congrégation des rites, proclama l’héroïsme de ses vertus. Benoît XIV avait, en 1725, approuvé l’institut des Frères des écoles chrétiennes.