8 avril : saint Gautier

dans TradiNews

Sanctorum, édition originale du XIXème siècle : Gautier naquit à Andainville, en Picardie, d’une famille noble et puissante, vers la fin du règne de Robert 1er. après avoir appris, dans les plus célèbres écoles, les arts libéraux, il les enseigna avec distinction.


Parvenu à l’apogée de sa réputation, il renonça au monde et entra à l’abbaye de Rebais. On cite de lui un trait de charité extrême, que nous trouvons dans la vie de quelques autres saints : il délivra un prisonnier en prenant sa place et en le faisant évader, après l’avoir converti.

Elu supérieur du monastère de Pontoise nouvellement fondé (1069), il lui fallut recevoir l’investiture du roi Philippe Ier, qui lui remit la crosse abbatiale en la tenant par le noeud. Gautier mit la main, non pas en dessous, mais au dessus de celle du monarque, et lui dit : ” Sire, ce n’est point de vous, mais de Dieu, que je veux tenir le gouvernement spirituel de cette abbaye.”

Dès qu’il eut mis la nouvelle abbaye dans un état florissant, vers 1072, Gautier se retira secrètement, d’abord à Cluny, puis dans l’île des Saints-Côme-et-Damien, près de Tours, pour prier Dieu dans la solitude. Grégoire VII lui enjoignit de reprendre sa charge abbatiale.

A son retour, Gautier se signala dans le conciliabule de Paris (1092), qui refusait d’obéir aux décrets par lesquels le saint Pontife Grégoire VII réformait la discipline et les moeurs relâchées de ce siècle. “Prenez garde ! dit-il aux membres de l’assemblée rebelle : la sentence que vous voulez rendre, est le comble de l’ignominie; elle sera conspuée dans toute la suite des siècles. Est-ce aux brebis à commander à leur pasteur? ” Il fut injurié, maltraité, emprisonné. On voulut le contraindre à une rétractation. “J’aime mieux mourir pour la vérité, répondit-il, que de souiller mon âme par un mensonge.”

Vers l’an 1092, Gautier fonda un couvent de religieuses à Bertreaucourt, à cinq lieues d’Amiens. Le saint abbé redoubla d’austérités dans les dernières années de sa vie, se préparant à paraître devant Dieu.

Il mourut, comme il l’avait annoncé, le vendredi saint, le 8 avril 1099.