Amazon surfe sur la crise covid19

dans Tour d'horizon

Pendant que sombre l’économie réelle, déjà mal en point bien avant la crise actuelle et, de plus, victime des confinements et d’une politique sanitaire hasardeuse, fluctuante et controversée, les géants du numérique s’apprêtent à boucler une année record. Amazon, sans doute le plus veinard d’entre eux, surprend jusqu’aux analystes économiques et financiers les plus avertis en affichant un bénéfice record.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Le géant de Seattle vient en effet de conclure le plus gros trimestre de son histoire avec un chiffre d’affaires de 96 milliards d’euros, en hausse de 37% sur la période de référence comparée à l’an dernier et un bénéfice de 6,3 milliards pour ce seul trimestre. Au total, l’action aura pris 74% depuis de début d’année quand les banquiers peinent à dégotter pour leurs clients des placements à 2 ou 3% et que le livret A n’assure plus qu’un pitoyable rendement de 0,50% à ses détenteurs. Côté emploi, le groupe américain de vente en ligne affirme avoir recruté 125 000 salariés dans le monde depuis mars dernier et devrait, à terme, en retenir une centaine de milliers pour des emplois pérennes dans des fonctions logistiques en entrepôt mais aussi des ingénieurs informaticiens, des employés administratifs, etc. Sans parler du recrutement en cours de 100 000 saisonniers pour satisfaire aux besoins des fêtes de fin d’année, période habituellement faste pour le commerce. En revanche, aucune statistique ne nous précise le bilan accablant des milliers de commerces et centaines de milliers d’emplois détruits par ce rouleau compresseur du consumérisme. Chaque commande, aussi modeste soit-elle, chaque euro versé contribue à la disparition du commerce et à la désertification des centres-villes qui s’accélèrent malgré les appels au boycott, plus ou moins de circonstances et les rodomontades de quelques hommes politiques dont certains peut-être sincères mais en tout cas bien incapables d’inverser si peu que ce soit la tendance.,

Amazon et les agences américaines de renseignement

Jeff Bezos, PDG du groupe Amazon et homme le plus riche de la planète depuis 2017 dont la fortune s’élève à environ 200 milliards de dollars aura revendu cette année des actions pour 10,2 milliards à son seul profit. Plus disert sur son soutien actif au mouvement Black Live Matters et à l’ensemble des causes progressistes du système que sur l’imbrication trouble du groupe avec les services de renseignement, Jeff Bezos s’abstient de communiquer sur le contrat de 600 millions de dollars liant la filiale Amazon Web Services (AWS), spécialisée dans les technologies de pointe, notamment le cloud, et les services de renseignements américains, la NSA et la CIA et une quinzaine d’autres agences.
Est-ce un hasard si Keith Alexander, ex-patron de la NSA où il sévit pendant neuf années, de 2005 à 2014, siège aujourd’hui au conseil d’administration d’Amazon ? C’est durant cette période et sous sa direction que la NSA peaufinait un système de surveillance de masse planétaire ainsi que l’a révélé Edward Snowden, réfugié depuis 2013 en Russie. L’imbrication des géants de l’internet avec les services de renseignements n’a certes rien de bien nouveau, la CIA ayant figuré, par exemple, parmi les tout premiers actionnaires de Facebook. Sans parler de Google, sans conteste l’un des majors du fichage mondial.