Avec Arcadia, le chanteur breton Christoff déconfine nos oreilles avec bonheur !

dans Arts & Lettres & Chansons

NSP avait eu le plaisir d’interviewer Christoff  pour son album Le crépuscule des braves particulièrement prometteur. Il nous revient en force en ces temps crépusculaires avec Arcadia …  Que du bonheur. Finalement le confinement ça a du bon!


Rédaction NSP
Entretien réalisé par Thierry De Cruzy

Après L’Armée du silence, l’album sorti en 2017, voici Arcadia, votre nouvel album avec 11 titres. On y trouve l’incipit de la Marseillaise avec un hymne à la France, une allusion aux Gilets jaunes, avec un accompagnement jubilatoire à la guitare électrique. Peut-on le présenter comme le résultat du 1er confinement ?
Alors, petite précision, ARCADIA comporte 12 titres et non 11, peut-être ne comptez-vous pas Serpentaire du fait que ce n’est pas un morceau chanté, mais il a son importance, au même titre que tous les autres, il constitue les prémices du voyage que je livre.
Non, la genèse de cet album n’est pas le fruit du premier confinement, il lui est antérieur et d’ailleurs, l’album aurait dû voir le jour plus tôt, ceci étant, le confinement m’a permis de travailler sur mon troisième album, cette époque folle étant du pain bénit pour qui a le goût de l’écriture.
Arcadia est une référence à la province grecque ?
ARCADIA
n’est pas une référence à la province grecque 😉 , mais le nom du vaisseau interstellaire du Capitaine Albator, héros sombre et charismatique de l’animation japonaise, ayant bercé mon enfance. Cet album, contrairement à son prédécesseur L’armée du silence se veut plus comme une invitation au voyage. Comme j’aime à le dire, embarquez avec moi, sous la bannière de la liberté, à bord de l’ARCADIA.
De la rage, de la hargne et de la sincérité, comment définissez-vous votre style musical ?
Oui il y a de la rage (saine) et de la sincérité dans mon travail, je chante ce qui me révolte et ce que j’aime. Je suis un chanteur engagé, mais par personne, ça fait toute la différence avec les pantins faussement énervés que le système diffuse bien volontiers, parfois jusqu’à l’overdose.
Chanteur engagé, contestataire, dissident, quel qualificatif est le plus adapté à votre démarche musicale ?
Pour ce qui est du style musical, mon premier album s’inscrivait davantage dans une tradition pop/folk/rock tandis que mon dernier opus est bien plus arrangé, plus instrumental, je ne voulais pas me répéter car il faut savoir se réinventer, tout en gardant sa patte, cela va sans dire, mon style reste bien évidemment identifiable et ce, dès la première écoute. Je dirais que ARCADIA est un album davantage rock, dans lequel les guitares électriques rugissent parfois, mais il y a aussi des touches d’électro, des ambiances celtiques, du piano… Il est bien plus varié, et c’est ce que je voulais !
Une ballade accompagnée à la harpe par votre épouse où vous chantez aussi en breton, que représente pour vous la Bretagne ?
Le cinquième titre, Ar lann am helenn (la lande m’instruit), composé et écrit par mon épouse, est bel et bien une ode à ma Bretagne. Dans mon premier album, il y avait un titre Ma Bretagne dans lequel je déclarais ma flamme à cette région pré-citée, mais cette fois, je souhaitais que ça sonne réellement celtique, au-delà des mots. Je dirais que la Bretagne est le symbole de mon enracinement, pour rien au monde je ne la quitterai. Tout n’est bien évidemment pas parfait en Bretagne, et l’émigration de masse commence à bien se faire sentir dans les grandes villes telles que Brest, Saint-Brieuc, Rennes… Il faut savoir où y vivre, en des lieux préservés du « progressisme » délirant que nos élites nous infligent.
Des clips en ligne sur YouTube (Dès demain, Poème révolutionnaire) et des titres du 1er album. Vous avez réalisé quelques belles vidéos, on en redemande. La promotion sur le Net fonctionne ? Pas de problèmes avec la censure ?
Pour la sortie de ce disque, j’ai fait appel au talentueux Antoine Bernard, jeune vidéaste Breton qui a réalisé deux clips (il y en aura d’autres) Poème révolutionnaire et Dès demain que je chante en duo avec mon ami Romain Guérin. La promotion via YouTube ou les réseaux sociaux sera de plus en plus compliquée en ces temps de censure, mais je dois avouer qu’à l’heure où je noircis ces lignes, je suis content de comment est accueilli mon second méfait. Cela pourrait toujours être mieux, mais l’album est sorti il n’y a même pas un mois et les retours qui m’en sont faits, je le dis en toute modestie, sont dithyrambiques. J’invite les lecteurs qui ne connaissent pas mon travail à aller jeter un œil sur les commentaires élogieux sous mes 2 derniers clips, et je n’ai payé personne pour les rédiger 😉 . D’autre part, ma chaîne YouTube bénéficie d’un nombre assez faible d’abonnés, mais malgré cela, si je prends l’exemple de « Dès demain » 8000 vues en 15 jours seulement (avec 800 abonnés). Pour l’instant je ne suis pas victime de la censure, je touche du bois comme on dit !
Où vous situez-vous dans la musique dissidente et quels contacts  entretenez-vous avec les autres artistes musiciens dans cette mouvance ?
J’essaie de combler cette place laissée vacante (ou presque) en jouant du mieux que je peux, de la chanson française réellement engagée. Souvent, les musiciens dissidents utilisent des codes identifiables et qui ont tendance à les marginaliser (groupes de RAC, de RIF…) tandis que moi, je refuse de m’interdire les codes dits « Mainstream ». Je joue ce que j’aimerais entendre en fait, mais ni Cali, Vianney, Gims et j’en passe n’ont su capter mon attention bien au contraire. Pour ce qui est des musiciens qui pensent à l’endroit, je n’en connais pas beaucoup à l’exception de mon ami Romain Guérin, qui en dehors de ses œuvres écrites, a également sorti un album néo/grunge intitulé « Fugues » et sur lequel je suis présent le temps d’un duo engagé « Pas de pression ». Il y a également mon ami « Laryen » qui figure sur le duo « A la France », titre aux allures d’hymne que vous évoquiez tout à l’heure.
Vous avez eu l’occasion de chanter lors de la Journée de Synthèse nationale en 2017. Hors l’interdiction sanitaire, avez-vous l’occasion de donner des concerts ? Existe-t-il une scène dissidente ?
Ah pour ce qui est des concerts, j’ai l’impression que ce n’est pas demain la veille que je pourrai défendre ma musique sur une scène, au vu des événements et de cette politique de la trouille… Mon dernier concert, je l’ai donné en septembre de cette année, pour les 10 ans de la Ligue du Midi ! J’en garde un excellent souvenir d’ailleurs. Pour ce qui est d’une scène dissidente, il n’y en a pas, malheureusement mais il faut garder espoir et continuer de faire! De viser le juste, le beau et le pur !
Si je peux me permettre un petit mot pour finir, je demanderai à celles et ceux qui me lisent en ce moment, de prendre le temps d’aller écouter mon travail, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne YouTube et n’oubliez jamais que nous jouons dans la même équipe. Force et honneur !


Pour commander : https://christoff-bzh.com


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