Brexit: “with it, not in it”

dans Tour d'horizon

Ursula von der Leyen se croit donc capable d’arrondir les Angles ?


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Boris Johnson, porté par l’opinion publique, défend pied à pied les intérêts de son pays et n’hésite pas à le répéter : « Sauf volonté d’assentiment de l’Europe du respect de la souveraineté britannique dans tous les domaines, il n’y aura pas d’accord au décembre. Le divorce sera “no deal” »…
L’Europe, furieuse voir qu’on ose lui résister, multiplie menaces, imprécations et surtout les fake news médiatiques…
La plus classique et la plus répandue des “idées inculquées sinon reçues  car elle peut être déterminante dans l’opinion internationale où le brexit pourrait bien faire des émules (en France, en Italie ou en Espagne notamment) est de laisser croire que sans l’Europe et ses structures, le commerce et les échanges internationaux ne seraient plus possibles… Il est vrai que nous sommes totalement pris dans le carcan  européïste depuis l’abandon de la souveraineté nationale monétaire au profit de l’euro, il y a trente ans.
Une génération d’économistes à qui il ne serait pas inutile de rappeler que ce n’est une disposition du traité de Maastricht de 1992 qui a créé les échanges internationaux.
(Et, tant pis pour les angoisses que cette constatation va susciter à Science-Po et chez nos jeunes énarques, mais on se doit de souligner que ces échanges existaient déjà il y a six à huit mille ans, dès que des entités territoriales se sont constituées.)
La Grande Bretagne et plus particulièrement aujourd’hui l’Angleterre fait surtout figure aux yeux de Bruxelles d’inquiétant précurseur…
On notera pourtant qu’elle bénéficiait d’un avantage considérable pour son émancipation : elle a toujours su refuser l’euro et  conserver sa souveraineté monétaire.
Ce ne sera pas le cas des autres, devenus otages de Christine Lagarde, ex patronne du FMI, la nouvelle présidente de la Banque Centrale Européenne. Sortir du carcan européen implique donc d’abord de pouvoir sortir de l’euro…
La Grande Bretagne a su se préserver et éviter cet écueil monétaire, en conservant en plus les dispositions préférentielles associées au Commonwealth hérité de son empire colonial.
Winston Churchill – qui n’est pourtant pas franchement de mes amis au de vu ses sympathies trotskystes historiquement jamais remises en  cause, du bombardement de Dresde ou du massacre des allemands des Sudètes – l’avait exprimé clairement dès les prémices de la construction européenne par cette formule lapidaire : « with it, not in it » ce que l’on pourrait traduire en essayant de respecter l’idée idiomatique au-delà du texte littéral: « allié avec, mais pas dedans ».

« With it, not in it »

Malgré les commentaires alarmistes (pléonasme) des européïstes dogmatiques, l’économie britannique post-brexit s’annonce sous les meilleurs auspices.
Il n’est pas inutile de signaler ici le rôle lobbyiste, quelque peu énigmatique d’Anand Menon, professeur d’économie politique européenne et sous-marin de Bruxelles, qui anime un think tank européïste qui a évidemment toutes les faveurs du Monde et des intellectuels mondialistes du Royaume Uni.
Il vient de déclarer : « Ceux qui ont voté en faveur du ‘Leave’ savent désormais que le Brexit aura des conséquences négatives sur l’économie. Pour autant, ils n’ont pas changé d’avis et pensent toujours que ça valait la peine, explique Anand Menon. Les gens ont vu dans le Brexit une question de souveraineté, le désir d’un renouvellement national, la prise de contrôle de notre destinée, de notre politique économique, agricole, etc. Et pour le moment, ils ne regrettent rien.” Or “le Brexit, c’est ce qu’il se passe après le divorce, tranche Anand Menon. On pourra considérer que le Brexit est ‘fini’ quand le Royaume-Uni présentera une économie qui, pour son peuple, fonctionne bien en dehors de l’Union européenne, en dehors du marché commun et de l’union douanière. Ce n’est qu’une fois que tout cela sera réglé qu’on pourra juger le Brexit.”
Des réflexions curieusement conclues par la journaleuse: « Rendez-vous en décembre 2068 ? »
On a le droit d’être d’un optimisme délirant – même en étant journaliste – mais quelle étrange conclusion !
Qui pourrait sérieusement parier aujourd’hui que “L’Europe” existera encore en 2068 et ce que sera alors sa situation???
Toutes les menaces de Bruxelles ont été jusqu’ici sans effet à part sur l’épineuse question de la frontière terrestre  Eire / Ulster interne à l’Irlande, où on a finalement dû décider l’adoption d’un régime local pour des échanges conformes au contexte européen. On peut compter sur Dublin pour développer au-delà du  maximum raisonnable ces dispositions, pour en faire un outil de propagande européïste mais surtout antibritannique…
Il reste pourtant trois questions au sujet desquelles la souveraineté britannique refuse tout compromis, ce dont l’Europe prend encore ombrage.
La concurrence équitable. Depuis le début des négociations, Bruxelles se dit prête à signer un accord “zéro tarifs, zéros quotas” avec Londres pour l’accès au marché unique européen. A la seule condition que le Royaume-Uni respecte les normes et les règles de l’UE, notamment en matière d’aides d’Etat, pour garantir une concurrence équitable. Les Européens craignent que le gouvernement britannique ne profite du Brexit pour subventionner ses entreprises de certains secteurs stratégiques et réviser à la baisse les normes sociales et environnementales.
En somme, ils craignent de voir se créer une dynamique économique nationale, incontrôlable depuis Bruxelles où l’on évoque déjà la menace d’un “Singapour sur Tamise” aux portes de l’Europe.
La gouvernance. Il s’agit ici de se mettre d’accord sur le mécanisme permettant de régler les éventuels différends dans le cadre du futur accord post-Brexit, notamment si l’une des deux parties ne respecte pas ses engagements en matière de concurrence. Ursula von der Leyen, estime que cette question est “cruciale”. Initialement, l’Union européenne exigeait que sa Cour de justice (CJUE), basée au Luxembourg, reste compétente dans le cadre de ce mécanisme dès qu’il s’agira d’interpréter le droit européen, ce à quoi Londres s’oppose au nom de sa souveraineté. Mais là-encore, des progrès semblent avoir été réalisés, même si rien n’est encore finalisé.
Selon plusieurs sources européennes, Bruxelles étudie enfin la possibilité de ne pas mentionner la CJUE dans le futur texte et d’éviter aussi toute référence au “droit communautaire”, car Londres ne cédera pas.
La pêche. Là, les discussions bloquent totalement car avec le Brexit, le Royaume-Uni entend enfin arrêter le pillage incroyable auquel sont soumises ses eaux territoriales, dont profitent essentiellement actuellement tous les pêcheurs européens. Les Britanniques entendent ainsi contrôler la taille et le nombre des poissons que chaque Etat européen pourra pêcher dans leurs eaux et avoir la latitude de renégocier ces quotas chaque année.  Ce que refusent les profiteurs européens, notamment ceux dont les pêcheurs dépendent le plus des eaux britanniques (France, Belgique, Pays-Bas, Irlande, Danemark, voire l’Espagne) qui “exigent” un libre accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques. La marine britannique s’est dès à présent largement déployée pour protéger ses eaux territoriales et interdire la présence des navires étrangers dès le 1 janvier… Il y a de l’abordage en perspective ! L’activité des pêcheurs européens dans les eaux britanniques représente un marché annuel de 700 millions d’euros environ. Ce qui est presque dérisoire au regard des sommes en jeu dans le cadre de ces négociations sur l’accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni, mais la pêche est devenue un sujet à haute portée symbolique. Les pêcheurs français tirent au moins 40% de leurs poissons des eaux britanniques et jusqu’à 60% localement. Dans le même temps, les Britanniques exportent 75% de leurs prises vers le marché européen.  Ce constat est aussitôt considéré comme un argument de poids par les négociateurs européens pour espérer faire céder leurs homologues britanniques.
Mais la demande européenne restant inchangée et les pêcheurs européens perdant la moitié de leurs prises, il va donc bien falloir que l’Europe cède : les consommateurs européens de poisson ne se satisferont certainement pas du prétexte des perturbations du marché dues aux combines politicardes bruxelloises !
Il est donc clair que le bras de fer engagé par Ursula von der Leyden, présidente de la Commission Européenne,  avec Boris Johnson, met en évidence des divergences sur des points cruciaux qu’il faut régler sous peine de rendre le “no deal” inévitable, ce qui semble surtout angoisser Bruxelles.
Churchill (encore lui) avait pourtant très clairement prévenu De Gaulle la veille du débarquement: « Sachez-le, général ! Chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. »
A dix jours du “no deal” qui se profile, madame von der Leyen, pour sauver les intérêts de l’Europe, va devoir composer avec un constat historique, spécifique à ce pays et très bien connu:
Si généralement les diplomates essayent d’arrondir les angles, il a toujours été beaucoup plus difficile, ce depuis déjà quinze siècles, d’arrondir les Angles !

Un pays d’immigrants édifié à l’ombre de 4 murs

La Bretagne romaine s’est constituée à l’époque impériale. Avant la conquête par César, la Bretagne est habitée par des peuples celtes (et belges dans le sud-est de l’île). Des relations de longue date y existent avec les civilisations méditerranéennes pour le commerce d’esclaves et de métaux (or d’Irlande et étain de Cornouailles). Après la première conquête de César, (55 av JC) les empereurs romains ne s’intéresseront guère à la mise en valeur de la Bretagne. Au premier siècle de l’ère chrétienne, des marchands romains s’y installeront. On peut imaginer qu’il existait alors une sorte de “protectorat” romain avec l’accord tacites des peuples brittoniques, et de nombreux rois bretons seront d’ailleurs reçus à Rome par Auguste et ses successeurs. Lors du soulèvement des Brigantes – tribus de la région centrale, à l’ouest de York –  le ralliement des tribus calédoniennes constitua une menace de par les incursions menées depuis la Scotia en terre bretonne…
D’où un premier mur….

Les deux « remparts » de la Scotia

Le mur d’Hadrien. C’est une fortification maçonnée construite entre 122 apr. J.-C. et 127 apr. J.-C. L’empereur Hadrien fit édifier ce mur de défense qui coure sur 120 km, sur toute la largeur du nord de l’actuelle Angleterre  de la mer d’Irlande à l’embouchure du fleuve Tyne, sur la mer du Nord – ce qui correspond à peu à la ligne Carlisle / Newcastle upon Tyne – afin de protéger la frontière nord de la province romaine de Bretagne des attaques des Celtes et des Calédoniens.
Le mur d’Antonin. Vingt ans plus tard, en 140, fut édifié par le préfet Quintus Lollius Urbicus nouvellement nommé, à la demande de l’empereur Antonin le pieu, fils adoptif d’Hadrien, le mur qui porte son nom. Il s’agissait de sécuriser des terres conquises au nord du mur d’Hadrien entre le Firth of Forth et la Clyde  et qui « doublait » ainsi au Nord cette fortification. Le mur d’Antonin fut submergé par les invasions pictes à la fin du IIeme siècle et abandonné, même si ses limites furent des repaires historiques durant des siècles. Le mur d’Hadrien connut plus tard les mêmes déboires avec l’invasion danoise. Cette zone « entre les murs » restera convoitée par les rois successifs du sud et sera très tôt christianisée. Dès que fut créé le diocèse de Bretagne, elle fut érigée en une province particulière : la Valentia.
Elle fut créée (ou recréée) par Théodose l’Ancien lors de la réorganisation de la Bretagne mise en place après qu’eurent été repoussées les incursions de Pictes, des Scots et Saxons entre 368 et 370. Nous sommes à l’aube du Veme siècle qui va voir une importante immigration de peuples depuis Jutland et le Schleischvig durant plus de cent ans  d’autant qu’entre 449 et 455, le roi breton Vortigern fit appel aux Angles pour se battre à ses côtés contre les Pictes.
On peut noter essentiellement :
– les Jutes, qui s’installeront dans l’actuel Kent ;
– les Angles, les plus nombreux, qui occuperont la majeure partie des territoires du centre à la côte est ;
– les saxons qui s’établiront dans les terres au sud et à l’ouest;
– des Frisons, venus sur la côte de la Manche, complèteront cette première immigration de peuples germaniques.
L’histoire qui va s’écrire ensuite sera durant deux siècles celle de la rivalité en les Angles et les Saxons Au tout début du VIIeme siècle, alors que ces peuples germaniques étaient encore païens, il existait une douzaine de royaumes dits “anglo-saxons” dans l’île. Parmi ceux-ci, quatre se détachèrent par leur importance territoriale et la taille de leur population :
– le royaume de Northumbrie, dont le peuple est désigné comme peuple des Angles par Bède le vénérable.
Il se situe au nord de la rivière Humber qui constitue une formidable frontière naturelle par sa largeur et enjambe le mur d’Hadrien ;
– le royaume d’East Anglia peuplé d’Angles ;
– le royaume de Mercie, au centre et à l’ouest où Angles et Saxons cohabitaient ;
– le royaume saxon de Wessex (“Saxons de l’ouest”) au sud-ouest.
Au milieu de ces relations tumultueuses se profilent les premiers raids dits “danois” ou vikings, d’une part par la côte est sur les royaumes des Angles de l’est et des Northumbriens, d’autre part depuis l’Irlande – qui est devenue une base viking occidentale avancée – à travers les terres de Galles contre la Mercie qui fait alors  construire des fortifications pour se protéger de ces incursions galloises.
On va ainsi voir se constituer des ouvrages d’art reliant les fleuves, la Dee au nord et la Wye au sud, matérialisant à l’est de la Mercie une “frontière des Galles” sur environ 240 km.

Les deux « digues » des  Galles

Ces ouvrages d’art sont beaucoup moins bien connus que les murs romains d’Ecosse car ils sont beaucoup moins spectaculaires : ne sont pas des ouvrages maçonnés.
Ce sont de simples levés de terre, précédées d’un fossé dont la terre excavée constitue le remblai, initialement planté de chevaux de frise en bois. Les fossés ont été souvent comblés au fil des siècles, on ne retrouve plus aujourd’hui que des traces de remblais.
La digue d’Offa (en rouge sur la carte). Elle part de l’estuaire de la rivière Dee au nord, jusqu’à la rivière Wye au sud, soit approximativement 240 kilomètres. La digue d’Offa n’est pas continue, car elle ne fut érigée que là où des frontières naturelles n’existaient pas, ce qui ramène sa véritable longueur à environ 130 kilomètres. Selon les endroits elle peut atteindre 20 mètres de large (en incluant le fossé qui borde le mur) et 2,5 mètres de haut. On évalue son élévation à un brassage de 4 millions de mètres cubes ! Un ouvrage colossal. Sa construction est attribuée au puissant roi Offa, qui régna sur la Mercie de 757 à 796 selon les chroniques angliennes. [Ne pas confondre avec Offa, dernier roi d’Essex, mentionné en 709, dans l’Histoire ecclésiastique de Bède.]
La digue de Wat (en bleu sur la carte). La digue de Wat (Wat’s Dyke) est longue de 62 km. Elle démarre à Basingwerk, sur l’estuaire de la Dee, et s’étend jusqu’à un point situé au sud d’Oswestry, près d’un affluent de la Vyrnwy. Après avoir rejoint la Dee, son tracé suit de près celui de la digue d’Offa dans sa partie nord, et se trouve à quelques kilomètres seulement à l’est pour aller rejoindre le cours de la Severn. Elle est finalement arrêtée avant. La digue de Wat n’a jamais été datée archéologiquement avec certitude. C’est encore une énigme historique : elle pourrait avoir servi de modèle à celle d’Offa, ou s’en être inspirée.
Les fouilles en 2006 ont suggéré une date beaucoup plus tardive de 792 à 852. Les indices d’antériorité sont considérés comme liés au site d’un terrassement post romain englobé dans la digue réelle. Le contexte le plus probable de sa construction se situe au début des  années 820, lorsque le roi de Mercie  Coenwulf (décédé en 821) puis son frère Coelwulf I (roi décédé en 823) combattaient la menace galloise, résurgente après la  conquête des terres du nord, situées sans protection, à l’ouest du méandre de la Dee. [En de nombreux endroits, l’ouvrage a été totalement comblé et labouré] C’est entre ces murs que l’Histoire de la rivalité des Saxons et des Angles va se jouer durant cinq siècles

L’Angleterre = Terre des Angles

Venus du Danemark, les Vikings lancent des raids sur la côte orientale (royaumes de peuplement angle), les îles, et redescendent jusqu’à l‘Irlande.
Ces raids visent essentiellement les monastères : de  grosses structures isolées, non défendues et regorgeant de richesses.
La première offensive connue des Danois (Vikings)  en Grande-Bretagne est le pillage du monastère de Lindisfarne, daté de 793 par la Chronique anglo-saxonne. Il est cependant probable que d’autres attaques prennent place avant cette date à partir des Orcades et des Shetland, où les Vikings étaient déjà bien établis.
Columba, le monastère de l’île d’Iona phare de l’évangélisation des îles britonnes, est pillé et brûlé par les Vikings en 802 puis en 806 où 68 membres de la communauté sont massacrés. Un nouveau monastère mieux abrité des envahisseurs sera construit à Kells en 807. En 830, l’abbé Diarmait transportera les reliques de saint Colomba en Irlande pour les protéger des Vikings. Les premiers rois d’Ecosse furent enterrés à Iona Le monastère sera reconstruit en 1203 pour les Bénédictins par Reginald, fils de Somerled, et ancêtre du Clan Donald, Maître de Mull et Seigneur des Îles, sur le site de l’ancienne abbaye de Columba.
Cette abbaye construite dans le style augustinien, l’une des seules en Écosse de ce style, survivra jusqu’à la Réforme et la destruction des bâtiments en 1561 sur ordre du Parlement d’Écosse.
Columba avait survécu mille ans aux pillards et aux païens, elle n’a pas survécu aux politiciens protestants.] Le premier raid viking connu sur le sol irlandais eut lieu en 795 : une attaque sur l’île Lambay. Les décennies qui suivent voient se produire d’autres attaques ponctuelles sur toutes les côtes de l’île, jusqu’aux îles Skellig en 823.

L’éphémère unité saxonne de l’Angleterre

A partir de 825 la Mercie décline et l’Anglie (East Anglia) prend son essor, tandis que le Wessex affirme temporairement sa prépondérance dans le monde saxon et conduira à une première ébauche d’unification du pays par Alfred le grand, au détriment des Angles de plus en plus alliés aux Danois qui multiplient raids et invasions et finissent par s’installer durablement sur la côte orientale. La victoire d’Alfred le Grand, roi du Wessex, à Ethandun (878), portera un coup d’arrêt à l’expansion danoise, L’ensemble anglo-danois constitue le “Danelaw” en expansion tout au long du X eme siècle.
Alfred de Wessex meurt en 899, et son fils Édouard l’Ancien lui succède. Avec sa sœur Æthelflæd et son beau-frère Æthelred de Mercie, il combat les Danois et entreprend un programme d’expansion, s’emparant de territoires danois et en les fortifiant. Le fils d’Édouard, Æthelstan, est le premier à régner directement sur la totalité de l’Angleterre après la conquête de la Northumbrie (927).
C’est aussi le seul moment où Angles et Saxons feront temporairement objectivement alliance et qui verra la suprématie actée des Saxons sur les Angles
La fin du Xeme siècle voit la reprise des attaques des Vikings victorieux à Maldon en 991. Le roi Æthelred le Malavisé est chassé d’Angleterre par Sven à la Barbe fourchue en 1013, mais ce dernier meurt peu de temps après, ce qui permet à Æthelred de reprendre le pouvoir. Son fils aîné Edmond Côte-de-Fer doit faire face à Knut le Grand, le fils de Sven. Edmond est vaincu à Assandun en octobre 1016 et mourra deux mois plus tard.

Ces rois venus du nord

Knut devient ainsi le premier roi  danois de toute l’Angleterre. Il sait pouvoir compter sur les Angles face aux Saxons. Son empire s’étend alors sur le Danemark, la Norvège, une partie de la Suède et sur l’Angleterre.
Durant la première moitié du XIeme siècle les enfants de Knut, Harold Pied-de-Lièvre et Hardeknut, puis le fils d’Æthelred le malavisé et d’Emma de Normandie : Édouard le Confesseur, très proche des Normands
Le 5 janvier 1066, Édouard le Confesseur meurt sans descendance, et sa succession est disputée entre le comte Harold Godwinson, affirmant avoir été choisi comme successeur par le Confesseur sur son lit de mort, le duc de Normandie Guillaume dit le bâtard et le roi de Norvège Harald. Ces deux derniers envahissent aussitôt l’Angleterre. Le 25 septembre 1066, Harald est vaincu à la bataille de Stamford Bridge par Harold. Cette date est souvent considérée comme marquant la fin de l’ère Viking.
Les projets de conquête de l’Angleterre par les Scandinaves s’évanouirent là. La dernière expédition viking en Europe eut lieu en 1102, quand Magnus III, petit-fils du roi Harald, attaqua l’île de Man et l’Irlande.
Harold est à son tour vaincu par Guillaume à Hastings le 14 octobre. .
Ses deux rivaux ayant trouvé la mort, dans les batailles, le danois de souche, descendant de Rollon, Guillaume de Normandie est couronné roi d’Angleterre le jour de Noël 1066 à Westminster.
Son autorité n’est fut unanimement acceptée, et les Saxons se soulevèrent dès 1068 et 1069.
Une lignée “normande” issue du danois Rollon fait duc de Normandie va alors gouverner l’Angleterre en ligne directe  jusqu’à Mathilde l’emperesse. fille d’Henri I qui épouse, le 17 juin 1128, Geoffroy V d’Anjou dit Plantagenet.
Une lignée qui va se perpétrer jusqu’à Richard III – bien  après la guerre des deux roses – mort en 1485,  ouvrant alors la voie aux Tudor (Henri VII) !
C’est dire qu’après la gouvernance du Danelaw les Danois / Normands et leurs alliés Angles, ont gouverné l’Angleterre face aux Saxons durant cinq siècles !
Et aujourd’hui on ne peut conclure sans évoquer un clin d’œil de l’Histoire toute récente sur la royauté britannique.
Au décès de la reine Anne, les prétendants Stuart, catholiques étant écartés du trône au profit de princes protestants, la couronne échut au prince électeur de Hanovre couronné Georges I de Grande Bretagne en 1714.
Depuis cette époque, la monarchie britannique est restée de souche allemande, même si avec un certain “lyrisme patriotique”  elle prit le nom de Windsor en 1917.
La reine Victoria, la dernière de la maison de Hanovre épouse en février 1840 Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, fils du duc Ernest Ier. En 1901, lorsqu’Édouard VII, fils de la reine Victoria, monte sur le trône, il porte le nom de son père et la maison royale prend dès lors le nom de Saxe-Cobourg-Gotha.
En 1917, le roi George V changea le nom de sa dynastie de Saxe-Cobourg-Gotha en Windsor.Dans le même temps, les cousins Battenberg (Hesse) virent leur nom traduit en  Mountbatten…
Ce qui amena ce féroce trait d’esprit de Guillaume II un soir alors qu’il s rendait au théâtre voir la célèbre pièce de Shakespeare : « Allons voir ce que racontent les joyeuses commères de Saxe – Cobourg – Gotha !»
Or, 20 novembre 1947, la future reine Elisabeth II épouse le prince Philippe de Danemark et de Grèce de son v rai nom : Philippe de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksburg. C’est une famille de la noblesse allemande issue du comté d’Oldenbourg, au nord de la Basse-Saxe. Après s’être implantée au Schleswig-Holstein, elle est devenue maison régnante au Danemark, puis dans plusieurs pays d’Europe…
La maison royale britannique  revient, donc, au bout de plus de mille ans, à ses origines de peuplement : Danemark et Schleswig- Holstein… Le pays des Angles et des danois… Ses racines
Alors madame Ursula von der Leyen, toujours sûre de pouvoir arrondir les Angles ?

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