Cancel Culture : Chaucer, Chrétien de Troyes et Beethoven sont des fachos

dans Tour d'horizon

La cancel culture a encore frappé. L’Université de Leicester en Angleterre vient d’annoncer qu’elle excluait Chaucer, l’auteur des Contes de Canterbury de ses programmes. Pendant ce temps en France, la littérature médiévale est jetée hors de l’épreuve du Capes de Lettres modernes et aux Etats-Unis, la N°5 de Beethoven n’est plus qu’un truc pour “hommes blancs et riches“.


Rédaction NSP
KLARA VON KUSTNITZ

Nos amis de la diversité indigénistes et autres persécutés intersectionnels congénitaux ne sont jamais en reste quand il s’agit d’avoir des idées stupides. L’université de Leicester, en Grande-Bretagne, vient de se vautrer au pied de la sacrosainte diversité en excluant l’un des plus grands auteurs anglais, l’immortel Geoffrey Chaucer et ses délicieux Canterbury Tales. Les contes de Canterbury ont une importance considérable puisqu’ils sont le premier texte écrit en langue vernaculaire, en anglais donc. Les grands universitaires jetteront aussi aux oubliettes tout ce qui fait référence à la culture nordique ou viking. Exeunt Beowulf, Sire Gauvain et John Milton. Et Shakespeare n’est qu’à une marche de la poubelle. Tout ça pour quoi? Parce que l’université serait en faillite et que pour remplir ses caisses, il serait souhaitable qu’elle proposât des programmes “décolonisés” avec des “modules innovants” sur “la race, l’ethnicité, la sexualité et la diversité” afin d’attirer le chaland et de rester compétitive. Un sacrifice donc de toute une culture au service du Veau d’or. Nous souhaitons bien du plaisir aux concepteurs des nouveaux programmes pour trouver suffisamment de textes de haute tenue écrits par des racisés transgenres non-binaires…

En France aussi !

La France n’est pas en reste au registre de la Cancel culture puisque le nouveau programme du CAPES de Lettres Modernes 2022, concours qui vise à former les enseignants de collège et de lycée en langue et littérature française, prévoit la disparition de l’oral disciplinaire et l’envoi aux oubliettes de la littérature médiévale. Un professeur de français digne de ce nom devait présenter à l’oral du concours une “explication de texte” prouvant ses capacités disciplinaires. Terminé! Place à une épreuve “conception et animation de séance” et une épreuve ” d’entretien sur la motivation du candidat et sa connaissance de l’environnement et des enjeux du service public de l’éducation, sa capacité à incarner et verbaliser les valeurs de la République et à se positionner en fonctionnaire. L’oral d’entretien doit permettre au candidat de faire valoir son parcours, mais aussi de valoriser ses travaux de recherche. » Le ministère de la Désudécation Nationale va donc former des “(animateurs en bonnet phrygien)” capables d’ânonner “les valeurs de la république”. Nous voilà revenu au bon temps de 1793 où la république engageait des instituteurs analphabètes mais bons citoyens. Quand à l’épreuve écrite disciplinaire appliquée, elle portera désormais sur les textes de la Renaissance à nos jours et non plus sur les textes du Moyen âge à nos jours.  Aux oubliettes La Chanson de Roland, Le Roman de Renart, Chrétien de Troyes et autres Béroul (Tristan et Iseult) et exit l’imparfait du subjonctif! Il ne faudrait pas discriminer les chères têtes frisées avec le vieux langage et des histoires de Renart et de Graal sans aucun intérêt. Faut-il voir un rapport entre cette “annulation” et le niveau déplorable des impétrants au concours, impétrants qui maîtrisent à peine l’orthographe et qui, pour certains, croient que Corneille est un chanteur racisé.

La musique bien entendu concernée …

Après la littérature, la musique. Aux Etats-Unis, le “musicologue” Nate Sloane et le “journaliste” Charlie Harding estiment que la Symphonie n°5 de Beethoven a été érigée par “les hommes blancs et riches” en “symbole de leur supériorité et de leur importance” et que tant qu’à faire “  pour certains, dans d’autres groupes – femmes, personnes LGBTQ +, personnes de couleur – la symphonie de Beethoven peut être principalement un rappel de l’exclusion et de l’élitisme dont est porteuse l’histoire de la musique classique. » Une oeuvre trop “complexe” pour ces gens et qui exige du public de “ne pas tousser“, “ne pas applaudir“, “s’habiller de façon appropriée“. Beethoven est donc un affreux bourgeois incapable de s’adapter aux classes populaires.

Pour ces gens, point d’élévation, point de transcendance et point d’exigence artistique. Qu’ils se rassurent, nous, blancs, occidentaux, bourgeois ou pas, nous ne souhaitons pas leur imposer notre délicate poésie et encore moins notre enthousiasmante musique. Nous leur laissons, dans un souci de respect de leur culture, les onomatopées primitives, les vociférations des rappeurs, les tam-tams et les djembés dissonants. A nous les Sagas scandinaves, les suaves Lais de Marie de France, Wagner et Pergolèse! A nous le génie européen! Laissons le néant au néant.