Cellectis : du pognon pour plus de vie

dans Tour d'horizon

L’entreprise Cellectis vend du rêve : thérapie génique contre le cancer, à prix d’or ! Et pourquoi pas la vie éternelle tant qu’on y est ?


Rédaction NSP
Klara Von Kustnitz

Le cancer, ça paye, surtout quand les malades sont friqués et avides de promesses de guérison. Cellectis est une entreprise prospère de biopharmaceutique spécialisée dans le traitement par immunothérapies des leucémies aiguës ou foudroyantes.
D’après sa direction : « Cellectis est bien positionnée sur tous les fronts et toute l’équipe demeure fidèle à sa mission de développer des produits candidats innovants au bénéfice des patients atteints de cancer. »
On remarquera l’arrivé de Pfizer, le roi du vaccin, au capital de Cellectis en 2014, ce qui fera bondir le titre Cellectis de plus de 50%. Les tripatouilleurs d’ADN s’entendent fort bien en bourse.

Des philanthropes

Pour Jean-Hervé de Lorenzi, conseiller du directoire de la Fondation Edmond de Rothschild dont le nouveau fond d’investissement de l’Institut Pasteur BioDiscovery2, Cellectis en étant un « biotech » : « En matière de biotechnologie, l’Europe doit rattraper son retard sur les USA. Et, au sein de l’Europe, la France doit immédiatement développer une position forte dans ce domaine. Les enjeux économiques sont énormes… »
C’est pourquoi de nombreux philanthropes se sont précipités pour soutenir le développement d’entreprises de biotechnologie autour de projets innovants et surtout lucratifs.
L’Institut Pasteur, l’Institut Curie
, le numéro 1 mondial des biotechnologies Amgen, des institutions de retraite et de prévoyance de premier plan, des sociétés d’assurances, des mutuelles santé ainsi que la Caisse des Dépôts et Consignations se sont alliés à la Compagnie financière Edmond de Rothshild.
Tout ce beau monde travaille à guérir le cancer… en faisant un maximum de bénéfices. On joint, en quelque sorte, l’utile à l’agréable. Remarquons que ce fonds d’investissement est surtout destiné à devenir le plus gros fonds français de capital risque spécialisé, dédié aux sciences de la vie. Bref, une grosse machine rentable !
« Le succès de BioDiscovery II constitue une étape essentielle à la réalisation du projet d’entreprise de Edmond de Rothschild Investment Partners qui, au delà d’être un acteur important du secteur, ambitionne d’être une référence en matière d’investissement non côté minoritaire ”,conclut M. Pierre Michel PASSY, Président de Edmond de Rothschild Investment Partners. »
Voilà qui a le mérite d’être clair. Nous eussions aimé entendre ces braves gens nous parler de santé et d’humanité plutôt que d’espèces sonnantes et trébuchantes …

Au frigo pour 85 000 dollars

Et Cellectis n’est pas en reste, côté business avec son offre Scéil qui propose à ses clients les plus nantis de stocker ses propres gènes avec un simple prélèvement de peau.
L’objectif serait d’être son propre donneur en cas de souci médical voire de pouvoir créer des organes de rechange à l’aide des cellules en question. Un jour, peut-être, si on y arrive, on verra, un jour, on y croit …
Les philanthropes de Cellectis proposent de stocker vos cellules pour 10 ans pour la modique somme de 65 000 dollars et à vie pour 85 000 dollars, sans compter le forfait de maintenance du frigo à 500 dollars par an.
André Choulika
, président de la société en 2013, a déclaré devant la presse américaine : « C’est une fierté pour nous d’être les premiers au monde à mettre à la disposition du grand public l’avancée scientifique majeure que représente la technologie iPS. Scéil représente une réelle opportunité économique qui s’inscrit dans l’immense champ des progrès à venir en matière de médecine régénératrice. »
A 85 000 dollars la tête de pipe, M. Choulika a une curieuse notion du grand public et les gueux cancéreux apprécieront. En 2019, le même André Choulika a été élu au conseil d’administration de l’Institut Pasteur tandis qu’un des investisseurs de Cellectis, le Dr Laurent Alexandre,  « business Angel » 1 dans les Biotechs et accessoirement créateur de Doctissimo – une des plus belles machines à renseignements de Big Pharma – avait déclaré devant les étudiants enthousiastes de Polytechnique, que grâce aux biotechnologies et donc au transhumanisme, il y aurait bientôt « des dieux et des inutiles ». Et tout ce beau monde de travailler sur le génome des humains ou des plantes, c’est selon le cours de la bourse.
Des philanthropes, on vous dit …


  1. Laurent Alexandre: Pour en savoir plus, lire l’excellent n°491 de Faits et Documents.