Clémence Royer ou “le privilège de la chatte”

dans Réflexions & Histoire
Les pouffes déchaînées et les cucks enchaînés sont le malheur de tous les blancs. Connaissez-vous Clémence Royer ? Selon toute probabilité, non. À moins que vous ne vous intéressiez spécialement à l’histoire des sciences humaines ou de la franc-maquerie, ce nom vous est sans doute inconnu. Pour ma part, j’ai découvert Clémence Royer en lisant l’anthropologue George Vacher de Lapouge (Belle Époque). Il en parlait car Royer avait traduit L’origine des espèces de Darwin, livre fondateur s’il en est.


Rédaction NSP
André du Pole

La figure de Clémence Royer et son traitement par les “vainqueurs de l’histoire” est un véritable symbole de ce qui ne va pas en Occident. De même pour le traitement de Georges Vacher de Lapouge qui, lui, avait des choses à dire. Née en 1830, Clémence Royer était une fille de bourgeois catholique qui a préféré l’intrigue, les mondanités dans “l’autre camp” (républicains, francs-macs…) et les coucheries à une vie normale. Elle a été l’une des fondatrices de l’obédience maçonnique mixte “Droit humain”, ce qui l’a sans doute aidé à décrocher la Légion d’Honneur en 1900. Le parcours de Royer ressemble d’ailleurs beaucoup à celui de Caroline Fourest. Fille de bonne famille passablement dérangée, école privée catholique, laïcardisme militant et médaille de la république.
Femme de réseaux, Royer était aux premières loges (sans jeu de mot) lorsque Charles Darwin, qui était FM aussi, a publié L’origine des espèces. Royer a vite compris l’importance de l’ouvrage et a réussi, par le biais de ses relations académiques et éditoriales et d’on ne sait quelles intrigues personnelles à s’imposer comme traductrice du livre. Plus calée en bavasseries qu’en sciences, elle a eu l’aide du naturaliste qualifié René-Édouard Claparède pour les parties techniques et biologiques du livre. Et là,  Clémence Royer apparaît comme une synthèse de ce qu’un traducteur ne devrait pas faire. C’est un contre-modèle absolu en matière de traduction.
Elle a traduit le concept de “sélection naturelle” par “élection naturelle“, en lui donnant une résonance théologique qu’il n’avait pas du tout. Elle a modifié le titre original du livre en enlevant la référence aux races et à la lutte. Titre original : “L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie” Titre traduit ou plutôt falsifié par Clémence Royer : “De l’origine des espèces ou des lois du progrès chez les êtres organisés” Ce faisant, elle rabotait les idées spécifiques à Darwin et faisait ressembler son oeuvre à celle de Lamarck. Autrement dit, Royer n’avait même pas compris ce que les thèses de Darwin avaient de vraiment spécial et mettait une bouillie imprécise à la place du titre original.
La traduction Royer était accompagnée d’une énorme préface (64 pages) où l’ouvrage sert de prétexte pour attaquer frontalement le christianisme en mode “c’est nous la science et le progrès, à bas l’obscurantisme, regardez ma chatte”. Elle y promeut un eugénisme radical en dénonçant la “protection exclusive et inintelligente accordée aux faibles, aux infirmes, aux incurables, aux méchants eux-mêmes, à tous les disgraciés de la nature” due au christianisme. Le livre est également lardé de notes de bas de page plus dispensables les unes que les autres.
En effet, Darwin était conscient que beaucoup d’inconnues subsistaient, que sa théorie était pionnière et donc imparfaite, et il évoquait souvent ses propres doutes. À vrai dire, Darwin était un authentique scientifique, pas un idéologue ou un polémiste, il avait publié des oeuvres de terrain et de détail et n’était pas du genre à affirmer n’importe quoi en mode chutzpah.
Or, Clémence Royer refusait elle-même les doutes de Darwin et les contredisait en notes de bas de page. Autrement dit, en plus d’avoir falsifié le titre, écrit une préface ultra-polémique qui n’avait rien à voir avec les intentions de Darwin et introduit de graves erreurs dans le texte (“élection naturelle“, lol), elle ne pouvait pas s’empêcher de polémiquer avec Darwin lui-même dans son propre livre.
Quand Darwin a vu le charcutage que Clémence Royer avait infligé à son maître livre, il s’en est franchement attristé. Ses courriers regrettent l’un après l’autre qu’elle “ne connaisse pas mieux l’histoire naturelle“, qu’elle soit “singulière” (c’est-à-dire égomane et mal élevée), “vaniteux personnage“… Royer annonçait d’ailleurs dans sa préface qu’elle publierait elle-même un livre sur l’évolutionnisme. Darwin se demandait quel “curieux ouvrage” ce serait. Nous avons la réponse : Royer n’a rien publié du tout.
Forte en gueule, une grosse autopromotion avant d’ouvrir le livre de Darwin, et puis finalement rien. “L’introduction a été pour moi une surprise totale, et je suis certain qu’elle a nui à mon livre en France”, dixit le grand naturaliste. Pour la deuxième édition française de L’origine des espèces, l’éditeur a ordonné à Royer de coller davantage aux instructions de l’auteur. Plusieurs erreurs ont été corrigées. La préface a été rendue moins polémique et moins eugéniste. Non que Darwin soit politiquement correct, mais lui savait qu’il était trop tôt pour aller jusque-là. Royer a respecté les instructions de Darwin et de l’éditeur. La deuxième édition est plus proche de l’original en anglais. Néanmoins, incapable de mettre son ego de côté, Royer a alourdi la préface d’un long passage geignard, où elle se plaint des attaques de la presse catholique.
Assez lolesque dans la mesure où c’est elle qui avait ouvert les hostilités. Plus tard, Royer fera une troisième édition française sans en avertir Darwin. Elle y rajoutera encore une préface, cette fois pour critiquer l’une des dernières théories du naturaliste… Plus que las, Darwin demandera une nouvelle traduction. Hélas, la mort le fauchera avant que le projet soit entamé. Royer en profitera pour publier une nouvelle édition, en y remettant la première préface dont Darwin s’était tant désolé.
C’est une véritable synthèse. Clémence Royer n’avait pas inventé le positivisme et le scientisme dont elle se revendiquait à grand cris. Elle n’a rien découvert de spécial. Son “oeuvre” est absolument dépourvue d’originalité. La science y est un prétexte pour le drama, la polémique, la victimisation (ouin ouin, les catholiques m’attaquent, et ça n’a rien à voir avec le fait que j’ai pondu un texte d’insultes contre eux hein pas du tout) et l’autopromotion. Malgré cette faiblesse intellectuelle et son absence de contribution sur le fond, Royer a pu donner des cours en université. Le syndrome du prof dans toute sa splendeur : quand quelqu’un qui n’a rien accompli et rien réussi hérite d’un prestige scolaire qu’il ne mérite pas et peut pérorer devant un public crédule des heures et des heures … Mais c’est aussi plus que ça.
Si Clémence Royer était un homme, on l’aurait simplement considérée comme un mauvais traducteur et rapidement oubliée. Or, elle a le privilège de la “chatte”. Une femme n’est pas “discriminée” négativement, mais au contraire positivement, parce que femme. Elle a eu droit à une complaisance dont un homme ne pourrait même pas rêver. Malgré ses mauvaises traductions et son ingratitude à l’égard de Darwin sans qui elle ne serait rien, Clémence Royer a pu continuer sa vie de fonctionnaire de la pensée, de réseauteuse intrigante et de polémiste arrogante. Légion d’honneur, publications autobiographiques complaisantes et mort de bonne bourgeoise résument le reste de son existence. Une rue parisienne porte son nom. Aujourd’hui, si Clémence Royer est peu connue (et si L’origine des espèces a été retraduite, par un vrai traducteur cette fois, conformément aux voeux de Darwin), elle reste l’une des figures du panthéon féministe français. Regardez la bibliographie de son article Wikipédia. Un siècle après, la complaisance règne. Ce ne sont que des articles laudateurs, valorisants, “les fâmes” trop savantes et trop trop géniales. Impasse sur l’eugénisme, les polémiques, les positions peu charitables de ce monologue du vagin avant la lettre. Aucune référence aux heures les plus sombres. Soit dit en passant, que les catholiques du XIXe siècle aient été anti-eugénisme et anti-colonisation ne leur donne aucun bonus. La gauche n’assume pas du tout son progressisme gênant d’antan. La droite n’est pas récompensée pour son politiquement correct avant la lettre. Être politiquement correct ne sert à rien et ne vous achète au mieux qu’un répit temporaire. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire, et les vainqueurs de la république puis de 1945 ont la fâcheuse habitude de cracher sur les vaincus. Ils ont donc le droit d’être eugénistes, colonialistes, tout ce que vous voulez, ils s’auto-donneront toujours des excuses tandis que vous, droitards, vous serez amalgamé à l’esclavage et aux 6 millions même si vos positions à l’époque ont été reprises par la gauche. Si l’historiographie officielle reste ultra-complaisante à l’endroit de Clémence Royer, elle l’est beaucoup moins vis-à-vis des vrais scientifiques de l’époque. Francis Galton, qui a inventé la notion d’eugénisme et posé les bases de l’anthropologie quantitative, n’est quasiment pas connu en France. Au mieux on le traite comme anachronique et négligeable, au pire il est assimilé aux zeurléplusombres. Pourtant Galton avait une vraie oeuvre scientifique, était entré à Cambridge par le mérite et non par le canapé, avait risqué sa vie en Afrique… et reste lu par les vrais anthropologues dans le monde anglophone. Vacher de Lapouge, par qui j’ai découvert Royer, a fait un travail statistique pionnier en France.
Expert de l’anthropométrie, il a laissé des oeuvres érudites sur la sélection sociale, sur l’importance des sous-groupes raciaux, sur l’indice céphalique et les migrations préhistoriques. Vacher de Lapouge envisageait “l’éventuel remplacement des races nordiques par les juifs, alors en pleine ascension” (il est bien entendu que pour NSP, ces propos n’engagent que leur seul auteur). Évidemment, Vacher de Lapouge est banni de l’anthropologie officielle et comme il n’hésitait pas à parler du réel en se focalisant sur le point d’orgue de la (future) pilule rouge, à savoir l’identité aryenne, on l’a jeté dans la fosse mémorielle.
Au lieu des portraits embellis, des articles complaisants, des rues nommées en son honneur et ainsi de suite, Vacher de Lapouge a eu droit à des lectures discrètes hors du système académique et à une historiographie anti-aryenne biaisée. Toute ressemblance entre Clémence Royer, dont vous noterez le monosourcil un brin narbonnoïde, et des vagins bruyants plus contemporains est évidemment le fruit du hasard.
Et c’est aussi un hasard si un pseudo-eugénisme dévoyé a sa place dans le système, couvert par le privilège de la “chatte”, pendant que les vrais scientifiques et redécouvreurs de l’identité aryenne sont totalement bannis du système. Ne critiquez pas les Blancs! Boomers et traînées avec nous! Vive la franc-maçonnerie! On va sauver l’Occident! Plus sérieusement, quand nous gagnerons, je parie que nos historiens auront plus à dire sur Galton ou Vacher de Lapouge que sur cette nana qui n’est quelque chose que par la grâce de la république et de la franc-maçonnerie.