Des statues qu’on ne déboulonne pas !

dans Zones occupées

Ut olim vitiis sic nunc legibus laboramus” : Tacite, Annales, III, 25, cité par Montaigne, Essais, III, 13, « Nous souffrions jadis de nos vices, maintenant de nos lois ».


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Nous ne pouvons assister au grand déballage de la culpabilisation blanche et de la repentance obligatoire qui s’y rattache sans frémir et nous saluerons, une fois n’est pas coutume, la détermination de notre président qui a très clairement déclaré que la France « ne déboulonnera pas de statues ». C‘est ce qu’il a affirmé au lamentable Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et actuel président de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, qui a demandé de rebaptiser la salle Colbert à l’Assemblée nationale ainsi qu’un bâtiment du ministère des finances à Bercy portant le nom du ministre.
En cause, l’initiative, en 1685, du fameux « Code noir », le premier document du genre, affirmant entre autre que les esclaves ont des droits et que les familles ne doivent pas être séparées en cas de vente. Des propositions particulièrement odieuses, comme chacun peut le constater. Mais l’ire vengeresse ne s’arrête pas là et au-delà de Louis XIV et de Napoléon, on s’attaque maintenant à Lyautey,  à Faidherbe, deux grands esclavagistes d’Afrique de l’Ouest  chacun le sait ( ?)… Plus étonnant, mais infiniment plus éclairant, aux Etats Unis, on s’attaque maintenant à Saint Louis.
Certains se demanderont encore pourquoi ? Quel rapport entre Saint Louis et le Code noir ? A priori aucun  sauf que, et c’est pourtant simple, à partir du moment où l’on veut bien admettre que les meneurs profonds de l’affaire se moquent éperdument de la question de l’esclavage, tout s’éclaire : c’est une affaire qui n’a rien à voir avec les noirs et tout à voir avec les juifs.
Le rapport avec le code noir, c’est l’article I que l’on évoque jamais car il ne vise que les esclavagistes et non pas les esclaves :« Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »
Pour ce qui est de Saint Louis, on avait déjà vu le déchainement de haine jubilatoire manifesté par certains à l’annonce de l’incendie de Notre Dame de Paris : Le rabbin Shlomo Aviner, qui dirige la Yeshiva Ateret Cohanim à Jérusalem, a suggéré que l’incendie de Notre-Dame pouvait être le châtiment de Dieu sanctionnant l’autodafé des Talmud qui avait eu lieu aux abords de la cathédrale en 1242, à la suite de ce que les historiens ont appelé le « Procès du Talmud ». Le christianisme, a-t-il expliqué, « est notre ennemi numéro un à travers l’histoire. On a tenté de nous convertir que ce soit par la parole ou par la force, nous avons été les victimes de l’Inquisition menée contre nous, on a brûlé des Talmud, il y a eu des expulsions, des pogroms. L’antisémitisme occidental est né de la haine des ‘assassins de Dieu’. Tout cela a aussi eu un rôle dans la Shoah ».
Aviner a également ajouté qu’« incendier des églises n’était pas une solution à retenir dans la mesure où, ce faisant, les auteurs du sinistre ouvraient inconsciemment la porte à la reconstruction.” Construire une église sur la terre d’Israël « est une transgression plus importante que de la laisser intacte », a-t-il clamé.
(Un homme de tolérance et de culture, professant l’amour, comme chacun peut le constater.)
Saint Louis, fit saisir et brûler le Talmud, non pas par « antisémitisme » comme la propagande le ressasse à loisir, mais parce que les élucubrations talmudiques traduisent un éloignement de la religion de Moïse, inacceptable aux yeux d’un chrétien. Ce ne sont pas les juifs qui sont visés, en tant qu’israélites, mais la déviance talmudiste et ceux qui l’ont embrassée. On comprend alors mieux la haine inextinguible des rabbins pour les chrétiens.
L’affaire Georges Floyd n’est donc qu’un prétexte utilisé en ce moment pour relancer le racisme dans l’actualité au moment où l’envahisseur sioniste entend « légaliser » l’occupation de la Judée-Samarie où la multiplicité des sanctuaires chrétiens va poser de sérieux problèmes à l’extrémisme des talmudistes qui vont tout faire pour les détruire. C’est évidemment plus facile à justifier si on peut accuser les chrétiens de tous les maux, en particulier les accuser de l’esclavage, ce qui permettrait, si cela passait ainsi de dresser les noirs contre eux et surtout de faire oublier le rôle essentiel de la communauté dans l’affaire. Ce qui n’est pas sûr du tout…
Les noirs – au moins en Afrique – n’ont pas du tout en effet la même perception que nous en Europe de l’esclavage de leurs ancêtres. On se souviendra alors de la maxime de Pascal : « Un méridien décide de la vérité, en peu d’années de possession les lois fondamentales changent.  Le droit a ses époques, l’entrée de Saturne au Lion nous marque l’origine d’un tel crime…/… Vérité audeçà des Pyrénées, erreur audelà. »
Ainsi on ne s’étonnera pas que Félix de Souza ait sa statue à Ouidah (Dahomey / Bénin) et que la date supposée de sa naissance soit l’occasion d’une importante fête locale! Francisco Felix de Souza – d’origine marrane brésilienne – fut connu comme « le roi du trafic d’esclaves ».  C’est un personnage historique controversé, tant en raison de sa puissance et de sa richesse que de ses origines brésiliennes inconnues.  Supposé né en 1754, ou peut-être en 1771, il se serait installé dans l’actuel Bénin en 1788, plus vraisemblablement de façon définitive en 1800, après une série de voyages entre 1792 et 1795. Il commença à faire du négoce dans la région en tant que marchand d’esclaves, comme son père. Arrivé en Afrique dans un état de quasi dénuement, certains récits racontent qu’il commença par organiser le trafic d’esclaves récupérés par son beau-père Comalanga, roitelet de l’île de Glidji (le centre du Vaudou au Togo)  et père de sa première épouse, Djidgiabu. Emigré au Dahomey où il avait obtenu de l’empereur le monopole de la traite, il fut même nommé vice-roi, résidant à Ouidah où une statue à son effigie a été érigée à sa gloire, portant l’inscription suivante : « Grand négociant et bâtisseur ».  Le succès commercial de De Souza est dû en grande partie à la demande africaine en tabac et en rhum brésilien dont il avait le monopole : il sera le plus grand pourvoyeur d’esclaves à destination du nouveau monde au début du XIXème siècle. Ses descendants seront traiteurs au XIXème, et se reconvertiront dans le commerce des produits agricoles, notamment l’huile de palme. Ils sont encore présents au sud du  Bénin aujourd’hui où ils assument sans complexe tant l’activité familiale que l’origine de la  fortune dont ils disposent et qui les amène aux plus hautes fonctions économiques et politiques.
Chantal de Souza qui fut première dame du Bénin, se flatte d’être de ses descendants et participe à la fête de sa naissance à Ouidah : « De nos jours, ceux qui se posent en héritiers de don Francisco Felix de Souza sont pris dans l’invocation nostalgique d’un passé dont la célébration se voudrait une présentification de la puissance révolue et de l’hégémonie contemporaine du clan et, plus en général, de la communauté « afro-brésilienne » qui demeure politiquement et économiquement influente au Bénin. »
Un document à faire lire et méditer par tous les « intellectuels antiracistes », qu’ils soient européens et américains : on abat des statues de supposés esclavagistes aux USA et en Europe, quand en Afrique dans les pays pourvoyeurs et exportateurs d’esclaves on leur érige des monuments !
On n’est pas prêt à Ouidah à déboulonner la statue de Félix de Souza…

                                                                                                                

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