Duchamp dans le texte !

dans Arts & Lettres & Chansons

 

« Une pelle EST une pelle, une roue de vélo EST une roue de vélo…Et puis c’est tout ! » Il est bon de revenir parfois aux textes fondateurs, quand les certitudes battent de l’aile et que les dogmes  vont à vau-l’eau …


Rédaction NSP
Nicole Esterolle

Extraits de l’Interview de Marcel Duchamp par Philippe Colin en 1967 (Cet entretien fut réalisé à la galerie Givaudan à Paris le 21 juin 1967.)
Tout est fait: « Ready made, ça veut dire tout fait, ça veut dire… comme les vêtements de confection, vous savez. Alors, nous sommes arrivés à une conclusion, il y a assez longtemps. […] Il y a toujours quelque chose de tout fait, dans un tableau. Vous ne faites pas les brosses, vous ne faites pas les couleurs, vous ne faites pas la toile. Alors en allant plus loin, en enlevant tout, même la main, n’est-ce pas, on arrive au ready-made. Vous comprenez? Il n’y a plus rien qui soit fait. Tout est tout fait. »…
Se débarrasser de cette idée du beau et du laid: « Au lieu de choisir quelque chose qui vous plaît, ou quelque chose qui vous déplaît, vous choisissez quelque chose qui n’a aucun intérêt, visuellement pour l’artiste. Autrement dit, arriver à une chose… un état d’indifférence envers cet objet. À ce moment–là, ça devient un ready-made. Si c’est une chose qui vous plaît, c’est comme les racines [qu’on trouve] sur la plage, comprenez-vous? Alors c’est esthétique, c’est joli, c’est beau. On met ça dans le salon. C’est pas du tout l’intention du ready-made. L’intention du ready-made, c’est de se débarrasser de cette idée du beau et du laid, comprenez-vous? Et c’est ça qui m’intéresse. »…
Et puis c’est tout !: « Comment doit être regardé un ready-made, ou perçu? — Il ne doit pas être regardé, au fond. Il est là, simplement. On prend notion, par les yeux, qu’il existe. On ne le contemple pas comme on contemple un tableau. L’idée de contemplation disparaît complètement. Simplement prendre note que c’est , ou que c’était un porte -bouteille  qui a changé de destination, et puis c’est tout. »…
Il y a de quoi s’expectorer toutes les circonvolutions intestinales, quand on voit qu’une pensée aussi délirante du niveau  pochtron imbibé au calva frelaté à la bouse de vache normande, sert depuis bientôt un siècle de colonne vertébrale à l’esthétique ministérielle française…Mais qu’est-ce que les artistes ont bien pu faire au Bon Dieu, pour mériter ça ?

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