Et si l’on abordait l’art contemporain sous l’angle juridique?

dans Arts & Lettres & Chansons

Pas de jugement esthétique s’il vous plaît! Ne dites rien quand vous voyez un bouquet de tulipes de Koons, un frigo de Lavier, ou l’un d’entre ces milliers de bidules processualo-discursifs bourrant les collections publiques.


Rédaction NSP
Nicole Esterolles

Pas de jugement éthique non plus, car vous devez laisser faire cette évaluation on ne peut plus subtile et subjective, aux seuls experts reconnus. Reconnus par qui ? ça c’est une autre histoire,  mais qu’importe, ne nous ingérons pas dans les affaires des spécialistes autoproclamés et agréés par le Ministère des Beaux-Arts et des Hautes Vertus. Alors, si on abordait la chose du côté juridique ?

La profanation du retable d’Issenheim

 Prenons pour cela l’exemple de l’accrochage des Christs en fil de fer barbelés de Adel Abdessemed aux côtés du Retable d’Issenheim peint par Matthias Grunenvald,  pour la commémoration du cinq – centenaire de celui-ci … Opération d’une impudence inouïe, de valorisation financière d’une œuvre contemporaine de la collection Pinault  par parasitage et profanation d’une œuvre patrimoniale sacrée…Ignoble opération menée de main de maître par Jean-Jacques Aillagon (un agent multi-casquettes , un conflit d’intérêts en soi) , ex-ministre de la Culture, ex-directeur du Palais Pinault à Venise, directeur du Château de Versailles, qui n’a eu qu’un seul coup de téléphone à donner à la conservatrice du musée d’Unterlinden pour que la chose se fasse immédiatement…Affaire rondement menée,  dont Aillagon ose se vanter de la rapidité « J’ai appelé la conservation du musée, ça s’est fait très rapidement, j’adore monter des coups comme ça », s’amuse celui-ci dans Libération. Une “aillagonerie” qui semble bien être l’exemple – même d’un mélange des genres  de haut niveau administratif et financier, qui pourrait être démontée en termes de  conflit d’intérêts, de collusion, de détournement de bien public, etc, et faire l’objet d’une action en justice avec les lois existantes, pour peu qu’on veuille bien appliquer ces lois, et qu’on cesse  cette dérogation permanente dont les acteurs du « culturel d’Etat » bénéficient.

L’occupation éhontée  du Château de Versailles

 Il y a aussi cet exemple de la réquisition du Château de Versailles par le même Aillagon, pour le même Pinault et pour la valorisation des oeuvres de Jeff Koons, autre produit artistico financier du même oligarque Pinault.

Je vous livre la « photo du siècle » , où l’on voit Aillagon, Pinault, Koons, Albanel en pleine hilarité…  trace photographique historique de cette ahurissante  acoquinade entre « grands » de la culture financiarisée , triomphante et satisfaite d’elle-même,  auprès du fameux  homard symbole on ne peut plus exact de la crapouillerie  consubstantielle de cet art dit contemporain. Ajoutons que ce vernissage de l’expo Koons a surtout permis à François Pinault de réunir autour de lui et de resserrer opportunément les liens avec des dizaines de grands financiers de ses réseaux… devant l’imminence du krack de 2008…

Et pourquoi en est-on arrivé là ?

Et bien parce que la transgressivité des codes, la subversion des modèles , la permissivité en tous sens y compris sexuelle,  la dérogation aux règles tant éthiques, esthétiques que juridiques, bref,  la malversation généralisée et instittutionnalisée , est devenue une manière de distinction sociale, une posture ou un signe de la créativité artistique. Et c’est bien le seul domaine où cela se passe comme ça. Imaginez la même chose dans la boulangerie, gastronomie ou le vin….et les dégâts intestinaux que cela ferait….Mais là, comme il ne s’agit que de ravages mentaux ou psycho-sociaux, ça n’est pas grave, semble-t-il…

Derniers articles Arts & Lettres & Chansons

Haut De Page

Le magazine Nous Sommes Partout a besoin de votre soutien afin de poursuivre son développement, de financer son hébergement, ses sources de documentation et explorer de nouvelles pistes de diffusion.

Vous pouvez nous faire un don en ligne.
ou
Adhérer à l'association des Amis de NSP.

Soutien par virement.
Les Amis de Nous Sommes Partout
IBAN : FR76 1350 7001 6231 1213 906
BIC : CCBPFRPPLIL

Nous comptons sur vous.