Euthanasie : forcer à vivre ou permettre de mourir ?

dans Réflexions & Histoire

Le Tribunal d’Ancône, en Italie, estime qu’il existe un « droit au suicide », dépendant des conditions établies par la Cour constitutionnelle italienne en septembre 2018. C’est la première fois que ces conditions sont évaluées dans le cas d’un patient tétraplégique: il s’agit d’un glissement progressif de la jurisprudence. 


Claude Timmerman

Aujourd’hui, le Collège du Tribunal d’Ancône répond à la requête d’un jeune homme, tétraplégique depuis un accident de voiture il y a dix ans. En 2020, l’Autorité Sanitaire Locale (ALS) lui a refusé le suicide, car «ni l’art. 1 sur le consentement éclairé, ni l’art. 2 sur les soins palliatifs de la douleur, ne permettent au médecin d’administrer des substances létales ». Le jeune homme a alors saisi le Tribunal d’Ancône, qui a choisi d’ « appliquer les principes de la sentence Cappato de la Cour constitutionnelle », reconnaissant ainsi pour la première fois un « droit au suicide assisté ». Le Tribunal a ordonné à l’ASL « de vérifier les conditions préalables établies par la Cour constitutionnelle et, en cas de réponse positive, d’admettre le patient à l’administration du médicament létal ».  En l’absence de loi, c’est la jurisprudence qui définit l’accès au suicide assisté ou non. La décision du Collège du Tribunal d’Ancône constitue donc « un pas en avant supplémentaire », en « passant de la non punissabilité du crime pour ceux qui aident des patients à mourir, à la reconnaissance d’un droit réel de ces derniers à demander le médicament létal », d’un « droit personnel au suicide assisté ».

Si aujourd’hui chez certains catholiques – et notamment dans le monde de la Tradition – la tempête gronde depuis la loi Léonetti-Claeys, on constate que l’épiscopat, dans son immense majorité, évite de faire la moindre surenchère sur cette question, notamment actuellement, en pleine crise parlementaire législative bio-éthique – ou “pas-bio et pas-éthique” selon les options de chacun.

Dans tous les cas, c’est un contexte totalement pathétiqu,e en ce qu’on exclut d’abord de façon délibérée le choix de l’individu concerné, au profit de dispositions de la doxa politico-médicale : le patient est d’abord l’otage des soignants. Pourtant sur le plan religieux chrétien, le refus de l’acceptation du fait d’euthanasie est un faux débat tranché depuis des décennies par le Vatican qui a assumé pleinement le risque de provoquer la mort, notamment quand on prodigue certains soins dits “palliatifs” !

Les zélateurs de l’acharnement thérapeutique, et du “jusqu’au boutisme” de la vie (humaine) quelle que soit la forme à laquelle elle est réduite, prennent bien soin d’ignorer et pire de faire oublier ce fait aujourd’hui …

C’est vrai que cela nous ramène au dernier pape digne de ce nom, donc honni par toutes les bienpensances actuelles et notamment conciliaires : S.S. Pie XII. Le Professeur Mazzoni, secrétaire de la Société italienne d’anesthésiologie, avait soumis alors au Souverain Pontife trois questions concernant l’analgésie et ses risques, à l’issue d’un Congrès d’anesthésiologistes italiens, tenu à Rome en octobre 1956.  Le Pape avait traité ces questions du point de vue religieux et moral, lors d’une audience spéciale accordée le 24 février 1957 à une assemblée internationale de 500 médecins et chirurgiens.

On trouvera ici cet important discours que Pie XII prononça en français . Sa conclusion est sans appel : “En résumé, vous Nous demandez :  La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen des narcotiques (lorsqu’elle est réclamée par une indication médicale), est-elle permise par la religion et la morale au médecin et au patient (même à l’approche  de la mort et si l’on prévoit que l’emploi des narcotiques abrégera la vie) ? »  Il faudra répondre : « S’il n’existe pas d’autres moyens et, si, dans les circonstances données, cela n’empêche pas l’accomplissement d’autres devoirs religieux et moraux : Oui.  Comme Nous l’avons déjà expliqué, l’idéal de l’héroïsme chrétien n’impose pas, au moins d’une manière générale, le refus d’une narcose justifiée par ailleurs, pas même à l’approche de la mort ; tout dépend des circonstances concrètes. »

Il est ainsi clairement démontré que du point de vue de l’éthique chrétienne la question a déjà été tranchée il y a près de 60 ans. L’affaire de la fameuse « sédation de fin de vie » repose d’abord sur une extraordinaire hypocrisie médicale. C’est le refus tacite d’exposer publiquement qu’elle conduit quasi-sûrement à la mort, pour deux raisons physiologiques aussi simples que bien connues l’une que l’autre :

– Tout patient, à ce stade, subit des perfusions répétées, sinon continues, dont la première conséquence – ce que sait tout étudiant en médecine de première année – est un accroissement considérable du travail du muscle cardiaque pour prendre en charge la masse surnuméraire des liquides perfusés dans le système circulatoire pour la faire diffuser ,dans tout dans le milieu intérieur : le cœur d’un organisme mal portant ou affaibli finit à un moment par “lâcher”. Perfuser sur une très longue durée est donc susceptible de provoquer pratiquement à coup sûr un “arrêt cardiaque”…

­- Tout analgésique, et notamment la morphine et ses dérivés, provoque un phénomène d’accoutumance qui oblige à augmenter sensiblement, voire continument, les doses pour parvenir dans le temps à soulager la douleur. Vient un moment où la physiologie de l’organisme ne peut plus le supporter et c’est ce qui, constitue le phénomène d’overdose, bien connue chez les toxicomanes, mortelle dans la plupart des cas.

On voit donc que de toute manière les soins palliatifs par sédation vont conduire à une mort médicalement si connue et si assumée que tout praticien sait même parfaitement, au jour près, quelle dose sera fatale !

(C’est fort connu dans les EPAHD…)

Cessons donc de refuser cette réalité patente au nom d’une morale chrétienne finalement dévoyée alors qu’elle reconnaît et assume pleinement, par la voix du souverain pontife, les risques de la situation : malgré l’attitude de certains catholiques proprement fanatisés aujourd’hui, on ne peut tout de même pas s’estimer plus catholique que Pie XII ne le fut!

Cette hypocrisie médicale va même plus loin quand on se réfère, par exemple, aux motifs de la radiation demandée par le Conseil de l’Ordre à l’encontre du docteur Bonnemaison. La déclaration du Dr Bouet, président dudit Conseil de l’Ordre était un petit chef d’œuvre de jésuitisme : « La radiation va entrer en application le 1er juillet, comme prévu. Elle est bien entendu soumise à la cassation par le Conseil d’État s’il y a appel du Dr Bonnemaison.  Celui-ci a notamment été condamné par la chambre nationale disciplinaire de l’Ordre sur le fait qu’il n’a pas respecté l’article 37 du code de déontologie médicale, qui introduit une procédure collégiale prévoyant, dans le cadre de la loi Leonetti, qu’un médecin ne peut agir seul. » Ainsi ce qui a été fondamentalement reproché au docteur Bonnemaison par ses pairs n’est pas du tout le fait qu’il ait empoisonné sciemment une demi-douzaine de personnes, mais bien qu’il ait agi pour le faire sans concertation préalable avec d’autres membres du corps médical !

Alors qu’on arrête de nous rebattre les oreilles avec les grands principes sur la « défense de la vie », la « déontologie médicale » et « le serment d’Hippocrate » quand le premier facteur avancé par le monde médical est non pas “le respect de la vie” mais celui de ses dictats corporatistes ! Ce qu’on a revu plus récemment lors de l’attaque par l’Ordre des Médecins de certains praticiens sceptiques quant à la doxa émise à propos de la vaccination en général et plus récemment des soins anti-covid. Ceci nous amène au problème fondamental : de quelle “vie” parle-t-on quand on évoque la “fin de vie”?

De quoi s’agit-il sur le fond si ce n’est – ce qu’il est très mal venu d’énoncer dans certains milieux – la constatation des conséquences non maîtrisables de la transgression nouvelle de la loi naturelle. Nous disons bien transgression car c’est là que nous en sommes : tous les « biens pensants donneurs de leçon » nous serinent à longueur de journée que « la vie humaine est sacrée et à préserver coûte que coûte de la conception à la mort ». Soit ! Mais quelle vie ? Là est la question que personne ne soulève ! S’agit-il de la vie « naturelle », celle qui nous est conférée (et reprise) par Dieu, ou bien d’un sursis de vie, artificiel, construit, que l’homme se donne à travers la capacité qu’il a acquise pour lutter contre les maladies et prolonger son existence terrestre, notamment en la faisant gérer par d’autres???

C’est la vraie question ! Celle que l’on ne veut pas soulever et surtout dont on ne veut pas discuter…

Car pour prolonger cette vie, envers et contre tout, l’Homme est parvenu à déployer des trésors de science et d’ingéniosité, jusqu’au moment où, à force de transgresser la loi naturelle par la technique, il se trouve confronté à une déchéance évidente qu’il ne maîtrise pas et à laquelle il ne sait évidemment pas répondre, tout simplement parce qu’il n’en a pas les moyens… et ne les aura évidemment jamais, à moins d’arrêter le temps générateur de l’usure, autre loi naturelle dont la réalité dépasse l’Homme… Dès lors, il y aurait d’abord une certaine logique biologique à voir un homme dont la vie est artificiellement prolongée par des processus physico-chimiques, disparaître à la suite de l’usage de processus de même nature médicale… Mais curieusement cette option ne semble pas du tout acceptée aujourd’hui.

Ensuite la question est de savoir si cette vie artificiellement « prolongée » au-delà des limites balisées par la loi naturelle est acceptable, et supportable pour celui à qui elle est, autoritairement aujourd’hui, imposée par la médecine. Il est stupéfiant de voir des commentaires comme celui de Jean-Frédéric Poisson, président du PCD et député des Yvelines osant écrire il y a quelques années à propos d’une proclamation des Verts en faveur de l’euthanasie, ceci indépendamment du jugement qu’on peut poser sur cette question :  « Ce texte qui prône la soi-disant liberté du patient oublie complètement la liberté du médecin ! » (sic!) 

Effectivement, on ne pensait pas que — face à la douleur insoutenable subie et à la fatalité de la mort — la première des choses à considérer n’est pas le calvaire du patient, mais bien le confort intellectuel du médecin !!! Il est vrai que, face au médecin, l’homme devient un “patient” : étymologiquement, “ celui qui subit ” ! On a tellement banalisé la fameuse formule de “l’acharnement thérapeutique” qu’on en a oublié l’origine : l’époque, heureusement révolue, du moins on l’espère, où sous le fallacieux prétexte de potentielle amélioration jamais observée de l’état d’un mourant, on justifiait de le transformer à coup de “traitements expérimentaux” en véritable animal de laboratoire… La vraie question à laquelle seul l’intéressé peut répondre – et non pas son médecin – est bien : où est son libre arbitre ? « Doit-on condamner l’homme à vivre ? » Et si oui, au nom de quoi ?

Le professeur belge Christian De Duwe, prix Nobel de médecine, que j’ai eu l’honneur de connaître, a simplement décidé un beau matin d’arrêter de jouer… Il était chercheur, médecin, et quel médecin ! Il avait quatre-vingt-quinze ans, était encore en bonne santé malgré un cancer diagnostiqué, jouissait de toutes ses facultés, mais ne voyait pas l’intérêt de continuer à faire de la figuration sur la planète en courant vers la déchéance… Il a donc eu recours au suicide assisté, comme il est légal de le faire en Belgique. Cela lui a aussitôt valu l’opprobre de certains membres du corps médical chrétien de Belgique – dont pas un n’aurait été capable de faire les recherches et les découvertes du professeur De DuweChristian De Duwe a seulement exercé son libre arbitre et a assumé son choix personnel… De quel droit l’en aurait-on empêché ? A quel titre un quidam aurait eu le culot d’agiter des “arguments moraux” en face d’un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité de notre époque ?

Qui ne préfèrerait, et de loin, finir comme cela plutôt que d’être cloué sur un lit de douleur par ces auto-proclamés « bons chrétiens » qui viendront le contempler et se féliciter de ses souffrances indicibles, infligées à leurs yeux pour le plus grand bien de son âme et bien sûr pour le “confort moral” des médecins traitants décideurs !  Mais qui sont-ils pour se croire autorisés à juger du bien-fondé de la douleur, perçue par les autres, et de leur droit à la leur imposer la souffrance, alors même que le souverain pontife a émis les plus, extrêmes réserves sur la question il y a déjà quatre-vingt ans ? Au nom de quoi alors s’estiment-ils détenteurs d’une vérité morale et théologique qui repose sur un sophisme : refuser l’arrêt d’une vie – devenue artificielle par le biais de la technique et qui de ce fait transgresse la loi naturelle – qu’ils ne veulent pas arrêter par des techniques toutes aussi artificielles… que celles employées pour l’instaurer !…

Mais là encore le cynisme médical dépasse les bornes quand Eric Kariger (le bourreau de Vincent Lambert) déclarait (propos repris par Libération) que :  « Aucune loi, aucune religion ne défend le principe de souffrir. Je ne suis pas pour la vie à tout prix, même si jamais je ne donnerais la mort. Reste qu’à un moment, la médecine doit savoir se retirer. » (Sic !)La tartufferie est portée là à son comble quand on explicite ce que veut dire le médecin dans “se retirer” : c’est partir ! Car ce n’est pas le tout de conduire médicalement un individu, parvenu à un stade irréversible, dans un cycle d’acharnement artificiel de survie, encore faut-il assumer de l’en sortir ! « Se retirer » en laissant crever de déshydratation son patient par lâcheté pour ne pas risquer de se voir accuser de « donner la mort », est-ce là la manifestation de la déontologie médicale ? Mais quelle honte !

Là, on ne devrait même plus parler de médecine pour refuser cela, mais de simple humanité ! En tout état de cause, l’euthanasie passive ne peut s’envisager telle qu’on semble le prévoir : on débranche et on laisse crever… Voilà où mène l’acharnement thérapeutique poursuivi “ au-delà du raisonnable”, dénoncé depuis des décennies. C’est simple : on abandonne et ainsi, la mort survenant « ce sera la faute à personne ». Pourtant on achevait bien les chevaux sur les champs de bataille… Apparemment les hommes n’ont pas cette chance, et ne bénéficient médicalement pas de la moindre compassion ! C’est pour répondre aux outrances engendrées par ces conceptions que fut mise en place la loi Claeys-Léonetti. Elle permet jusqu’à un certain point l’interdiction de l’acharnement thérapeutique et requiert l’assentiment du patient. Mais évidemment elle impose un état de conscience patent ! De ce point de vue, l’excès consenti de sédation peut s’apparenter à une forme de suicide assisté. Certes l’intéressé est passif, mais demandeur et évidemment consentant.

On peut rapprocher cela de l’attitude de certains criminels qui lors de leur arrestation vont dégainer leur arme devant le GIGN, en sachant pertinemment qu’ils vont tomber, victimes d’une rafale : ils préfèrent cette mort brutale qu’ils provoquent en toute conscience à la prison à vie qui les attend…

Le pire est à venir : quid de ceux qui ne peuvent plus physiquement communiquer ?

C’est toujours le cas de tous les grands traumatisés cérébraux, comateux irréversibles et autres demi-conscients, baptisés aujourd’hui « pauci-relationnels », ceux que l’on nomme parfois des “légumes”… Il y en aurait près de 1500 en France ! Et que dire de ceux qui pleinement conscients, tels les tétraplégiques, sont incapables pratiquement de pouvoir, s’ils le souhaitent, mettre fin à leurs jours pour abréger leurs souffrances même si leur vie n’est pas menacée à court terme?

« Le 8 avril dernier, les députés français ont débattu d’une proposition de loi visant à dépénaliser l’euthanasie. Déposée par un groupe parlementaire d’opposition (Libertés et Territoires), la proposition visait, selon ses auteurs, à « donner le droit à une fin de vie libre et choisie », en permettant à un médecin de donner la mort au patient qui le demande et qui répond aux conditions de la loi.

Si la proposition parle d’ « aide active à mourir », il s’agit effectivement pour le médecin, aux termes de l’article 1er, d’administrer une substance létale consistant et visant à mettre fin à la vie de la personne. En dépit du contexte sanitaire et de l’opposition réitérée des soignants concernés – qu’il s’agisse de l’Ordre des médecins ou de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP), un nombre important de députés de l’Assemblée nationale ont ainsi souhaité voter ce texte de manière accélérée. À travers le dépôt de plusieurs milliers d’amendements, cinq députés du groupe Les Républicains ont toutefois veillé à ce qu’un court débat parlementaire puisse malgré tout avoir lieu sur la proposition de loi, tenant compte du bouleversement anthropologique que celle-ci introduirait. Après quelques heures de débat, la proposition n’a finalement pas pu être votée. »

Le cas emblématique dAlain Cocq vient de relancer le débat. Alain Cocq avait été diagnostiqué à 23 ans d’une maladie  aussi incurable que douloureuse, qui l’a conduit à vivre pendant trente-cinq ans « en soins palliatifs ». Clamant son droit à ne plus souffrir, le Dijonnais avait tenté à deux reprises en 2020 de se laisser mourir, en faisant la grève des soins et de la faim, mais il avait dû y renoncer, victime de douleurs insoutenables. Il avait alors annoncé son intention de se rendre en Suisse, où le suicide assisté est légal. Une association, dont il avait tu le nom, lui avait offert de financer les « 8 000 à 10 000 euros » nécessaires à son transfert. Il est donc parti à Berne pour bénéficier du dispositif légal là-bas de suicide assisté. Il y est mort en paix, selon son souhait le 15 juin à,11 h 20

« Il a pris un cachet ; cela a été très rapide. C’est chose faite, et c’est une très bonne chose qu’il soit parti comme il le souhaitait », a déclaré François Lambert, un de ses proches, qui est aussi avocat et neveu de Vincent Lambert, mort en 2019.

Malgré ses souffrances, Alain Cocq ne pouvait bénéficier de la loi en vigueur, dite Claeys-Leonetti, adoptée en 2016 : cette dernière autorise « la sédation profonde et continue, pouvant aller jusqu’à la mort » mais uniquement pour des personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme »

Dans la « lettre d’outre-tombe » qu’il a laissée, Alain Cocq prend d’abord à partie Emmanuel Macron qui avait refusé en août 2020 de donner l’autorisation au corps médical de lui prescrire, à titre compassionnel, du pentobarbital, un barbiturique puissant qui lui aurait permis de « partir en paix ». M. Macron avait refusé, disant « ne pas pouvoir demander à quiconque d’outrepasser notre cadre légal actuel ». Le malade y dénonce ensuite le « manque de courage politique » du gouvernement, accusé d’avoir refusé « de mettre à l’ordre du jour un projet de loi sur la fin de vie dans la dignité, que ce soit par le suicide assisté lorsque la personne est consciente, ou par euthanasie lorsque la personne n’est plus en capacité de s’exprimer ».

Après la Suisse, la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg, l’Espagne, l‘Italie va-t-elle rejoindre le groupe croissant des pays européens où l’euthanasie est sinon légalisée du moins dépénalisée ? 16 décomptés selon  la Voix du Nord .

Même si l’opinion publique semble aujourd’hui très favorable à l’euthanasie

 Le 8 mars dernier, un sondage IFOP montrait que 93% des Français considèrent que la loi française devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent. C’est un chiffre stable par rapport à notre dernière enquête datant de 2017. Les partisans de tous les partis politiques y sont favorables à au moins 90%. Cette étude montre aussi que les Français sont majoritairement pour l’autorisation du suicide assisté pour des personnes souffrant de maladies insupportables et incurables. 89% approuvent cette idée, et seulement 4% pas du tout. C’est aussi un chiffre stable par rapport à 2017 (90%). Plus de deux tiers des interrogés (69%) jugent que la loi Claeys-Leonetti, relative aux droits des malades et à la fin de vie, doit être fortement modifiée ou abrogée car elle n’est pas efficace.

Le terme ne plaît pas à une certaine bienpensance !

Ce ne sont pas Jacques Attali – qui préconise de piquer les vieux économiquement non rentables après 60 ans – ou Alain Minc – qui s’étonnait de ce qu’on dépense plus de cent mille euros de la Sécu pour soigner son père à l’âge qu’il avait alors – qui s’élèveront contre la pratique de l’euthanasie. Non ! C’est le “french docteur” Kouchner, le gauleiter de Serbie impliqué dans le génocide des Serbes et suspecté (le mot est faible) là-bas de trafics d’organes, soulignant que c’est un vilain mot qu’il faut interdire puisqu’il contiendrait le vocable « nazi » (sic !) et qui s’inquiète de ce que « les gens pourraient y voir une menace, voire une contrainte. »

Nous comprenons ses angoisses mais on peut y remédier facilement: vu ce qui se passe au proche Orient, on pourrait par exemple lui proposer pour supprimer les syllabes honnies de faire modifier le terme euthanasie en « euthasionie »… Chez « eux » on pratique aussi la « culture des “ légumes” » : Ariel Sharon est resté ainsi plus de cinq ans avant de mourir…

Le choix de l’homme lui appartient, fonction de ses convictions morales et religieuses et de son libre arbitre. C’est une option qui relève de l’intime où nul ne devrait intervenir. Pourtant, à ce jour, l’Homme est légalement, en France, condamné à vivre !

Un nouvel article à faire ajouter à la déclaration des droits de l’homme ?

Claude Timmerman 22 / 06 / 21

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