Fais-moi du couscous chérie, ça me rappellera l’Algérie française.

dans Le foyer parfait

Un banquet d’anciens de Bab el-Oued? Ne risquez pas la faute de goût , servez le couscous façon O.A.S. La recette me vient en droite ligne d’Oran et de ma grand-tante Joséphine qui échappa à l’égorgement le 5 juillet 1962 et parvint à s’enfuir in extremis de la casbah où elle faisait ses emplettes. Comme disait Joséphine qui avait failli le boire à onze heures, l’important dans le couscous, c’est le bouillon.

Albertine Glouton

Pour cela, il vous faudra des légumes franco-algériens  représentant parfaitement le syncrétisme méditerranéen : carottes, navets, céleri, tomates, poivrons, courgettes, aubergines et pois chiches. Quant à l’oignon et l’ail que la ménagère avertie ne manquera pas d’ajouter, ils sont comme le général de Gaulle, ils ont plusieurs costumes.

Des épices bien sûr ; il vaudra mieux faire son mélange soi-même car comme disait le général Salan au lieutenant Degueldre en formant les « commandos Delta » : « Pour sauver la France, faut tout faire soi-même. »

Mélangez safran,cannelle, gingembre, paprika, anis vert et cumin , broyez finement à la moulinette façon F.L.N. et ajoutez au bouillon de légumes.

Procurez-vous un gigot de mouton si possible d’origine française. Un mouton égorgé rituellement face à La Mecque pourrait avoir un drôle de goût pour vos invités. Désosser le gigot et ajoutez-le au bouillon de légumes. Laissez mijoter plusieurs heures, il sera aussi tendre qu’un fellagha au sortir d’un entretien courtois avec le général Bigeard.

Pendant que votre bouillon mijote, faites rôtir un djedj de ferme. Le gallinacé est toujours meilleur quand il a bien couru dans le désert.

C’est le moment de faire cuire les merguez. Si vous avez un barbecue électrique, n’hésitez pas à les passer à la gégéne mais la cuisson au feu de bois les rendra bien meilleures et l’odeur rappellera le bivouac de Mostaganem à vos invités.

Il vous reste à préparer la semoule. Prévoyez autant d’eau que de semoule. Evitez l’eau d’Evian qui lui donne un arrière-goût . Faites bouillir l’eau, ajoutez-y la semoule, quelques cuillerées d’huile d’olive et du sel et laissez gonfler cinq minutes.

Emiettez-la ensuite à la fourchette tout en y ajoutant du beurre fondu. Garnissez-la de raisins secs , cela constituera une décoration charmante qui donnera à vos invités l’occasion de discuter des mérites comparés des regs et des ergs visités en 1962.

Délayez l’harissa dans le bouillon chaud.

Servez le bouillon, les viandes et la semoule dans des récipients séparés.

Ouvrez quelques bouteilles de Sidi Brahim et attendez que votre tonton pied-noir ait entonné « Fais-moi du couscous chérie ! » pour faire la danse du ventre.

Bon appétit à tous !

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