Fétichisme du marronnier : de l’hystérie à la provocation?

dans Tour d'horizon

L’une des plus emblématiques histoires associée à la Shoah est sans contexte possible « le » marronnier d’Anne Franck… Ce fameux marronnier, planté vers 1830 dans un jardin privé d’Amsterdam, avait le malheur d’avoir été visible depuis la mansarde de la cachette d’Anne Franck. Il devait être abattu : vu son âge, son état et les risques évidents que sa chute pouvait faire courir aux passants, le propriétaire ne voulait légitimement pas risquer d’être poursuivi pour négligence en cas d’accident !


Rédaction NSP
Claude Timmerman

L’association hollandaise « Support Anne Franck tree » avait alors été constituée pour faire pression sur la municipalité et sur le propriétaire du terrain afin d’empêcher le “sacrilège” : faire interdire son abattage et faire étayer l’arbre pour le maintenir ! Ceci fut réalisé à grands frais par la société de construction Van der Leij en 2008. Las, après avoir été  corseté à grands frais, ce malheureux marronnier de plus de 170 ans, malade, déjà à moitié mort, a fini cassé en deux, fauché par un coup de vent le 23 août 2010 sans faire de dégâts dans sa chute, heureusement…… Comme quoi, la nature triomphe de tout, même de l’obstination israélite… Le marronnier, abattu par le vent, finit donc par être tronçonné et évacué du terrain où il gisait…
Par pudeur, on ne reproduira pas ici les flopées de jérémiades qui ont accompagné l’annonce de cette catastrophe planétaire. Et c’est la société qui était déjà intervenue pour corseter le vieillard chenu qui a découpé et enlevé le cadavre, selon les directives et sous la surveillance de la fondation. « L’arbre a été débité en très gros morceaux qui sont entreposés dans un endroit sec et ventilé », a assuré Bram van Uchelen, porte-parole de la société Van der Leij. Mais si nous voilà rassurés sur le sauvetage de la relique, la société de “sauvetage”, a vite compris elle, qu’elle ne devait pas être rassurée du tout sur l’avenir de sa créance : la facture présentée à la fondation sus-évoquée pour règlement de ses prestations n’a jamais été réglée !
Au point que, lassés de réponses dilatoires, les dirigeants de ladite société ont fini par porter l’affaire en justice ! Le 20 04 2011, le communiqué de presse édité sur la page d’entrée du site de la fondation indiquait : « La Fondation Support Anne Frank Tree (SAFT) se trouve impliquée dans un conflit matériel avec l’ancien membre du comité directeur et entrepreneur de bâtiment, Monsieur R. van der Leij sr. de Van der Leij Bouwbedrijven B.V. au sujet de sommes à payer par SAFT liées à la chute de la construction de maintien et de l’arbre. Van der Leij Bouwbedrijven B.V. a engagé une procédure contre la fondation et ses membres du comité directeur. SAFT est confiant en ce qui concerne l’issue de la procédure et surpris par diverses initiatives afin de régler ce conflit d’une façon satisfaisante. » Signé Prof. dr. Helga Fassbinder, President
Bluff, morgue ou inconscience?
Le Tribunal d’Amsterdam – dont l’antisémitisme est certainement manifeste – a donc décidé de condamner, ce 4 avril, la fondation « Sauvez l’arbre d’Anne Franck » à régler la note, soit 16 000 euros ! Pire, les magistrats se sont montrés intraitables : “Tant que cette somme n’aura pas été payée, la société Van der Leij n’a aucune obligation de remettre à la fondation les restes de l’arbre”, a indiqué un communiqué du tribunal.
Mais le fétichisme sylvicole n’est pas forcément synonyme de probité : la “fondation” ne semblait nullement embarrassée de ne pas avoir fait face à ses obligations financières. Toute honte bue, Arnold Heertje, responsable de la fondation, avait même déclaré froidement qu’il n’était nullement disposé à payer : « En ce moment, nous ne disposons pas de cet argent, et il semble peu probable que ce sera un jour le cas. Au début, juste après que l’arbre soit tombé, il y a eu des musées, des institutions qui étaient intéressés, ils voulaient une partie de l’arbre ; actuellement, l’intérêt a disparu et il semble peu probable que nous soyons à nouveau contactés » (sic !).
Traduction libre mais évidente : « On se fout pas mal de cet arbre après tout, et la société Van der Leij peut s’asseoir sur sa facture. »
Si l’on peut faire quelques suggestions à cette société, odieusement bernée, qui voit en outre une surface d’entrepôt non négligeable toujours encombrée de ces bouts de bois, on pourrait lui proposer :

  • de faire saisir les comptes bancaires de la “fondation”, mais il est certain que l’évasion des capitaux est déjà réalisée !
  • de vendre le bois du marronnier  pour son propre compte jusqu’à hauteur du recouvrement de sa créance et des intérêts. Et là, il y a tout lieu de croire que des tas de gens seraient intéressés et que l’opération serait de surcroît très rentable !

Les fétichistes d’abord qui pourraient en faire des breloques pour synagogue, des montants de rouleaux de Torah, etc… Des “arabes” aussi pourraient être intéressés : Imaginez par exemple des Palestiniens débitant les tronçons du marronnier d’Anne Franck pour en faire des allumettes ou des buchettes pour feux de joie… Imaginez des figurines symboliques taillées dans ce bois, brûlées en public ou utilisées comme cibles dans les camps d’entraînement ! Il est curieux d’ailleurs que la “fondation” ait été aussi stupide : 16 000 euros, ce n’était pas la mer à boire tout de même  (pour eux !) et cette inertie a été finalement très mal perçue dans le cadre même de la communauté. Et puis le commerce de reliques, historiquement, cela “les” connaît non ?  Finkelstein évoque clairement la question dans  L’industrie de l’holocauste . La “fondation”, avec un peu d’imagination, pouvait donc même faire des bénéfices.  Mais on en est resté à la distribution planétaire des « boutures ». Partout dans la communauté on s’est ému et on ne compte plus les « boutures » et les plantules clonées (mais si on le clone !) plantées un peu partout qui témoignent (même à Yad Vashem !) de l’existence du culte d’Anne Franck…
On en a même planté une en Corse, à Pianello, où un hommage lui est rendu lors de la journée « In Giru a l’Arburu » (Autour de l’Arbre), le premier dimanche d’août. Ce n’est pas encore une version talmudique du culte d’Yggdrasil, mais on s’en rapproche quand on voit que même le Times of Israël parle de « profanation » car le tronc de l’arbre a été écorcé la veille du jour du culte !
Là les commentaires ont atteint le délire et ont très largement dépassé le “mur du çon” comme dirait le Canard enchaîné:
– Le maire du village, Jean-François Paoli: « La bêtise humaine, la bêtise crasse n’est certes pas une découverte en soi. Mais c’est aujourd’hui notre petite communauté qui s’est faite en quelque sorte gardienne de cet arbre qui se trouve de façon inattendue touchée de plein fouet à travers ce marronnier écorché. Une main assassine ou pire encore, une main inconsciente s’est attaquée à ce qui est pour nous un symbole de la tolérance et de la tragédie passée…

Quoi qu’il en soit, nous ferons tout pour que cet arbre survive et que le souvenir universel d’Anne Frank se poursuive. Bien sûr, la mairie entamera les suites judiciaires que les circonstances imposent. La barbarie n’aura pas le dernier mot. »
– Le sous-préfet de Corte, Ronan Leaustic, présent sur place y est allé de son allocution du dernier grotesque dont l’affligeante maladresse n’échappera à personne. On en reste pantois.
« C’est vraiment un travail d’orfèvre, on voit bien qu’on voulait faire à cet arbre ce qui lui est arrivé. » (sic !) « Je dirais que la présence de l’État est encore plus nécessaire à cet instant. Je tenais à vous dire qu’on est à vos côtés, avec ceux qui luttent contre l’antisémitisme, le racisme et d’une manière générale la barbarie et le terrorisme, tout ce qui nous rassemble aujourd’hui. Nous nous devons cette transmission 77 ans après la Shoah. »
– Frédéric Joseph Bianchi, président de Terra Eretz, co-organisateur de la cérémonie, déclara à son issue : « Ils l’ont ‘écorcé’ vif ! L’arbre d’Anne Frank a été profané par des mains abjectes. Enlever sur toute la longueur du tronc son écorce est une façon odieuse de l’amputer et de faire en sorte qu’il ne puisse plus recevoir sa sève. C’est un acte antisémite. Ces gens viennent se ranger du côté des bourreaux. Mais les conférences que nous avions organisées autour de l’arbre étaient là comme une réponse immédiate à ces misérables ! Notre journée autour de l’arbre d’Anne Frank fut un moment exceptionnel de partage et de réflexion. »
Si quelqu’un a la charité d’expliquer à cet hystérique, aussi ignorant qu’un journaliste, que l’écorce ne participe en rien à la diffusion de la sève, mais peut tout au plus intervenir dans la dessiccation du liber sous-jacent alors exposé à l’air libre, on lui permettrait  peut-être d’être crédible et de ramener les choses à leur réalité botanique… On peut aussi lui expliquer comment se récolte le liège, qui est produit par un chêne d’ailleurs !
Il n’en reste pas moins que cette histoire est très étonnante, car elle correspond à rien de logique.
Que des gens – à tort ou à raison – aient été excédés de cette propagande et aient décidé de liquider cet arbre et le “culte” qui y est associé c’est une chose qui se règle très facilement, et en trente secondes, d’un simple coup de tronçonneuse. C’est ce qui arrive périodiquement à l’odieux arbre de la laïcité d’Angers que les maçons et les laïcards locaux s’obstinent à vouloir replanter: « L’arbre de la laïcité trépassa une quatrième fois, au petit matin du mardi 21 février 2017. »
Alors pourquoi une telle perte de temps et une telle mise en scène à Pianello qui ne conduira pas d’ailleurs à la « mort de l’arbre »? On ne peut récuser l’hypothèse d’une volonté d’inscrire ce méfait dans le cadre d’une supposée « torture »… C’est une idée très à la mode associée à la Shoah Et qui y a – le plus – intérêt ? Une provocation n’est donc pas à exclure. Ce ne serait pas la première fois !
Ecorcer un arbre devient donc désormais une manifestation d’antisémitisme. Que les bûcherons, et surtout les liégeurs y prennent garde en Corse!

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