Françoise Magazine, enfin une revue féministe non conformiste !

dans Entretiens

C’est le coup de cœur de NSP. Françoise Magazine, une revue féminine pas comme les autres, sort actuellement son troisième numéro. Rencontre avec Marie Leroy, la rédactrice en chef, d’un titre qui entend défendre la liberté de la femme dans sa diversité … mais la vraie !


Rédaction NSP
Klara Von Kustniz[

Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de créer un magazine féminin et en quoi se démarque-t-il des autres magazines ?
Un magazine féminin non conforme qui reprend les rubriques classiques de ce type de presse semble être un moyen positif et constructif de proposer une alternative à la femme moderne, consommée et consommatrice. L’idée est de proposer une lecture détente instructive et constructive pour toutes les femmes (et les hommes) qui sont dans une démarche de radicalité face au système dans lequel nous vivons. Retrouver de l’autonomie là où c’est possible, lire et défendre des auteurs honnis par le système, consommer de façon raisonnable et plaisante, se conformer à ses idéaux dans la joie et la simplicité. C’est ça, FRANCOISE MAGAZINE.
Il se démarque des magazines féminins car il est le seul à ne pas pousser à la consommation à outrance. Aucun magazine féminin ne propose cela. Même le magazine participatif Paulette a fini par céder aux sirènes du tout consommable. FRANCOISE MAGAZINE fonctionne sans publicité, est bimensuel et est vendu au modeste prix de 5 euros.

Vous situez-vous dans une démarche qu’on pourrait qualifier d’anti féministe ?
Le mouvement féministe est une réaction à l’avènement de la société bourgeoise du 19e siècle. Cet avènement s’est soldé par une perte magistrale d’autonomie de la femme vis-à-vis du groupe social comme vis-à-vis de son époux. Un certain nombre de femmes, notamment de femmes issues de classes aisées, par l’accès aux livres, ont pu se rendre compte de cette évolution. Elles se sont donc mises à réfléchir et à vouloir lutter contre ces injustices. Néanmoins, le mouvement féministe est venu lutter contre les changements imposés par cet avènement de la bourgeoisie, sans jamais réellement réussir à pointer du doigt la réelle cause de cette situation. Le problème n’était pas le patriarcat, mais l’aliénation de la femme par la société libérale et bourgeoise. Ce mouvement a permis aux femmes d’accéder au salariat (donc au salaire), au droit de vote, à la pilule et à l’avortement… Mais ces évolutions sont elles de réelles avancées ? Ayant autant de conséquences positives que négatives, elles ne peuvent être appelées avancées, les termes d’évolutions ou de changements seraient plus appropriés.
Plus le temps avance, plus le féminisme se radicalise. Les féministes qui respectent la nature féminine sont éclipsées au profit des féministes cherchant l’indifférenciation des sexes. Il importe donc de s’unir et de proposer de véritables alternatives à ce modèle morbide qu’elles défendent. Surtout qu’elles bénéficient des réseaux médiatiques et de pouvoir de façon évidente.
Par conséquent, pour répondre à votre question, le magazine FRANCOISE est plutôt a-féministe ou féministe non conformiste qu’anti féministe : on comprend la première vague du féminisme mais on refuse l’indifférenciation des sexes, l’avortement et le mépris de la féminité et de la maternité.

Françoise Magazine est-il proche idéologiquement du mouvement Tradwife qui semble prendre de l’ampleur actuellement ?
Nous défendons la liberté de la femme dans sa diversité, son droit de vivre sa vie comme elle l’entend, sans avoir à brimer sa féminité et sa maternité. Par conséquent, nous défendons le choix de la femme au foyer de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants, et notamment nous défendons le droit de faire l’école à la maison pour celles et ceux qui le souhaitent pour leur progéniture.
Néanmoins, on ne cherche pas à faire rentrer automatiquement les femmes dans une seule case (celle de la femme au foyer). Une femme qui souhaite privilégier sa carrière ou le développement de ses talents artistiques et intellectuels doit en avoir la possibilité sans jugement. De toute façon, réagir brutalement en désignant la cuisine comme seule place pour la femme ne ferait que créer un mouvement de balancier en notre défaveur.
Nous nous sentons proches de la mouvance Tradwife dans le sens où ces femmes montrent qu’être femme au foyer ne signifie pas forcément être désespérée. La figure de proue britannique de ce mouvement Alena Kate Pettitt  se dit par ailleurs elle-même féministe. Mais clairement ce postulat dérange les féministes mainstream…

Votre magazine a-t-il une orientation spirituelle (catholique traditionaliste par exemple ?
Un lecteur avait décrit la revue comme ayant un état d’esprit « pagano-christique » et je trouve cette remarque assez juste. La France est un pays catholique, une personne sérieuse et de bonne foi ne peut nier cette évidence. Mais la culture française est également le fruit de multiples sources païennes. Pendant très longtemps, la spiritualité populaire a été un mélange de paganisme et de chrétienté. C’est cette vision de la spiritualité que nous défendons. Ni propos anti catholique ni mépris anti païen n’est toléré, nous privilégions l’union des deux branches qui composent la grande famille des opposants au système pour des raisons spirituelles.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour sa création et où en êtes-vous du tirage et de la distribution ?
Sincèrement, c’est très dur de s’imposer et de se faire connaître. Tout du moins, dès lors qu’on fonctionne en dehors des réseaux de distribution mainstream. Néanmoins, la revue commence à avoir son public et ses abonnés. Actuellement deux numéros sont sortis et le troisième devrait paraître prochainement.
Une association est en cours de construction (les démarches sont temporairement en arrêt du fait du contexte exceptionnel lié au coronavirus). L’idée est de s’étendre et de “réseauter” pour celles et ceux qui le souhaitent.
La revue est en vente au prix de 5 euros dans les bonnes librairies parisiennes : Librairie Française, Librairie Vincent, Nouvelle Librairie, Librairie Duquesne et Librairie Notre-Dame de France. Elle est également disponible en Pdf ou en papier en nous contactant à francoise-magazinepatriote@laposte.net. La boutique est en cours de construction sur notre site.

Quels sont vos projets pour étendre votre lectorat ?
Nous parions sur la qualité de nos articles, qu’il s’agisse de nos dossiers thématiques, de nos entretiens, de nos recommandations pour gérer le foyer, afin de plaire à un public qui nous sera fidèle sur le long terme. Il y a bien évidemment la présence sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Youtube ) indispensable désormais. Nous sommes avides de nouvelles idées pour étendre notre réseau …A bon entendeur !

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