Ian Stuart : La voix du rock anti-communiste

dans Arts & Lettres & Chansons

Voici la première biographie française de celui qui a fracturé le rock. Chanteur et fondateur du groupe Skrewdriver, son influence est aussi originale qu’occultée. Si les Anglais sont les ennemis de la France, il leur reste une législation sur la liberté d’expression qui n’a pas complètement éliminé la musique identitaire.


Rédaction NSP
Thierry de Cruzy

Ian Stuart est à l’origine du 1er courant rock nationaliste. Dès ses origines, le rock est subversif. Avec la commercialisation du microsillon, il contribue à diviser la famille en permettant de s’affranchir de la «musique de vieux». Développant l’individualisme, il fait la promotion des drogues et de la dépravation sexuelle. Impasse nihiliste, le courant punk est à son apogée en 1977 quand Ian Stewart fonde Skrewdriver. Il n’adhère qu’en 1979 au National Front, ce qui marque, d’une certaine façon, l’acte de naissance du rock skin.

L’intérêt de l’ouvrage est de détailler chronologiquement l’évolution du chanteur et pivot du groupe puisqu’il va écrire 228 chansons et enregistrer 22 albums. Les paroles montrent que Ian Stuart fait la promotion du patriotisme et de l’identité nationaliste britannique. Il est à l’opposé du pacifisme et de l’antiracisme des gauchistes de l’époque. La législation britannique n’atteignant pas les sommets répressifs de celle de l’Hexagone, il fait ouvertement la promotion de la race blanche et du national-socialisme ce qui lui vaut condamnations, incarcérations, agressions, tentatives de meurtres, … qui n’ont jamais affaibli ses engagements.

Intégrant le RAC (Rock Against Communism), il en devient une figure emblématique. En 1987, il fonde Blood & Honour, d’abord magazine et organisation de concerts qui allait essaimer dans toute l’Europe. En 2019, c’est la section française qui est dissoute par le gouvernement à la demande du CRIF. En septembre 1993 devait se tenir le plus grand festival de musique nationaliste d’Europe. La veille du concert, Ian Stuart est tué dans un accident de voiture.

Le livre présente aussi l’intérêt de fournir les paroles des chansons les plus emblématiques de Ian Stuart. Elles montrent que si les enregistrements de Skrewdriver n’ont jamais bénéficié des arrangements de la chanson commerciale et patissent parfois d’une qualité approximative, ce n’était pas dû au manque de talent de son chanteur et leader. Il a d’ailleurs enregistré deux intéressants albums acoutiques de ballades traditionnelles indiquant sa connaissance et son attrait pour la culture populaire.


Paul-Louis Beaujour, Ian Stuart, la voix du rock anticommuniste, Déterna éditions, 2020, 286 pages.