Inceste, viol, homosexualité et pédophilie : la boîte de Pandore

dans Réflexions & Histoire

La très juteuse opération médiatique et financière montée par Camille Kouchner autour de la sortie de son livre Familia Grande publié au Seuil – où elle accuse son beau-père Olivier Duhamel d’avoir abusé de son frère jumeau quand ils étaient adolescents, a relancé les débats sur l’inceste.


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Cette « affaire Duhamel », est compliquée de nos jours par l’incontournable question des familles recomposées et, disons-le clairement, certains y associeront une vague teinture d’antisémitisme due d’abord à l’”entourage communautaire” des acteurs de cette histoire qui, s’il éclabousse le monde politique interlope de gôche, interroge surtout la vision talmudique de la pédophilie.

L’enseignement du Rav Mamouch Fenech à la synagogue KCL de Marseille est sans équivoque. On peut abuser sans interdit d’un enfant :

  •  de moins de 9 ans pour un garçon ;
  • -de moins de 3 ans pour une fille (Talmud, voir dans le traité Niddah folios 44b et 45a) ;
  • (Et il évoque même la zoophilie …) ;

On comprend mieux pourquoi, surtout dans les milieux religieux en Israël, les pédophiles se savent protégés ! 1

En janvier, Israël vient enfin d’extrader une pédophile australienne, réfugiée là depuis 2008 : Malka Leifer, ex directrice d’un lycée juif de Melbourne, est poursuivie dans son pays pour 74 cas d’atteintes sur mineures. (L’homosexualité et la pédophilie concernent tous les sexes, tous les âges et tous les milieux.)
Depuis douze ans son dossier d’extradition était bloqué sous des prétextes fallacieux par le rabbin ultra-orthodoxe Yaakov Litzmain, chef du parti «Judaïsme unifié de la Torah » et inamovible ministre de la santé…

En France …

En France, nombres d’écrivains et d’acteurs politiques défendent becs et ongles tant la pédophilie que l’homosexualité. Une supposé “élite de la république” que de Sarkozy à Macron tous les responsables cautionnent depuis vingt ans… et en fait, depuis beaucoup plus longtemps…

Le créneau s’avérant porteur, cela permet aujourd’hui à des auteurs de se lancer dans une croisade des bons sentiments horrifiés, surtout efficace en termes de récupération de droits d’auteur…

Car il serait naïf d’imaginer que les dépravations pédophiles sont l’apanage d’une gauche décomplexée par l’héritage de mai 68 et les répugnantes confidences d’un Cohn Bendit, comme le laisse croire l’hypersioniste Yvan Rioufol, aussi partial que mal informé comme à son habitude, dans un texte repris par Tribune juive :  « Réduire l’affaire Duhamel à l’inceste évacue la responsabilité de cette gauche auto-satisfaite dans la violence faite aux enfants et adolescents. »

On renverra donc les lecteurs les plus curieux à ces scandales, un peu oubliés aujourd’hui, qui ont émaillé la IVeme et les débuts de Veme république et qui ont coûté – entre autres – sa carrière présidentielle à Antoine Pinay, connu pour ses appétits éclectiques, tant de nymphettes que d’éphèbes lors de voyages “touristiques” effectués très fréquemment au Maroc, bien avant ceux de Jacques Lang …

Sans parler des ballets roses de Le troquer, bleus (affaire du Corral) et tous ceux d’autres couleurs …

En janvier 1977, Bernard Kouchner ainsi que 69 autres personnalités dont Jack Lang, cosignent une lettre écrite par Gabriel Matzneff dans Le Monde où ils présentent comme « scandaleux » la durée de plus de trois ans de détention provisoire de trois hommes accusés de relations sexuelles avec des adolescents de 13 ou 14 ans !

Bernard Kouchner, paradoxalement, n’hésitera pas à dire plus tard à l’abbé Pierre : « Je pense que les Juifs ont un devoir supplémentaire, un devoir de plus que les autres hommes. Je pense que les Juifs sont chargés d’être justes. Je pense que les Juifs, parce qu’ils ont eu connaissance de ce qui est arrivé aux leurs, ne peuvent pas profiter de la vie comme les autres. » (Abbé Pierre, Bernard Kouchner, Dieu et les Hommes, Ed. Robert Laffont, 1993, p. 168-169.)

Le tout bien entendu est de savoir ce que l’on appelle « être juste » et ce que l’on entend par « profiter de la vie »…

La médiatisation de l’affaire Duhamel met aussi en évidence une dramatique confusion entre pédophilie, homosexualité, viol et inceste. La confusion, qui est la grande caractéristique d’une société contemporaine marquée par l’écrasement de la famille “naturelle” ou “traditionnelle”, est une conséquence de l’affaiblissement – sinon de la disparition programmée en Occident – de la morale chrétienne, au profit d’un magma idéologique juridique et socio-éducatif à visée mondialiste: la famille “recomposée”.

Comme le soulignait déjà Confucius : « Quand les mots changent de sens, les Royaumes deviennent ingouvernables»

C’est bien là une caractéristique essentielle de notre époque.

L’inceste n’échappe pas au soutien de la communauté du Jourdain

Avant d’en venir à l’analyse historique (qui remonte à la Torah!) qui s’impose sur la question, nous nous devons rappeler le jugement particulièrement clair de Léon Blum qui, avant d’être l’homme politique socialiste aussi sectaire que désastreux, fut aussi un très mauvais universitaire (renvoyé de l’Ecole Normale Supérieure où il avait été reçu avant dernier pour avoir échoué à ses premiers examens de licence)…

S’il est surtout connu comme chef du gouvernement du Front populaire, il chercha d’abord à faire une carrière littéraire et il commit en 1905 Du mariage, un ouvrage bien oublié aujourd’hui comme le reste de son “œuvre”, publié en 1907, mais qui prend une résonance particulière en cette époque où le mariage – en tant que «monogamie durable» selon le terme de Blum – est ringardisé et soumis à des attaques incessantes.

Blum ne pense le mariage qu’en termes de sexualité, c’est pourquoi il n’est hostile à aucune forme de «rapports humains» qu’ils soient officialisés par le mariage, ou non officialisés comme dans l’union libre.

Selon lui, il faut distinguer chez tout individu (homme ou femme) un instinct initial “polygamique” qu’il lui faut assouvir avant d’acquérir une “maturité monogamique”. Il estime que le mariage comme une union monogamique, a pour caractéristiques la paix et la stabilité, alors que
« l’instinct polygamique est marqué par l’amour, c’est-à-dire par la passion ». Blum pense que le mariage est par nature déséquilibré en ce qu’il unit un homme tendant, ou déjà parvenu, à la maturité monogamique avec une femme “neuve” (sic).

Une femme qui, normalement, avant de se fixer, aurait dû épuiser aussi son instinct polygamique.

C’est pour cela que beaucoup de mariages sont précaires, et qu’il y a des infidélités au sein de couples qui n’en connaîtraient pas s’ils avaient passé la phase initiale d’instinct polygamique.

La monogamie ne correspond donc pour Blum, chez l’homme comme chez la femme, qu’à un état “second” : celui des sens assouvis…

On peut le voir, des idées qui seront considérées un siècle plus tard comme très modernes !

La nature des liens familiaux des partenaires n’est jamais envisagée et qu’aucun tabou n’est avancé. Pire l’inceste n’y est nullement condamné par Blum et semble même jouir d’une certaine sympathie de l’auteur : « Je n’ai jamais discerné ce que l’inceste a de proprement repoussant, et, sans rechercher pour quelles raisons l’inceste, toléré ou prescrit dans certaines sociétés, est tenu pour un crime dans la nôtre, je note simplement qu’il est naturel et fréquent d’aimer d’amour son frère ou sa sœur.  Mais, si cela est naturel, je conviens que ce n’est point nécessaire. » (sic!) [Léon Blum, Du Mariage, 1937, 31e éd. p. 82.]

Mais qu’est-ce exactement que l’inceste ?

Littré – qui reste une référence incontournable – définit ainsi l’inceste :
« Conjonction illicite entre les personnes qui sont parentes ou alliées au degré prohibé par les lois .»

Et de rajouter la terminologie associée au droit canon :
« Inceste spirituel : conjonction illicite entre les personnes alliées par une affinité spirituelle, comme entre le parrain et la filleule. Commerce criminel entre le confesseur et sa pénitente. »

Comme on le voit, l’inceste est d’abord une notion légalisée : il dépend donc de l’appréciation de la société sur les plans culturels, historiques, moraux et religieux.

Pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, l’interdit de l’inceste fonde la société humaine car il oblige les hommes à nouer des relations avec des étrangers. Du fait de cet interdit, les hommes ne peuvent en effet fonder de famille avec leurs sœurs et doivent donc trouver des femmes hors de leur communauté. Claude Lévi-Strauss voit dans l’inceste et son interdit l’articulation entre nature et culture : le fondement social puis sociétal.

La prohibition de l’inceste, est le fondement de l’exogamie en interdisant l’endogamie – concept dont les limites varient fortement d’une société à l’autre. Ce serait alors une construction sociale destinée à défendre l’exogamie en tant que fondement de la société permettant de limiter, voire de bannir, la consanguinité.

On comprend combien cette vision peut, par nature, contrarier l’ethnocentrisme juif …

La Torah se fait largement l’écho de l’obligation faite aux Hébreux de répudier leurs épouses non juives et de ne contracter d’alliance qu’à l’intérieur de la communauté notamment dans les évocations d’Ezechias et d’Esdras.

La bible se fait ainsi largement l’écho de pratiques incestueuses chez les Hébreux :

– La première grande énigme, hautement symbolique est évidemment celle de la descendance de Caïn…

En excluant une liaison avec sa mère, ce qui est particulièrement mal vu à supposer, on est conduit à admettre que Caïn s’est “rapproché” d’une de ses sœurs puisque selon la Genèse [Gn V,4] :

« Après être devenu père de Seth, Adam vécut 800 ans. Et il eut des fils et des filles. »

Abraham a épousé sa demi sœur : [Gn XX,12]

«Et de fait, elle est vraiment ma sœur, la fille de mon père, mais pas la fille de ma mère ; et elle m’appartient comme épouse.»

– Les filles de Lot soulent leur père pour le violer et avoir des enfants [Gn XIX, 30 – 38]

– Ruben entretint une relation avec Biha, la troisième épouse de son père Jacob [Gn XXXV, 25]

– Tamar, fille de David, est violée par son demi-frère Amnon, fils de David qui refuse de l’épouser et la chasse de chez lui. Tamar se couvre alors le front de cendres et trouve refuge auprès de son frère Absalom.

Après avoir appris le viol, celui-ci demande à Tamar de se taire et de ne plus y penser, mais prend secrètement Amnon en haine. Lorsque le roi David apprend à son tour le viol, il entre dans une grande fureur mais ne fait rien.

Prémices d’une attitude hélas trop connue qui persiste de nos jours …

Deux ans plus tard Absalom fera assassiner son demi-frère Amnon. [2 – Samuel XII,1 – 22]

Et il n’est pas certain que cette liste soit limitative …

L’antiquité, historique comme mythique, fourmille de cas d’incestes dont le plus célèbre est sans doute celui d’Œdipe…

L’inceste est donc une relation interdite entre personnes ayant un lien de parenté, directe ou collatérale, apprécié suivant les critères de la société où elles évoluent.

Le droit canon précise d’ailleurs au Canon 1091 :

§ 1. En ligne directe de consanguinité, est invalide le mariage entre tous les ascendants et descendants tant légitimes que naturels.

§ 2. En ligne collatérale, il est invalide jusqu’au quatrième degré inclusivement.

Et au Canon 1094  : Ne peuvent contracter validement mariage entre eux ceux qui sont liés par la parenté légale issue de l’adoption, en ligne directe ou au second degré en ligne collatérale.

Ces dispositions étaient susceptibles de dispenses pontificales (notamment pour les mariages entre cousins) généralement accordées pour “raison politique” aux familles princières ou royales, et systématiquement accordées aux familles de bourreaux qui constituaient une société fermée assez particulière de véritables dynasties aux ramifications européennes…

Au Moyen Âge, la parenté spirituelle comptait aussi pour définir l’inceste : toute union parrain-filleule ou marraine-filleul était ainsi prohibée, mais aussi toute union entre un parent (père ou mère) et le parrain ou la marraine de l’un de ses enfants. Etaient également interdites les unions entre frères et sœurs de lait.

Dans l’église de Byzance les prêtres pouvaient se marier, mais ne pouvaient pas épouser quelqu’un qu’ils avaient baptisé ; pour la même raison, on abandonna l’habitude pour les parents de parrainer leur enfant au baptême et on commença à chercher une personne extérieure à la famille.

L’empereur Justinien fut le premier à donner une vision chrétienne dans la législation sur l’inceste dans son Code (529 apr. J.-C.). À partir de Byzance, cette vision chrétienne, dans la législation sur l’inceste, arriva en l’Europe occidentale. La législation la plus sévère fut probablement celle des rois Wisigoths : elle prévoyait la séparation immédiate du couple et l’entrée dans une congrégation religieuse.

Chez les Francs, les Capitulaires de Charlemagne prévoient la peine capitale pour ceux qui commettent le péché de bestialité, d’inceste ou de sodomie.

Le code civil

Le Code civil interdit, depuis 1804, le mariage entre personnes dont les liens de parenté vont jusqu’au troisième degré :

– en ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants, et les alliés de la même ligne (article 161 du Code civil) ;

– en ligne collatérale, le mariage est prohibé entre le frère et la sœur, qu’ils aient deux parents communs ou un seul (article 162 du Code civil) ;

– le mariage entre l’oncle et la nièce ou le neveu, la tante et le neveu ou la nièce, grand-oncle et petite-nièce, n’est possible qu’avec une dispense du président de la République (article 163 du Code civil) ;

– le mariage entre beau-père et bru, belle-mère et gendre est prohibé depuis le Code Napoléon.

Et si le mariage initial a été dissous par divorce, le remariage avec le beau-père ou la belle-mère est rigoureusement interdit ;

– le mariage entre beaux-frères et belles-sœurs, dont l’interdiction était initialement prévue dans le Code Napoléon, est autorisé depuis la loi no 75-617 du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce.

Récemment, la multiplicité des familles recomposées a conduit à inclure les enfants issus d’unions précédentes dans la législation. Le Code reconnaît, depuis la loi du 3 août 2018, l’inceste en tant que qualification pour les viols et agressions sexuelles : d’après l’article 222-31-132, un viol ou une agression sexuelle est qualifié d’incestueux si l’agresseur est un ascendant, un frère, une sœur, un oncle, une tante, un neveu ou une nièce.

De même pour le conjoint, concubin ou partenaire de PACS de l’un de ceux-ci, s’il a une autorité de droit ou de fait sur la victime.

De plus, le fait qu’un viol, une agression sexuelle ou une atteinte sexuelle soit commis par un « ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime » est considéré comme circonstance aggravante.

Le cas d’Olivier Duhamel entre évidemment dans cette dernière catégorie …

L’odieuse objection d’Alain Finkielfraut invoquant l’éventuel «consentement de la victime» pour mieux voler au secours d’Olivier Duhamel lui a d’ailleurs valu de se faire exclure de LCI (et il en est furieux !)

« Quand on essaye de savoir s’il y a eu consentement ou une forme de réciprocité, on vous tombe immédiatement dessus ».

Et d’ajouter lorsque David Pujadas lui a rappelé que la victime présumée était « un enfant de 14 ans » : « Et alors ? D’abord, on parle d’un adolescent, c’est pas la même chose. À chaque fois que vous voulez faire une distinction, ça apparaît comme une absolution. À chaque fois que vous recherchez la spécificité, on vous accuse à peu près de complicité de crime. »

« C’est effectivement pas la même chose » : visiblement Alain Finkielkraut connaît mal son Talmud et n’a pas suivi les cours du rav Mamouch Fenech, sinon il saurait qu’à 14 ans, ce n’est certes plus un enfant, mais on est hors des autorisations !
Cependant l’inceste (union de deux personnes à lien consanguin) n’est pas nécessairement associé à une contrainte.

L’histoire a gardé quelques traces d’amours incestueuses célèbres, sincère et passionnées qui se sont souvent mal terminées

– Parisina Malatesta (fille du condottiere Andrea Malatesta), est la deuxième épouse de Nicolas III d’Este, marquis de Ferrare (autre condottiere célèbre du temps).

Arrivée dans une cour fort libertine et peuplée des innombrables bâtards de son nouvel époux, l’adolescente est surprise en plein adultère avec son beau-fils Ugo en mai 1425.

Emprisonnés, les deux amants sont exécutés le 21 mai.

L’histoire romancée du drame sera contée quatre siècles plus tard par Lord Byron qui écrit le poème Parisina en 1816. (Ce texte sera repris par Felice Romani pour rédiger un livret d’opéra mis en musique par Gaetano Donizetti en 1833…)

Mais la date de 1816 est d’importance: il vient aussi de rompre avec sa femme Anne Isabella Milbanke dite Anabella lassée de ses frasques, de son infidélité incestueuse et de sa bisexualité…

Mais surtout, Lord Byron vient de clore la grande et dramatique histoire d’amour de sa vie qui finit en scandale …

Augusta Leigh est sa demi-sœur (fille du premier lit de son père) mariée avec son cousin le colonel George Leigh, dont elle a de nombreux enfants…. Byron vivra avec elle cinq ans d’une passion dévorante marquée par la naissance de sa fille Elisabeth Médora Leigh-Byron ce qui provoquera un scandale le contraignant à quitter définitivement l’Angleterre …

Julien et Marguerite de Ravalet : les amants incestueux de Tourlaville (Nord Cotentin). Julien et Marguerite de Ravalet sont les enfants de Jean III de Ravalet, seigneur de Tourlaville.

Julien de Ravalet naît en 1582 et Marguerite en 1586 au sein d’une famille qui compte onze frères et sœurs. Rapidement, leur complicité fraternelle se mue en relation incestueuse, qui contraint leurs parents à les séparer. Ils envoient Julien au collège de Coutances à treize ans. Trois ans plus tard, au retour de Julien, Marguerite est mariée à Jean Lefevre de Haupitois, plus âgé qu’elle de trente-deux ans, le 20 mars 1600…

Elle n’avait pas 14 ans !

Son mariage n’est pas heureux et elle fuit le château conjugal, pour retrouver son frère. Ils se cachent à Fougères puis à Paris. Arrêtés le 8 septembre 1603, sur demande de Jean Lefevre, ils sont emprisonnés, jugés pour adultère et inceste, et condamnés à la décapitation.

Jean Lefèvre fera pression avec acharnement pour que sa femme soit condamnée. Malgré une requête de grâce de leur père, ils sont exécutés le 2 décembre 1603 au matin, en place de Grève à Paris, après que Marguerite a accouché. Il avait 21 ans, elle en avait 17 …

Jean V d’Armagnac et sa sœur Isabelle, dite « dame des quatre vallées ».

Jean V d’Armagnac, fils de Jean IV, comte d’Armagnac et de Rodez, et d’Isabelle d’Évreux-Navarre, est né en 1420 et mort le 6 mars 1473 à Lectoure. Vicomte de Lomagne, il devient comte d’Armagnac, de Fezensac et de Rodez à la mort de son père en 1450. Jean V revient alors en Gascogne, il a 30 ans, n’est pas marié, et se retrouve à Lectoure avec sa sœur qui a 10 ans de moins que lui et qui, si on en croit le chroniqueur Mathieu d’Escouchy, “était pour ces temps une des plus belles femmes du royaume de France”.

Mais, dit-on, “si la beauté lui avait été largement dispensée, elle avait la tête un peu faible”

Jean V songe sérieusement à épouser Isabelle. Des hommes de loi, des théologiens sont consultés et concluent qu’il faut obtenir une dispense du Pape Nicolas V. On en fait la demande, mais le “ménage” a déjà deux enfants. La réponse du Pape est nette : non sous peine d’excommunication pure et simple.

Jean V attend quelques mois, fait courir le bruit qu’il détient la dispense du Pape, fait célébrer son mariage officiel avec Isabelle par un curé qu’il réussit à circonvenir en le menaçant de le jeter dans la Loire s’il n’obtempère pas

Puis Isabelle a un troisième enfant…

Le Pape, apprenant cela, enrage contre ce “couple” et prononce à leur égard une excommunication majeure.

Le 17 juin 1455, le Roi, par écrit, réclame Isabelle pour la faire surveiller et exige de son frère une obéissance absolue.

Jean V se réfugie alors dans la Vallée d’Aure en lieu sûr ; car de là il peut en quelques heures franchir la frontière espagnole. De son côté, Isabelle atteint le Comté de Palhars à la limite de la Catalogne et de l’Aragon puis élit domicile à Valence, la capitale de cette Seigneurie.

Jean V, repoussé par l’armée du Roi se réfugie en Aragon chez son oncle maternel Jean II d’Aragon.

Celui-ci lui conseille de faire une nouvelle démarche auprès de la Cour de Rome. En effet, le Pape Nicolas V, décédé, est remplacé par Callixe III. Obstiné, Jean V n’abandonne pas du tout l’espoir d’obtenir du nouveau Pape la fameuse dispense régularisant son mariage incestueux.

Charles VII meurt en juillet 1461, le Dauphin, futur Louis XI, accède au trône.

C’est une aubaine pour Jean V car ils se trouvent être compagnons de guerre. Alors, le pardon est accordé, et ses titres et biens confisqués sont restitués.

Il rentre en France, bientôt suivi par sa sœur, et se retrouve à la tête de ses Seigneuries.

L’année suivante, 1462, Isabelle reçoit de son “mari-frère” la jouissance des quatre petites Seigneuries dites de Quatre-Vallées (Aure, Neste, Barousse et Magnoac) sous condition formelle qu’elle ne se (re)marie pas ou entre en religion.

Elle élève les trois enfants qu’elle a eus de son frère, les désignant comme ses neveux et nièces.

Après une attaque, elle devient paralysée, et elle mourra le 4 août 1476 à 45 ans.

Quant à Jean V, après maintes péripéties, il avait succombé lors de la prise de Lectoure sous les coups d’un archer français du nom de Pierre de Gorgias le 6 mars 1473.

Un inceste qui tint la monarchie française et la papauté en haleine durant vingt ans! Un cas unique …

Pour finir évoquons le cas de l’inceste domestique le plus connu : l’oncle et la nièce « gouvernante et plus si affinités » …

Fille de Pierre-François Mignot, seigneur de Montigny, conseiller du roi, et de Marguerite-Catherine Arouet, Marie-Louise Mignot dite Mme Denis est la nièce de Voltaire.

Elle épouse par amour Nicolas-Charles Denis, officier, le 25 février 1738 à Paris, ce qui provoque sa brouille avec Voltaire qui lui voyait un meilleur parti.

Elle prend alors le nom de « Madame Denis » et signe ses écrits avec cette signature.

Son époux meurt prématurément le 12 avril 1744.

Elle ouvre alors un salon à Paris et renoue avec Voltaire, qui va en faire sa “gouvernante”.

Et dès 1745 ils entament une relation amoureuse qui durera 33 ans…jusqu’à sa mort (1778). Mais on ne songe jamais au caractère incestueux de cette relation …

Marie-Louise Mignot liquide aussitôt les biens de Voltaire, dont elle est l’héritière, et se remarie à Paris le 8 janvier 1780 à François du Vivier, commissaire des Guerres, plus jeune qu’elle de treize ans.

Une pseudo veuve joyeuse….


  1. Voir l’excellent ouvrage de Juda le prince «Talmud, voyage au bout de la nuit» – Préface de l’abbé Rioult –  Ed. Saint Agobard- 2020
    En particulier, les chapitres VIII et IX expliquent comment les sentences talmudiques s’opposent de fait à tout interdit systématique en matière de pédophilie qui est non seulement permise mais codifiée en fonction de l’âge et du sexe.
    Une excellente approche du talmud pour ceux qui souhaitent s’initier à cet ouvrage fleuve, peu accessible car seulement traduit en anglais par des érudits juifs – édition américaine Soncino (10 000 Pages !) https://archive.org/stream/TheBabylonianTalmudcompleteSoncinoEnglishTranslation/The-Babylonian-Talmud-Complete-Soncino-English-Translation#mode/2up
    C’est la base de la vision post christique du judaïsme, et de l’enseignement rabbinique, de fait post déiste : le talmudisme est une religion d’observance où « foi est un mot creux » selon Daniel Horowitz qui souligne : «  Le monothéisme tel que le propose le judaïsme ne postule pas à proprement parler l’existence de Dieu. » Tout un programme … https://nouveau-monde.ca/fr/une-approche-du-judaisme-daniel-horowitz/