Joseph Ratzinger – Benoît XVI et le ministère pétrinien par Christian Gouyaud

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L’abbé Christian Gouyaud, prêtre du diocèse de Strasbourg, docteur en théologie et enseignant, a commis une étude passionnante « pour qui veut comprendre en profondeur le pontificat de Benoît XVI » comme le dit à raison le Cardinal Robert Sarah dans sa préface très encourageante.


Rédaction NSP
Franck Abed

Sarah écrit également : « Gouyaud a eu l’intuition novatrice de faire une véritable lecture théologique de ce pontificat. Il a su en dégager la cohérence interne et en exposer les lignes fondamentales en une synthèse magistrale ». Dans le même ordre d’idée, le préfacier ajoute que l’auteur « a également montré comment Joseph Ratzinger a élaboré dès les premières années de son enseignement une conception originale du ministère pétrinien et de la fonction épiscopale ».
Ce livre entend répondre à plusieurs questions. Nous citons celles qui ont le plus retenu notre attention : « Comment J. Ratzinger-Benoit XVI s’est-il représenté la figure de Pierre dont il devait être l’un des successeurs ? Quelle conception avait-il du primat de l’évêque de Rome qu’il devait exercer ? Comment le puissant théologien percevait-il à la fois l’équilibre et la tension entre ce primat et le collège épiscopal ? » Toutefois, avant de se lancer dans ces analyses très intéressantes, il prend le soin de préciser que « l’œuvre ecclésiologie de J. Ratzinger-Benoit XVI est immense et, de ce fait, nous ne pouvons prétendre à l’exhaustivité. Si l’évolution de sa pensée n’est pas nécessairement linéaire, on peut cependant parler d’une cohérence entendue au sens d’une fidélité principielle ». Comme l’écrivait en effet Benoît XVI lui-même dans Caritas in Veritate, « cohérence ne signifie pas fermeture, mais fidélité dynamique à une lumière reçue ».
L’auteur commence son propos en évoquant la figure centrale de Pierre et son rôle aux premiers temps de l’Eglise. Il explique et démontre le choix de Jésus pour le désigner comme chef après Lui. Par la suite, l’Eglise enseignera que Pierre a été placé « au-dessus des autres Apôtres » pour que « l’épiscopat fût un et non-divisé », étant ainsi établi « le principe durable et le fondement visible de l’unité de la foi et de la communion ».  Ainsi, le Vicaire du Christ a un poids énorme sur les épaules. Nous lisons : « Il incombe au Pape de porter un poids surhumain sur des épaules humaines ».
De même, Gouyaud n’élude pas les rapports parfois compliqués que peuvent entretenir le collège des Evêques et le premier d’entre eux, à savoir le Pape. Lors du concile Vatican I, le dogme de l’infaillibilité papale avait été défini. Il énonce qu’un Pape ne peut se tromper dans son pouvoir ordinaire et extraordinaire lorsqu’il s’exprime ex cathedra en matière de foi et de mœurs. Cependant, l’auteur estime que « Vatican I est un concile inachevé ». Il pense « qu’une doctrine sur l’épiscopat et même, d’une certaine manière, sur la collégialité était de surcroît dans les tuyaux du 1er concile du Vatican ».
De fait, nous ne le suivons pas quand il exprime un avis personnel sur le concept de démocratie ou de démocratie appliquée à l’Eglise ou à l’intérieur de Celle-ci. Par conséquent, ses différents points de vue au sujet de Vatican II ne recueillent nullement nos faveurs. Ainsi et selon nous, Gouyaud ne tire pas les conclusions qui s’imposent concernant l’échec majeur et définitif de l’œcuménisme ou même plus exactement du dialogue interreligieux. Pour lui, et comme pour beaucoup de conciliaires, il y a eu le vrai concile Vatican II et le « concile des médias » qui a dénaturé voire détourné les travaux initiaux. Toutefois, cette analyse ne masque nullement les différentes controverses entourant Vatican II, controverses qui rappelons-le reposent sur de véritables arguments théologiques et philosophiques. Toutefois, il note que la collégialité a renforcé la bureaucratie, en atténuant le rôle de l’évêque et en affaiblissant la position du Pape.
Ainsi, il prend le soin de constamment exposer les fondements théologiques et historiques du ministère pétrinien dans des pages convaincantes. Ces dernières rappellent les différences majeures existant entre le catholicisme et les autres religions. Il précise également l’importance de la primauté de Pierre dans les travaux du cardinal Ratzinger puis dans le gouvernement de Benoit XVI. C’est un livre dense qui analyse un sujet fondamental pour les catholiques que nous sommes. N’oublions par les phrases de Jésus qui en s’adressant à Pierre citait le prophète Zacharie : « Je frapperai le berger et les brebis du troupeau seront dispersées ». Aucun catholique ne peut et ne doit faire l’économie de la réflexion concernant le Vicaire du Christ, comme nous pouvons malheureusement le constater chaque jour…

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