La Commune, arnaque maçonnique et républicaine contre Dieu et le roi

dans Franc-Maçonnerie/Réflexions & Histoire

Victorieux le 8 mai 1870, plébiscité par 7.336.434 électeurs, enthousiastes ou résignés – il n’y a que 1.560.709 Non – Napoléon III s’effondre quatre mois plus tard sous la poussée de quelques milliers d’insurgés parisiens. Le Gouvernement provisoire proclame la République. Sur douze membres, neuf sont adeptes de la franc-maçonnerie : Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux (1), Jules Favre (2), Jules Ferry, Léon Gambetta, Garnier-Pagès, Eugène Pelletan, Ernest Picard, Jules Simon.


Rédaction NSP
Henry Coston-Klara von Kustnitz

Ils appartiennent à cette fraction du Grand Orient et du Rite Ecossais qui frondaient l’Empire libéral et prônaient la République.

Tout autant que leur patriotisme, leur républicanisme s’accommode mal d’une défaite que suivrait une paix négociée par d’autres qu’eux-mêmes. Les armées de l’Empereur sont battues ? Soit, mais celles de la République résisteront. En tout cas, il n’est pas question de laisser signer une paix qui compromettrait la République que leurs amis parisiens viennent d’instaurer et que la province subit sans y adhérer forcément. S’ils l’oubliaient, d’autres maçons, plus durs et plus purs, viendraient le leur rappeler, à commencer par le Frère Félix Pyat qui, dans Le Combat, affirme qu’il ne peut être question de capituler devant le roi de Prusse, ni d’accepter la Paix que le maréchal Bazaine demande au nom de l’empereur prisonnier.

La commune, dont Pyat sera précisément l’un des chefs, devait naître un peu plus tard de ce refus du peuple de Paris d’accepter la défaite : “Pas d’armistice ! La guerre à outrance ! La Commune !” avait-on crié autour de l’Hôtel de Ville lorsque la reddition de Metz fut officiellement connue.

Gambetta, qui avait tenté de soulever les provinces contre l’envahisseur assiégeant Paris, n’accepta pas de gaîté de coeur l’armistice signé par Jules Favre avec Bismarck. Aux termes de cet armistice, une Assemblée nationale convoquée devait se prononcer ” sur la question de savoir si la guerre doit être continuée, ou à quelles conditions la paix doit être faite”. L’état d’esprit des électeurs de province, très différent de celui des électeurs parisiens, inquiétait fort Gambetta. Le ministre de l’Intérieur du Gouvernement provisoire redoutait que les provinciaux, restés attachés aux familles ayant régné sur la France, ne votassent pour les candidats se réclamant d’elles. Il signa donc un décret excluant les candidatures des princes, anciens fonctionnaires de l’Empire et des sénateurs et députés compromis avec le régime impérial.

Grâce à cette habile manoeuvre, qui rappelle les mesures d’épuration de 1944 et ses inéligibles, Gambetta comptait bien écarter de l’Assemblée Nationale à élire les non-républicains. Mais Bismarck ne voulait traiter qu’avec un interlocuteur valable, comme on dirait aujourd’hui, représentant vraiment le corps électoral tout entier ; il intervint donc vigoureusement et Gambetta dut s’incliner. Mais il refusa de se plier à ce qu’il appelait une “insolente prétention” et il remit sa démission de tous les pouvoirs réunis en sa personne.

Les élections eurent lieu le 5 février 1871, dans la Seine, et le 8 février, dans les autres départements. Paris, au cri de “Guerre à outrance ! “élut des républicains, très à gauche pour la plupart ; la province, des conservateurs, environ 430, une centaine de républicains modérés et quelques douzaines de radicaux et de socialistes. Ce que le Frère Gambetta avait craint se produisait donc : les électeurs provinciaux, en se prononçant pour la paix, avaient envoyé siéger à l’Assemblée Nationale une majorité monarchiste.

Malgré tout, et parce que certains de ses membres les plus en vue avaient eu la sagesse de ne pas se compromettre avec les jusqu’auboutistes, la Maçonnerie eut un homme à elle à la présidence de cette assemblée conservatrice et catholique : Jules Grévy, un adepte de la loge La constante Amitié, orient d’Arras, qu’une revue maçonnique très officielle devait, dix ans plus tard, qualifier de Très Illustre Frère (3). Après avoir élu Grévy, l’Assemblée choisit un chef du pouvoir exécutif : elle désigna Thiers, qui avait été élu dans 26 départements et jouissait de la confiance d’un grand nombre de députés orléanistes et républicains. Détail qui a peut-être son importance, Thiers avait été carbonaro.

Bien que se déclarant, depuis longtemps déjà, “du parti de la Révolution”, Adolphe Thiers n’en défendit pas moins la République conservatrice naissante contre les assauts des révolutionnaires. Ce bourgeois, qui se réclamait des grands ancêtres, allait noyer dans le sang la tentative de leurs imitateurs.

Lorsque Thiers eut fait accepter par l’Assemblée réunie à Versailles (546 voix pour, 107 voix contre, 23 abstentions) les clauses du Traité de paix imposé par la Prusse et qu’il prétendait “soumettre Paris” où la colère grondait contre la majorité parlementaire, ce fut le drame. L’explosion populaire du 18 mars 1871 – explosion de patriotisme du peuple parisien ulcéré par “la capitulation versaillaise” – marqua le début de la guerre civile qui fit, de part et d’autre, de pitoyables victimes.

La Franc-Maçonnerie parisienne – et, en province, de nombreuses loges furent sympathiques – prit dès le début position pour la Commune. Une sorte de petit convent réunit au Châtelet, le 26 avril 1781, des maçons de tous rites. Après avoir élu pour orateur un des membres les plus connus du Parti radical, le Frère Floquet, cette assemblée adopta la résolution suivante : “ayant épuisé tous les moyens de conciliation avec le gouvernement de Versailles, la Franc-Maçonnerie est résolue à planter ses bannières sur les remparts de Paris ; et si une seule balle les touchait, les FF:. MM:. marcheraient d’un même élan contre l’ennemi commun” . 

Puis l’assistance se rendit à l’Hôtel de Ville où la Commune offrit à la Franc-Maçonnerie un drapeau rouge en souvenir de cette journée. Il fut alors convenu que les loges de Paris se rassembleraient le 29 pour se rendre aux remparts.

Au jour dit, les délégations des loges participantes se groupaient tout au long du quai Conti, puis se dirigèrent en cortège vers l’Hôtel de Ville.

“Paris est là, relate M. J.-A. Faucher, en foules compactes, et malgré la bataille qui fait rage vers Neuilly et vers Asnières, malgré les bombardements qui  accablent Issy et Vanves, les badauds ont voulu voir les Francs-Maçons qui pour la première fois sortent du mystère de leurs loges et affrontent, bannières déployées et rubans en sautoir, la curiosité populaire. Quelques dignitaires du Grand-Orient ont fait coller cette nuit une affiche dans laquelle ils protestent contre cette manifestation, mais au rendez-vous des loges parisiennes, dans la cour du Carrousel, 6000 Francs-Maçons, appartenant à 55 loges différentes sont déjà rassemblés. Six membres de la Commune sont là qui ont reçu mission de les conduire jusqu’à l’Hôtel de Ville tout au long d’un parcours où la foule se presse et que gardent les fédérés en armes. Une musique prend la tête du cortège et va jouer des hymnes rituels, cependant que derrière les membres de la Commune vont prendre place les Grands-Maîtres, précédent 65 bannières de loges, et toute une foule d’initiés qui, suivant leur grade, arborent des rubans bleus, verts, blancs, rouges ou noirs. Une loge de femmes suit le défilé.”

Pour beaucoup de Parisiens, cette manifestation prouvait que la Maçonnerie soutenait à fond la Commune. La puissante société secrète, pensaient-ils contraindrait Thiers à capituler.

“Tous les élus de Paris sont rassemblés dans la cour Louis XIV pour accueillir les députés des Loges. Les bannières se sont alignées. Les musiciens ont joué La Marseillaise. Puis, Félix Pyat a parlé au nom de la Commune, il a salué ce grand jour. Beslay a ensuite exprimé son émotion devant cette manifestation si lourde de symboles. Léo Meillet a présenté le drapeau rouge aux Francs-Maçons en termes chaleureux.”

Le Frère Thirifocq prononça alors une courte allocution : “La Commune, s’écria-t-il, est la plus grande révolution qu’il eût été donné au monde de contempler. Elle est le nouveau temple de Salomon, que les francs-maçons ont le devoir de défendre.”

Il expliqua que tous les vénérables se rendraient aux remparts pour planter leurs bannières sur la ligne de feu : “Et nous dirons à ceux qui tirent en ce moment  sur Paris : “Soldats de la même patrie, venez nous embrasser, et que la paix soit faite ! ” “Il explique, ajoute M. Faucherque si cet appel n’est pas entendu, la Maçonnerie se dressera dans toutes les provinces de France et que ses Frères supplieront les troupes de ne pas marcher contre Paris, parce que tous les Francs-Maçons sont solidaires, parce que désormais tous les Francs-Maçons sont aux côtés de la Commune de Paris et que quiconque tire sur le peuple de Paris dresse contre lui les Francs-Maçons de partout…”

Et puis, les Vénérables, suivis d’une assistance nombreuse, prirent la direction des portes de Paris afin d’aller planter leurs bannières aux premières lignes. Un Frère, appartenant à la Loge La Persévérance, revendiqua l’honneur de planter sa bannière avant toutes les autres.

“A deux heures, les bannières maçonniques arrivent au rond-point des Champs-Elysées. Les obus du Mont-Valérien tombent si nombreux autour de l’Arc de Triomphe que les délégués des Loges doivent gagner les remparts par les petites rues voisines. Les Vénérables plantent leurs bannières tout au long de la ligne de combat, de la porte Bineau à la porte Maillot. Le Frère Thiricocq arbore la sienne à l’endroit le plus dangereux de la porte Maillot. Le général Montaudon qui commande là appartient lui-même à la Franc-Maçonnerie. Il ne se résoud pas à faire tirer sur ses frères et ordonne le cessez-le-feu. Une délégation maçonnique s’avance par l’avenue de Neuilly et un officier versaillais l’accompagne jusqu’au pont de Courbevoie où le général la reçoit. – Je ne suis qu’un soldat, dit-il, J’obéis aux ordres. La seule chose qu’il me soit permis de faire, c’est d’ordonner une trêve pour permettre à vos délégués de se rendre à Versailles et de faire cesser le tir jusqu’à leur retour. La bataille cesse immédiatement, de Neuilly à Saint-Ouen. Et les Vénérables décident de monter la garde près des bannières toute la nuit, en attendant le retour de leurs délégués. Cependant, on raconte dans la foule qu’un Frère du Rite écossais a été atteint par une balle alors que les délégués descendaient l’avenue de la Grande Armée. tous les hauts dignitaires de la Maçonnerie se réunissent dans un immeuble de l’avenue Wagram et attendetn la réponse d’Adolphe Thiers à leur démarche.”

Thiers fit longtemps attendre sa réponse. finalement, il déclara aux francs-maçons qu’il s’en tiendrait à ce qu’il avait déjà dit : les hostilités continueraient tant que les insurgés n’auraient pas capitulé.

Une autre manifestation maçonnique eut lieu le 2 mai. 10.000 francs-maçons se rassemblèrent place de la Concorde, derrière deux drapeaux rouges que décoraient les insignes de l’Ordre. A 3 heures, devant des milliers de spectateurs massés sur les grands boulevards, les francs-maçons défilèrent jusqu’au Cirque Impérial. Un manifeste, signé de la Fédération des Francs-Maçons et des Compagnons de Paris confirma, le 5 mai suivant, les intentions des loges parisiennes :

Frères en maçonnerie et Frères compagnons,

Nous n’avons plus à prendre d’autres résolutions que celle de combattre et de couvrir de notre égide sacrée la cause du droit. armons-nous pour la défendre ! Sauvons Paris ! Sauvons la France ! Sauvons l’humanité ! Paris, à la tête du progrès humain, dans une crise suprême, fait appel à la Maçonnerie universelle, aux compagnons de toutes les corporations ; il crie : A MOI LES ENFANTS DE LA VEUVE ! Cet appel sera entendu par tous les francs-maçons et compagnons ; tous s’uniront pour l’action commune, en protestant contre la guerre civile, que fomentent les souteneurs de la monarchie… (sic) VOUS AVEZ BIEN MERITE DE LA PATRIE UNIVERSELLE, vous avez assuré le bonheur des peuples pour l’avenir.

Vive la République ! Vivent les communes de France fédérées avec celles de Paris ! ”

Négligeant les timides protestations qui s’élevèrent çà et là dans les milieux maçonniques, les frères communards renouvelaient leur engagement dans une nouvelle proclamation:

Francs-Maçons de tous les rites et de tous les grades, la Commune, défenseur de vos principes sacrés, vous appelle autour d’elle ! Vous l’avez entendue, et nos bannières vénérées sont déchirées par les balles, brisées par les obus de ses ennemis. Vous avez répondu héroïquement ! Continuez avec l’aide de tous vos frères et de tous les compagnonnages ! L’instruction que nous avons reçue dans nos ateliers dicte à chacun de nous le devoir sacré que nous avons à remplir ! Heureux ceux qui tombent glorieux dans cette lutte sainte ! 

La solidarité maçonnique se manifesta sur le plan international par des prises de position plutôt platoniques. Les loges italiennes furent les plus enthousiastes : l’adresse de sympathie qu’elles envoyèrent à leurs frères communards était une “approbation sincère venant du coeur.”

Il est probable que les bourgeois qui formaient alors les cadres de la Maçonnerie internationale se sentaient assez peu enclins à soutenir, autrement que du bout des lèvres, un mouvement qu’ils jugeaient perdu d’avance et qui ne les concernait point. Cette attitude fut également celle de plusieurs loges françaises de province : plus modérées dans leur comportement, sinon dans leurs convictions, prévoyant la fin lamentable de cette aventure révolutionnaire, ces frères se gardèrent bien d’intervenir au côté des combattants de la Commune.

A bon droit, l’historien maçon Albert Lantoine rappelle que le Suprême Conseil et le Grand Orient s’étaient bien gardé de sanctionner officiellement le geste à la fois symbolique et politique des francs-maçons parisiens “aux bonnes intentions compromettantes” : “Ils les désavouèrent même, en quoi ils agirent sagement, d’abord par obéissance à leur principe de neutralité, ensuite par prudence.”

Mais les maçons qui n’avaient pas rallié la Commune et ne s’étaient pas compromis avec elle n’en agirent pas moins auprès de l’Assemblée Nationale en faveur de “la conciliation, la proclamation des franchises communales et de la République.”

Parmi ces conciliateurs, figuraient en particulier, les francs-maçons de Bordeaux, qui réclamaient la fin de cette guerre fratricide dans un appel à l’opinion signé par leurs Vénérables. Ces interventions incitèrent, sans doute, l’ancien carbonaro Thiers à résister aux sollicitations de certains députés de droite qui le poussaient à engager des poursuites contre la Franc-Maçonnerie.

Cependant, note M. Faucher, “dès l’ouverture du premier procès de la Commune devant le 3ème conseil de guerre de Versailles, que présidait M. Merlin, colonel du 1er régiment du génie, la Franc-Maçonnerie se trouva mise en cause.”

C’est ainsi que dans son réquisitoire, le commissaire du gouvernement reprocha au communard Assi d’être membre de l’Internationale et de la Franc-Maçonnerie et d’avoir profité de ses relations “dans ces deux sociétés” et comme lieutenant-colonel du 192ème bataillon de la Garde Nationale, d’être arrivé à se faire nommer eu Comité Central de la Commune.

“Le dimanche 21 mars, ignorant encore l’entrée des troupes versaillaises dans Paris, Assi avait été fait prisonnier par surprise dans le 16ème arrondissement où il se rendait à cheval à la poudrière de la rue Beethoven.”

Le communard Assi reconnut son appartenance à la Franc-Maçonnerie comme devait reconnaître la sienne, le frère Parent, élu à la Commune par le 9ème arrondissement. Assi fut condamné à la déportation et Parent fut acquitté. Il est vrai que ce dernier avait bénéficié d’un témoignage de moralité hors pair, celui du commandant Martin du Nord, venu garantir son “ineffable amour de la patrie.”

Quelques mois plus tard, cette fois devant le tribunal correctionnel, comparut l’officier de santé Paget-Lucipin, que la Commune avait nommé directeur de l’Hôtel-Dieu. L’accusation lui reprochait notamment d’avoir fait apposer les scellés sur le logement du premier aumônier de l’hôpital  et d’avoir fait retirer les crucifix des salles de l’établissement parce qu’il était franc-maçon. Le Frère Paget-Lucipin reconnut les faits, mais allégua, pour sa défense, que c’était “par respect pour la liberté de conscience” qu’il avait agi ainsi. Il fut condamné à un an de prison.

On pourrait demander dans quelles conditions les nombreux membres de la Commune et des bataillons fédérés qui appartenaient aux loges parisiennes ont pu bénéficier, pour échapper à la répression de l’appui de leurs frères. Comme il fallait s’y attendre, les frères sollicités par les hommes en fuite, adoptèrent des attitudes fort différentes. Nous avons conservé à ce sujet le témoignage de Francis Privé. ayant pu s’échapper du Père-Lachaise après les derniers combats en sautant le mur du cimetière, il s’introduisit dans un débit de boissons voisin où il s’efforça d’effacer de ses mains les traces de la poudre qui l’auraient désigné aux soldats versaillais comme un combattant en fuit. Privé réussit à gagner la rue de Charonne où demeurait un membre de sa loge et il lui demanda asile. Non seulement ce dernier refusa de risquer la mort pour le sauver, mais encore il se déclara en tous points solidaire du gouvernement de Versailles. Privé se retira immédiatement. Mais rapportant plus tard ce fait à Maxime Vuillaume, il ajoutait qu’il devait trouver pour le sauver d’autres francs-maçons qui ne le connaissaient pas, qu’il n’avait jamais rencontrés, et qui cependant risquèrent leur vie pour l’aider à échapper à la police.

Il est probable que c’est l’aide de ces initiés qui permit à Thiricocq, sous l’impulsion duquel les loges parisiennes avaient rallié la Commune, et à ses frères Jourde, F. Pyat, B. Malon, Montel et J-B. Clémént d’échapper à la répression versaillaise.

Les héritiers de ces maçons prudents et efficaces, chaque années, depuis des lustres, sur convocation du Bulletin des loges de la Région parisienne, défilent, bannières déployées, au pélerinage habituel du Mur des Fédérés…

Rendons à César ce qui est à César. Aucun de ces Frères et Sœurs n’est tombé devant le mur des Fédérés où le G.O.D.F. s’autocongratule chaque année au nom des grands principes.

Louis Blanc, député socialiste, à l’instar d’autres dignitaires de la maçonnerie, avait à l’Assemblée de Versailles publiquement désavoué la Commune. Celui-ci était partisan d’un « socialisme autoritaire » concrétisé dans sa célèbre formule «  A chacun selon ses besoins, à chacun selon ses facultés ». Planqué à l’étranger pendant le Second empire, il ne revint en France que pour siéger à l’Assemblée en 1876.

Félix Pyat, belliciste forcené, auteur du fameux cri « la guerre à outrance ! » et qui dans Le Combat affirme qu’il ne peut être question de capituler devant le roi de Prusse, se cacha courageusement à Londres pendant la semaine sanglante et ne revint qu’une fois prononcée l’amnistie des communards en 1880.

Louise Koppe, dont la seule et très respectable action politique fut la fondation de la Maison maternelle qui accueillait les enfants déshérités, n’a pour seul rapport avec la Commune que d’avoir été initiée au Droit Humain, seule obédience de cette époque à daigner accueillir les femmes. La chère sœur est morte de sa belle mort en 1906. Paix à son âme.

Gustave Lefrançais, quant à lui, a pris la poudre d’escampette en Suisse lors des événements et n’est rentré en France qu’après l’amnistie de 1880.

Courageux mais pas téméraires, nos héros se sont carapatés comme de vulgaires rongeurs face à Raminagrobis.

La maçonnerie aimerait bien avoir des héros morts au champ d’honneur mais voilà, on ne meurt pas au champ d’honneur de la bourgeoisie et pour le Veau d’or. Le Français meurt pour Dieu et son Roi. Le maçon court encore.

La franc-maçonnerie s’invente un glorieux passé héroïque, oubliant au passage que si les Vénérables Maîtres et Respectables Frères, environ 6 000 membres de 55 loges, ont fait les malins en défilant le cordon en sautoir et la bannière déployée pour soutenir la Commune, la plupart des membres des loges de France , ne manifestant aucune solidarité maçonnique et prévoyant la fin grotesque de cette lamentable aventure révolutionnaire appliquèrent la tactique du « chacun pour soi » et désavouèrent leurs frères, jugeant que tout cela ne les concernait point.

Bien sûr, lors des procès de la Commune, la maçonnerie fut mise en cause et tous les chefs communards ne s’en tirèrent pas à si bon compte. Les moins malins furent condamnés à mort mais virent leur peine commuée en travaux forcés. Il leur suffit d’attendre l’amnistie et de revenir prendre les places que la république leur avait réservées, à l’instar du fuyant Félix Pyat qui finit sénateur et député de la République.

Et de nous citer, toujours dans le discours du 1er mai 2018, les « 30 000 morts tombés sous les balles des Versaillais. » Corrigeons ce chiffre à l’aide de l’Histoire. Clio n’aime pas qu’on la viole. Les morts furent au nombre de 20 000, ce qui est aussi considérable mais moins élevé que 30 000.

Après l’émeute du 18 mars 1871 et la fuite à Versailles du carbonaro Adolphe Thiers, Paris est abandonné. La fuite est une manie chez les membres des sociétés secrètes, carbonari ou francs-maçons. Les ouvriers parisiens révoltés vont offrir une bonne fois pour toute à la bourgeoisie financière l’occasion de se débarrasser de l’encombrante question sociale.

Le petit peuple de Paris s’estime trahi par un gouvernement qui l’a vendu à l’ennemi et se retrouve livré aux mains de nostalgiques de 1793 et d’affidés des loges, des socialistes et des utopistes qui voient là l’occasion de renouveler le Grand Soir et qui, en le poussant au combat, seront responsables des dizaines de milliers de morts.
Comme l’écrivait le journal Le Figaro dans son édition du 20 mars 1871 en publiant l’avertissement du gouvernement au peuple : « gare aux hommes malintentionnés, qui sous prétexte de résister aux Prussiens qui ne sont plus dans vos murs, se sont constitués les maîtres d’une partie de la ville. »

Qui d’autres que les francs-maçons, fomentateurs de révolte, désignait cette phrase ?

Les Jacobins ont toujours su utiliser le petit peuple de Paris pour se hisser au pouvoir. 1793, 1871, même combat.

Et la république fut. On connaît la suite.

Source : La République du Grand-Orient, Henry Coston (Edition La Librairie française). 

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