La culture du cannabis pour sauver les agriculteurs ?

dans NSP Express

Les partisans d’une libéralisation du cannabis semblent ne jamais devoir désarmer et continuent de cheminer depuis des décennies par les voies les plus détournées.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Argument fallacieux simplifié à l’extrême et usé jusqu’à la corde : la prohibition et les interdictions ont échoué jusqu’à ce jour, donc autant libéraliser pour mieux contrôler et encadrer. Un argument que nos libertaires ne semblent curieusement pas prêts à appliquer au commerce des armes, par exemple. Comme si, de plus, n’existait aucune étude scientifique confirmant cette évidence que partout où la légalisation a eu lieu, la consommation s’est littéralement envolée.

De puissants courants œuvrent à la légalisation du cannabis en jouant sur la distinction entre le cannabis thérapeutique et le « récréatif ». Le cannabidiol ou CBD, principe actif du premier ne devant être confondu avec le tétrahydrocannabinol ou THC, principale molécule aux effets psychotrope du second. Un état-membre de l’Union européenne ne peut d’ailleurs interdire la commercialisation de cannabidiol issu de cultures européennes.

Conformément à un vote de 2019 légalisant le cannabis utilisé à titre thérapeutique, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives prépare un décret qui autorisera non seulement le commerce de CBD, mais aussi la récolte, interdite à ce jour, de la fleur de chanvre, dont cette molécule est extraite. Selon un engrenage chronologique parfaitement daté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait d’ailleurs proposé en 2018 de retirer le cannabis de la catégorie des substances aux propriétés dangereuses, ceci en dépit des nombreuses études scientifiques prouvant les effets dévastateurs du cannabis sur la destruction des neurones et des capacités cognitives comme sur son implication dans la délinquance, la dépression, la violence…

Les bobos s’intéresseraient-ils aux agriculteurs ?

Il est à noter que l’offensive pour la légalisation est aujourd’hui relancée par toute une mouvance libertaire tel le laboratoire d’idées « Génération libre » dont le président Gaspard Koenig, après un passage, comme Jacques Attali, à la Banque européenne de restructuration et de développement (BERD) a été adoubé Young Leader de la French-American-Fondation en 2017. Sans parler, bien entendu du quotidien anarcho-capitaliste Libération et de tout le ban et l’arrière-ban du gauchisme archaïque.

Un amalgame soigneusement entretenu entre culture et consommation de dérivés autorisés ou non du chanvre industriel, entre CBD et THC, entre les filières industrielles, bien-être ou récréatives permet à tous ces partisans de la dépénalisation d’avancer leurs pions dans un domaine particulièrement complexe.

Suprême argument prouvant que parfois les agriculteurs peuvent intéresser nos élites : la culture du cannabis pourrait apporter un second souffle à des centaines d’agriculteurs prêts, nous affirme-t-on, à se lancer dans sa culture. Avec emphase, certains plumitifs évoquent même un pétrole vert comme si cette culture pouvait échapper aux taxations confiscatoires et aux règles communautaires européennes à l’origine de la ruine de nos agriculteurs. Gageons qu’avec la banalisation du cannabis à usage thérapeutique, nous assisterons très prochainement à d’importantes modifications législatives, au nom de la sécurité, la santé, l’emploi, du niveau de vie des agriculteurs et on en passe…