La dette publique française bat tous les records

dans Tour d'horizon

La dette publique française vient d’enlever un nouveau record au deuxième trimestre de cette année en augmentant de 200 milliards d’euros (199,9 pour être précis) pour un montant total s’établissant à 2 638,3 milliards, soit 114,1% du Produit intérieur brut. Il s’agit de la plus forte augmentation trimestrielle jamais constatée depuis la création de l’indice en 1995.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

L’équivalent de deux ans et demi de la totalité de l’impôt sur le revenu, en trois mois… Rien de bien étonnant si l’on considère la prodigalité du gouvernement d’un État  exsangue distribuant les milliards comme s’il en pleuvait. En observant cette folle générosité, les poches vides, comment ne pas évoquer la boutade bien connue affirmant qu’il est suffisamment pénible d’être pauvre, si en plus il fallait commencer à se priver. A la part importante prise dans cette dette par les administrations locales (+2,7 milliards), au report de cotisations alloué aux entreprises, au coût du chômage partiel de longue durée, généreusement accordé et à la baisse des recettes liée au ralentissement de l’activité, se surajoute une dette de plus de 84 milliards d’euros des organismes de la Sécurité sociale (Acoss, Cades, Unédic, CNAF, hôpitaux…).
Même si l’on continue à gloser ici et là sur la confiance des milieux financiers dans la signature de la France, c’est-à-dire en sa solvabilité, le discours se fait plus circonspect sur la position de notre pays dans le peloton de queue de l’Union européenne en matière d’endettement. En effet, sur les 27 nations la constituant, seul un quintette de cancres affiche une endettement supérieur à 100% de leur Produit intérieur brut (PIB). Au premier trimestre 2020, la Grèce présentait un endettement de 176,7%, l’Italie : 137,6%, le Portugal : 120%, la Belgique : 104,4% et la France : 101,2%. A noter que la France aura subi une hausse, inimaginable il y a peu, de 12% en un trimestre. Du jamais vu qui risque, sans préjuger des évolutions des quatre autres nations les plus surendettées de l’Union européenne, de nous faire gravir un ou deux échelons dans ce palmarès de la honte. Pendant ce temps, seize nations membres de l’Union européenne ont réduit leur dette.

Vers une dette à 125% du PIB

Les prévisions les plus modérées font état d’un endettement de la France à hauteur de 117,5% pour cette fin d’année mais il s’agit sans doute d’une hypothèse basse, la réalité devant plutôt l’établir aux alentours de 125%. Il semble déjà loin le temps où semblait impensable le franchissement du seuil des 100% du PIB et où l’on tremblait à l’évocation d’un endettement à hauteur de 2 000 milliards d’euros.
La France semble filer droit vers l’abîme, soumise au bon vouloir des banques centrales et à leurs injections de fausse monnaie, au maintien à un très faible niveau des taux d’intérêt, à la confiance des milieux financiers et à l’hypothèse d’une croissance soutenue. Les leviers de salut ne sont pas légion hormis une croissance forte, sans doute à peine suffisante pour financer les seuls intérêts de la dette et l’inflation, mécanisme qui ne se décrète pas. L’annulation pure et simple de la dette détenue par les banques centrales semble relever de l’utopie. Reste donc, l’augmentation massive des impôts et taxes, solution plus que délicate dans l’enfer fiscal français. Il n’existe malheureusement aucune cinquième voie connue des économistes.

 

 

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