La fausse promesse écologique des voitures électriques

dans Tour d'horizon

Une décision unilatérale du Parlement européen, en date du 2 octobre 2018, intime aux constructeurs de réduire de 40% les émissions de CO2 alors que ces derniers affichaient l’objectif déjà très ambitieux de les diminuer de 20%.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Ce diktat, comme l’a qualifié Carlos Tavares, patron de PSA, n’a pas même été précédé du moindre simulacre de négociation avec les représentants d’une filière industrielle pesant quand même treize millions d’emplois directs et indirects dans le monde. Conséquence immédiate, les constructeurs européens annoncent d’ores et déjà la suppression de 20 000 emplois et il ne s’agit sans doute que d’un début. Ou comment tuer l’une des filières industrielles françaises et européennes les plus dynamiques.
L’injonction émise par la Commission européenne de substituer rapidement, selon un échéancier imposé, la production de véhicules électriques à celle des véhicules électriques, au nom bien entendu de l’environnement, procède avant tout d’une conception idéologique fort éloignée des réalités. La voiture électrique s’avère en effet bien loin d’être, écologiquement parlant, aussi exemplaire que ne le prétendent ses laudateurs.
Avant même le premier kilomètre parcouru, la construction de la voiture électrique, particulièrement énergivore, produit davanage de dioxyde de carbone que sa cousine thermique et demeurera, pour cela, plus polluante qu’elle jusqu’à un seuil évalué à 100 000 kilomètres environ. Se pose ensuite le problème de la production de batteries – sans même parler de leur très hypothétique recyclage – qu’aucun producteur européen n’est en passe d’assumer, pour le plus grand bonheur de la Chine prête à exercer un quasi-monopole.

Qui avait intérêt à tuer le diésel ?

Quant aux particules fines, dites PM10, ayant justifié une pesante propagande et la condamnation du diésel, pourtant plus vertueux que les nouveaux moteurs surcompressés à essence, les censeurs oublièrent de préciser que plus de 40% des émissions de particules en question proviennent des plaquettes de frein, de l’usure des pneus et des revêtements routiers et n’ont par conséquent rien à voir avec les véhicules eux-mêmes. Leurs critiques épargnent aussi curieusement les ténors de la pollution tels que le transport aérien – environ 1 300 décollages par jour pour le seul aéroport Charles de Gaulle, par exemple -, maritime et routier.
Une fois assemblé et en ordre de marche, le véhicule électrique se révélera-t-il enfin d’une propreté irréprochable ? Bien sûr, pendant son utilisation, la voiture électrique ne produit aucune émission de CO2 mais l’énergie qui sert à la mouvoir est-elle pour autant écologiquement irréprochable ? Que l’électricité provienne de centrales au charbon ou nucléaires, le bénéfice semble loin d’être évident et sans reproches. Avérée depuis longtemps, la pollution générée par les centrales à charbon (Allemagne, Chine…) n’est plus à démontrer mais pour les nations nucléarisées, imagine-t-on l’augmentation de la production d’énergie nucléaire nécessaire à la propulsion de dizaine de millions de véhicules électriques et, conséquence inéluctable, le stockage, déjà problématique aujourd’hui, de milliers de tonnes de déchets radioactifs supplémentaires ?

Le prévisible monopole de la Chine sur les batteries

Les apôtres du tout électrique ne peuvent non plus ignorer les graves impacts environnementaux et humains inhérents à la production polluante de batteries si gourmande en métaux et terres rares, notamment cobalt, graphite, lithium, néodyme, etc., tous d’importation, notamment asiatique. Leur extraction nécessite des quantités considérables d’eau et de produits chimiques hautement toxiques au détriment de l’environnement et des populations. Qui s’en soucie ? Avec une certaine inconséquence, nous nous apprêtons à aggraver notre sujétion à la Chine dont les sous-sols, contrairement aux nôtres, regorgent de ces métaux et terres rares, et qui imposera, sous menace d’embargo, en dictera les cours sur les marchés internationaux.
Ce sont, pour résumer, des batteries très sales que sont sommés par l’Union européenne d’inclure dans des véhicules dits propres, les constructeurs automobiles européens. Une pollution externalisée dans les pays pauvres et dans des conditions humaines et d’insalubrité inimaginables, au prétexte d’assainir l’air de nos villes. Transfert pour le moins éthiquement douteux sur lequel droitdelhommistes et écologistes patentés se font d’une discrétion exemplaire.
Le principe de réalité imposerait de reconnaitre cette évidence que tout véhicule, déplacement et activité humaine génèrent une empreinte écologique. N’en déplaise aux dilettantes de l’écologie, il n’existe et n’existera jamais de véhicule propre et la seule orientation efficace consisterait à réduire drastiquement à la fois le nombre de véhicules et de kilomètres parcourus. Mais cette vérité toute simple, peut-être simpliste pour certains, est-elle aujourd’hui dicible et surtout audible ?

 

 

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