L’Abbé Billecocq évoque le sédévacantisme lors d’un sermon à Saint-Nicolas-du-Chardonnet

dans TradiNews

On connaissait l’abbé Billecocq grâce à ses excellentes conférences réalisées pour Civitas, parti politique ouvertement et intégralement catholique dirigé par Alain Escada, conférences disponibles sur Media-presses-infos, mais il serait injuste de lui nier un certain talent dans l’art de la prédication, pour ce qui relève de la rhétorique.


Rédaction NSP
               Jean-Louis Dutertre

L’abbé Billecocq s’est ainsi exprimé sur le sujet du sédévacantisme lors d’un sermon mis en ligne le 5 juillet sur la chaîne YouTube (en proie à la plus implacable des censures ces derniers temps) de l’église Saint Nicolas du Chardonnet. On connaît les variations de Monseigneur Lefèbvre sur ces questions, sa condamnation du sédévacantisme en 1980 et le renvoi des séminaristes d’Ecône qui auraient embrassé une telle opinion. Les catholiques sédévacantistes  voient dans ces variations des précautions politiques en vue d’un accord avec la Rome moderniste; nous laisserons nos lecteurs statuer sur ce jugement, mais il est vrai qu’il n’est pas dénué de pénétration.
L’abbé Barbara, compagnon de lutte de Mgr Lefèbvre, ainsi que Monseigneur Guérard des Lauriers (qui avait rédigé le Bref examen critique de la nouvelle messe signé par la suite par les cardinaux Ottaviani et Bacci) ont embrassé la position sédévacantiste – évoquant même, pour le second, la thèse de Cassiciacum selon laquelle le pape serait pape materialiter (en tant que personne) mais ne jouirait pas des prérogatives attachées au trône de saint Pierre (notamment l’infaillibilité pontificale consacrée au concile Vatican I).
Le sermon de M. l’abbé Billecocq nous permet à cet égard de mieux comprendre les fondements théologiques de la position de la Fraternité Saint Pie X sur la question du pape hérétique et de son éventuelle déposition. Il semble évident à un nombre croissant de catholiques soucieux de préserver la foi et mettant le bon Dieu au-dessus du règne du gros Argent des financiers apatrides que quelque chose cloche à Rome (et pas simplement les carillons de Pâques). C’est l’objet de la lettre envoyée par Mgr Vigano, qui critique de façon claire les mauvais principes contenus dans le concile Vatican II et qui ont amené à ce que le pape Paul VI appelait « l’auto-démolition » de l’Eglise.
Face aux accusations de compromission avec l’église conciliaire, certains prêtres de la fraternité n’ont, il est vrai, pas tenu une position très ferme et se sont même livré à une critique du sédévacantisme assez grotesque compte tenu des propos de Mgr Lefèbvre lui-même. Revenant à une opinion plus nuancée (et sûrement plus fidèle à celle de l’ancien supérieur de l’ordre des spiritains), M. l’abbé Billecocq entend suivre une « via media » (voie médiane) entre l’acceptation des faux principes du concile (largement inspirés par les « ennemis de l’Eglise », dont certains se sont infiltrés dans le courant moderniste et durant le concile) et le rejet des souverains pontifes régnants depuis Paul VI inclusivement. Il s’en rapporte ainsi à l’autorité de l’Eglise, qui est de droit divin et qui est apparue clairement et distinctement lorsque Notre Seigneur Jésus-Christ confia les clés du paradis à saint Pierre, le prince des apôtres. L’autorité du pape est alors plus importante que la personne qui l’incarne; le dogme établi par le magistère, croyable malgré les errements des papes postconciliaires. Cette décision, grave en elle-même, de désobéir en vue d’une obéissance plus grande est alors mise en regard de la conception protestante de Luther et de Calvin, qui ont tous deux été aidés par les financiers cosmopolites et la noblesse en rupture de ban de leur époque.
Cette conception hétérodoxe prône la désobéissance en vertu d’un subjectivisme de principe, qui donne en réalité l’autorité spirituelle aux Etats ou à des dénominations chrétiennes innombrables, tandis que les catholiques traditionalistes de lignée lefèbvriste prie pour le retour de cette même autorité, tombée en défaut suite à l’incurie du dernier concile. Ce sermon semblerait un rappel des principes généraux de la Fraternité, mais il va en réalité plus loin que cela : reprenant les propos de Mgr Lefèbvre, M. l’abbé Billecocq envisage la possibilité que l’Eglise, instruite par les événements et l’assistance de l’Esprit Saint, déclare que le siège était vacant suite à la profession d’erreurs en rupture avec le magistère traditionnel. Tant il est vrai que le mystère de la passion de l’Eglise, alors même que le saint Père promeut activement le métissage et a récemment envoyé des fonds pour aider des prostitués transsexuels dans le besoin se fait plus profond…

Derniers articles TradiNews

Haut De Page