Le marché automobile français s’effondre

dans Tour d'horizon

Même perfusé d’argent public, grâce à un plan de soutien de huit milliards d’euros d’aides et de prêts, l’industrie automobile française se trouve au plus mal après six années consécutives de croissance ayant propulsé le marché au plus près de ses meilleurs crus. Malgré un rebond significatif des ventes après le premier confinement de mars-avril, notamment sur les mois de juin, juillet et août, la filière automobile devrait connaitre un effondrement des ventes de 30% en France et en Europe et 20% dans le monde pour l’année 2020. Du jamais vu et la perspective de lourdes restructurations à venir. En 2019, le marché avait connu une légère croissance avec 1,17% d’immatriculations supplémentaires sur l’année, notamment grâce au groupe PSA (+ 9,24% de ventes) et Toyota (+ 15,66%).


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

En 2020, dans une débâcle quasi générale de la construction automobile, seules les marques Kia, Hyundai et Suzuki affichent des ventes à la hausse ou au moins à l’identique, les autres constructeurs subissant des baisses de ventes de modérées à alarmantes. Seuls indicateurs clairement orientés à la hausse mais aussi significatifs des temps présents, le secteur de l’occasion s’envole avec une croissance de 11% sur le mois d’octobre et l’on observe un réel décollage de la voiture électrique, pesant 6% du marché entre janvier et octobre contre moins de 2% l’an dernier sur la même période.
Aujourd’hui, 60 000 emplois sont directement menacés sur un total d’environ 400 000, soit la disparition programmée de 15% des effectifs du secteur automobile en France.

D’inévitables plans sociaux

Malgré les formidables coups de boutoir portés par l’Union européenne à l’industrie automobile, notamment en raison du véritable harcèlement normatif, au nom de l’environnement, et de la mise à mort de la filière diésel, fleuron des grandes marques automobiles et notamment de PSA et Renault, les ventes avaient, jusqu’à la crise sanitaire, plutôt bien résisté. Mais depuis le 29 octobre, date de début du deuxième confinement, les ventes de véhicules neufs ont chuté de 70%, un chiffre à lui seul annonciateur de catastrophe. Le gouvernement demeure cependant inflexible et étonnamment sourd à la supplication des constructeurs automobiles implorant la réouverture des concessions, seul moyen de sauver ce qui peut encore l’être. C’est à se demander le dessein véritablement servi et la finalité de cette destruction contrôlée de notre économie…
Inévitablement, les plans sociaux vont maintenant s’enchainer et déjà Renault, après avoir bénéficié d’un prêt garanti par l’État (PGE) de 5 milliards d’euros, annonce déjà la suppression de 15 000 emplois dans le monde dont 4 600 en France. En attendant la suite.

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