Militantisme : efficacité oui, mépris social non

dans Résister

Abordons un point essentiel du militantisme : l’efficacité quotidienne, efficacité qui doit toujours primer, et même plus, viser à réussir à accomplir quelque chose, de grand ou de bénin, d’exceptionnel ou de quotidien, ce qui doit être notre seul but.


La Hire

En conséquent, quand on juge quelqu’un, à fortiori un camarade, on le juge par rapport à son efficacité, à son rôle fonctionnel, pas à sa culture ou à quoi que ce soit d’autre. Selon cette logique : « Tu dois faire ceci, t’habiller comme ça, réagir ou ne pas réagir » le tout pour parvenir à accomplir une chose.

Exemple : on tracte, il y a des antifas de l’autre côté de la rue mais on ne les frite pas parce que des flics nous observent. Donc ce n’est pas une question de courage ou de quoi que ce soit… mais juste de tâcher d’atteindre un objectif. Ici :

-un tractage.

-ne pas se faire arrêter

Tout simplement car… le combat est bien plus important que tout le reste. Pour faire avancer le combat, il faut des milliers de petites choses qui s’additionnent les unes aux autres. Ce tractage en fait partie. Voilà, c’est tout. Donc on en retient qu’une personne donnée doit toujours être évaluée en fonction de sa contribution par rapport au bien commun.

Jean-Charles de la Pissotière qui est en math sup mais qui fait des façons pour venir aider à un collage vaut moins pour le groupe que Kevin, balayeur de chiottes, qui est là presque systématiquement. Selon cette même logique, l’intello maigrichon mais discipliné, actif et présent vaut aussi mieux que l’armoire à glace locale qui est intenable et hyper-impulsive. Pour arriver à quoi que ce soit, il faut mettre sa susceptibilité et son ego dans sa poche… et si nous disons quelque chose à quelqu’un, ça doit rester purement utilitaire (on fait ci, on fait ça) mais pas en fonction de notre propre statut social par rapport au sien.

Dans l’action, un chef dirige de l’avant, et le mérite pur doit être le seul critère qui permette de juger les gens. Le mérite, l’utilité et l’efficacité au service de la cause commune doivent être les seules choses prises en compte.