Pinault, Pastis, Napoléon, Woke, l’art contemporain est-il un art de malades mentaux ?

dans Arts & Lettres & Chansons

Une question  pas vraiment sympathique à l’égard du merveilleux « Art Brut » qui est aussi dit « art des malades mentaux »… alors qu’il est le à l’extrême opposé  de l’art « contemporain »… 


Nicole Esterolles

Quoi qu’il en soit, voici un sujet de réflexion pour la pléthore de  critiques, sociologues, historiens, chercheurs, philosophes, etc. qui s’agitent dans le PAF (Paysage de l’Art Français). En illustration, cette image assez courante d’un art contemporain « classique », dont le patent et pathétique pathos socio-psycho-mental n’étonne plus personne.

A fond le woke-convergence des luttes intersectionnelles au Palais de Tokyo

Après avoir tout déconstruit, cassé tous les codes, subverti toutes les modèles bourgeois et capitalistes, après ne plus avoir rien à se mettre sous la dent de sa voracité ravageuse de sens et pour combler sa béance existentielle native, l’art « contemporain » semble avoir un nouvel os à ronger, une nouvelle nourriture intellectuelle en quelque sorte, en lien direct avec les réseaux woke universitaires à la mode : décolonialisme, insoumisme, antiracisme, féminisme, indigénisme, antimachisme, anti-esclavagisme,etc, enfin bref, tous les ingrédients habituels pour un actionnisme performatif effréné,  qui fait certes du buzz, de la reconnaissance de classe et du pognon… mais qui va en l’encontre des causes qu’il prétend défendre …

Les participants :

Jonathan Jones  s’intéresse au transport colonial, au commerce et à l’acclimatation des plantes, animaux et objets indigènes, ainsi qu’aux connaissances autochtones qui leur sont associées. « Rassembler l’écologie, le féminisme et les politiques autochtones revient à abandonner la vision eurocentrique pour adopter un regard véritablement global. » dit-il.

 Aida Bruyère explore les mécanismes de la constitution et de l’expression des identités à travers la contre-culture urbaine. Les postures, les accessoires, les lieux de fêtes et de compétitions fascinent l’artiste depuis son adolescence, notamment pour leur puissance émancipatrice. Évoluant en marge de la culture dominante, ces gestes et ces représentations se construisent avec et en réaction à des images préconçues, colonisées, sexualisées et politiques du corps.

Sarah Maldoror : Une des constances de son œuvre est l’antiracisme, qu’elle déploie à l’image par un travail de scénario, du cadrage et du montage, dirigeant la focale sur l’absurdité des discours sur lesquels se fondent le racisme.

 Mimosa Echard : Son exposition Sporal  s’organise autour des champignons et des myxomycètes – des organismes monocellulaires, uniques par la place qu’ils occupent à la fois dans les sciences de la vie et dans une série d’imaginaires écologiques, futuristes et post-apocalyptiques. Il s’agit pour l’artiste de s’interroger sur les relations particulières qu’ils suggèrent des rapports de l’être humain, de la nature et de l’environnement.

 Ubuntu un rêve lucide : Cette exigence « d’une humanité dans la réciprocité » convoquée par la pensée Ubuntu constitue l’un des apports essentiels des philosophies africaines largement méconnues. Cette notion, dans ses dimensions philosophiques et spirituelles, peut être considérée comme l’une des rares caractéristiques des sociétés africaines à avoir survécu aux six cents ans d’esclavagisme, de colonialisme et d’impérialisme de toutes natures qui ont déstabilisé les sociétés et sapé les cadres traditionnels de la transmission des savoirs.

Maxwell Alexandre :  peint les afro-brésiliens dans leur puissance, leur émancipation, sur fond de rêve américain. Il explique : « Parfois il faut frapper le racisme en pleine face, mais je n’ai pas le courage de frapper physiquement quelqu’un, alors je le fais en peinture »

 Laura Henno travaille avec des personnes qui vivent en marge de la société. Elle s’intéresse à leurs modes de vie fragiles qui résultent de choix, ou plus souvent, de contraintes sociales et politiques.

L’art contemporain va-t-il se noyer dans le Pastis ?

Je ne sais pas quelle mouche a piqué Le Monde pour lui provoquer cette frénésie pro-art contemporain affichée dans ce numéro du 28 mai 2021 ?… Car enfin : afficher aussi effrontément sur quatre pleines pages sa double addiction ,à la fois à un breuvage populaire et à une art propre à une élite intellectuelle pas vraiment portée sur le jaune., cela tient du délire transcendantal pré-collapse…et c’est, en termes de com et d’image, très contre-productif pour les trois : le Pastis, le Monde et l’art Contemporain. Je ne vois guère en effet le rapport qu’il peut y avoir, ou ce qui peut « faire sens » dans ce rapprochement entre le divin liquide anisé et  les œuvres de Katinka Bock, Isabelle Cornaro, et Claudia Rizzi,

A donc consommer le tout avec modération !

Napoléon 1er et l’art contemporain

J’en étais sûre qu’on nous la ferait celle-là ! Qu’on ne pouvait y échapper… car l’art « contemporain » ne manque jamais une occasion d’enfourcher, parasiter, récupérer tout sujet d’actualité… C’est dans sa nature de combler ainsi sa vacuité ontogénétique. Et voilà donc, après le squelette de cheval de Pascal Convert suspendu au-dessus du tombeau de Napoléon, (puis pudiquement enlevé pour la visite de Macron…parce que , tout de même, cela faisait désordre) le cheval blanc d’Adel Abdessemed auteur déjà du fameux coup de boule de Zidane en bronze de cinq mètres de haut.

Et notre pétillant Dagen dans Le Monde de se fendre pour l’occasion d’une de ses friandises textuelles dont il a le secret.

Le squatt Rivoli-pourri demande de l’aide à Pinault

On aura tout vu ! Cela dépasse les limites de l’entendement, mais il faut admettre, que, dans ce domaine de la culture parisienne, tout dépasse toujours les limites de l’indépassable en termes de destruction progressiste du sens commun….et c’est bien normal que ce « lieu emblématique de la culture parisienne » comme le dit le réjouissant Gaspard Delanoé n’échappe pas à cette règle.

Espérons que Mr Pinault va les aider, pour bien affirmer l’alliance objective qui existe entre l’esthétique rebelle des punks à chiens anticapitalistes et celle, tout autant subversive,  de l’élite artistico-financière internationale…et le partage d’un même goût pour  la pourriture casseuse des codes bourgeois.

Je propose un ticket commun permettant de  visiter, dans un même élan culturophage,  la chambre de commerce et le squatt rue de Rivoli.

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