Qui veut la mort de l’automobile européenne ?

dans Tour d'horizon

Le mouvement Europe Écologie-Les Verts qui connut des heures de gloire lors des élections européennes de mai 2029, vient d’enregistrer une relative progression de ses scores électoraux lors du dernier scrutin municipal.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Relative en effet si l’on considère le taux historique d’abstention, un nombre croissant de nos compatriotes semblant ne plus éprouver le moindre besoin d’urner sauf à glisser de temps en temps un bulletin de vote pour l’une des listes qu’ils imaginent dissidentes, parmi lesquelles les écologistes dont les prises de position s’avèrent trop souvent bien éloignées à la fois de l’intérêt national et de l’environnement.
Pendant qu’une part de nos élites s’adonne aux rêveries d’un monde sans nucléaire et de villes sans voitures, d’autres nations, sans doute plus prosaïques établissent à marche forcée leur domination industrielle sans le moindre scrupule ni prurit vert. A l’heure où la France ferme la centrale nucléaire de Fessenheim et n’en finit plus de s’empêtrer dans le scandale de l’EPR de Flamanville, la Chine, par exemple, affiche sans vergogne son ambition de devenir la première puissance nucléaire mondiale et annonce un plan de construction de 30 à 40 réacteurs d’ici à 2025, c’est-à-dire demain.
Dans le même temps, la France, pour satisfaire aux injonctions de la Commission européenne et dans le strict respect du dogme réchauffiste, s’acharne à fragiliser le plus dynamique de ses secteurs, industriels, celui de l’automobile. Ligués de longue date contre l’un des derniers symboles de liberté résiduelle qui nous soit encore consenti, élites, intelligentsia et médias n’ont de cesse de dénigrer l’automobile. Ainsi, Jacques Attali, inamovible bouffon du roi, pontifie-t-il sur une « industrie auto qui ne doit surtout pas rester ce qu’elle est ». Et lorsqu’il préconise un soutien de l’État à la filière automobile, il n’évoque volontairement que les véhicules autonomes et collectifs, les seuls selon lui à mériter de survivre.

Anne Hidalgo, pasionaria de l’automobile

Après des années de pilonnage idéologique insensé contre l’automobile, de taxations au-delà du raisonnable et de mesures anti-voitures, la filière auto, déjà passablement affaiblie sort exsangue de la période de confinement. Le recul des immatriculations de 55% en mars, 76% en avril et 52% en mai, avec une baisse globale des immatriculations de 38% sur le premier semestre, pourrait s’établir à -25% sur l’année 2020.
Aux douteuses campagnes contre le diésel, d’autant plus douteuses lorsque l’on sait que les moteurs les plus récents polluent moins que ceux à essence, ont succédé les campagne anti-voitures. Symbole de cette hargne tenace, Anne Hidalgo, maire de Paris et madone des bouchons, elle-même automobiliste impénitente, incarne au mieux l’hypocrisie de ces bobos jamais lassés de prêcher au bon peuple l’inverse de ce qu’ils pratiquent. Les reporters du site Caradisiac l’ayant pisté deux mois durant relatent sa dépendance compulsive à l’auto – même pour n’effectuer que quelques centaines de mètres -, son penchant pour les places interdites, les arrêts en double-file, les couloirs de bus… Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
La Commission européenne, avec son injonction lancée en octobre 2018 à destination des constructeurs automobiles, véritable diktat leur intimant de réduire de 40% les émissions de Co2, porte une lourde responsabilité dans la fragilisation de l’industrie automobile européenne que l’alibi d’une pandémie ne saurait occulter. Loin d’être convaincu par la voiture électrique qu’il se voit pourtant contraint de produire de plus en plus massivement, Carlos Travares, patron de PSA, avait, à ce sujet, déclaré sur Facebook « Le monde est fou et cela va se retourner contre les citoyens », ajoutant « je ne voudrais pas que dans trente ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge ».

Un gigantesque transfert de richesses au bénéfice de la Chine

Ce dirigeant d’entreprise au franc-parler oublie toutefois de préciser que la généralisation de la voiture électrique entrainera inévitablement un considérable transfert de richesses en faveur de la Chine, puisque l’on sait que les batteries de voiture électrique, presque exclusivement produites en Chine, représentent environ 40% de la valeur des véhicules. Ces données ne pouvant être ignorées du moindre élu bruxellois, c’est d’ailleurs à se demander pour qui roule la Commission européenne. D’autant que l’argument écologique en faveur de la voiture électrique ne résiste pas à l’analyse comme le démontre clairement une étude norvégienne. Deux fois plus polluante à produire qu’un véhicule thermique, elle ne commence à offrir un léger bénéfice environnemental – de 9 à 14% – qu’à compter de 100 000 kilomètres au compteur et il faut atteindre les 200 000 kilomètres pour obtenir enfin un impact significatif d’environ 28% sur l’environnement. Il faudrait aussi évoquer le pillage des matières premières nécessaires à la fabrication des batteries, un condensé de métaux lourds et de terres rares, essentiellement et même presque exclusivement extraits… en Chine et dont les réserves sont par nature limitées, notamment pour le lithium.
Et encore, les résultats de cette étude fouillée de l’Université des sciences et technologies de Norvège ne prennent-ils pas en compte les conséquences de la production démultipliée d’électricité nécessaire aux milliards de recharges qui ne sera à l’évidence fournie ni par les éoliennes, ni par les panneaux solaires. Le choix se limitera entre les centrales thermiques hautement polluantes et les centrales nucléaires et leurs centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs supplémentaires.
Les effets tangibles de la prétendue nouvelle économie, l’économie verte semblent se limiter aujourd’hui, tout au moins pour le secteur automobile, à la démolition programmée et déjà bien avancée de cette filière industrielle, fleuron de notre production, pour subventionner lourdement, avec un argent emprunté, le véhicule électrique dont nous savons d’ores et déjà que sa production horriblement polluante bénéficiera de surcroit essentiellement à la Chine. Pendant ce gigantesque transfert de richesses, il reviendra au gouvernement de subventionner encore et toujours plus les constructeurs automobiles et les sous-traitants tout en continuant d’alourdir taxes et impôts des contribuables déjà les plus taxés au monde.

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