Réchauffement climatique : Deloitte rentre dans le rang

dans Zones occupées

  En publiant en ligne, depuis Prague, un rapport sur le réchauffement climatique, les dirigeants de la filiale tchèque du groupe de conseil Deloitte n’ont à l’évidence par mesuré la gravité de la transgression qu’ils commettaient à l’encontre de la doxa réchauffiste.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Avec Ernst & Young, KPMG et PwC, Deloitte appartient au quatuor des géants mondiaux du conseil, les fameux Big Four, champions de l’expertise comptable et de l’accompagnement des entreprises et, notamment, de l’optimisation fiscale, souvent aux limites et parfois au-delà du fiscalement correct. En témoigne la disparition du cinquième mousquetaire en 2002, le groupe Arthur Andersen, compromis dans le retentissant scandale Enron.
Il faut dire qu’entre l’optimisation fiscale légale et les dérives délictueuses, la marge est bien souvent étroite et l’histoire de ces groupes multinationaux du conseil est ponctuée de scandales et de procédures.
Habitué à publier des synthèses et des rapports fouillés sur l’ensemble des sujets de gestion, de gouvernance et de société, le groupe Deloitte accompagne aussi ses clients, presque exclusivement des entreprises transnationales et des structures institutionnelles et non des moindres, telle la Commission européenne, sur les questions d’environnement et de transition énergétique et c’est bien au sujet de ces deux derniers points qu’advint le scandale.
La direction tchèque de Deloitte osa publier sur son site un rapport, certes globalement alarmiste sur les conséquences du réchauffement climatique mais précisant quand même qu’un tiers des économies mondiales en bénéficieraient économiquement, dont le Canada, la Norvège et, horresco referens, la Russie.
Passé un très court instant de stupeur, les grandes orgues de la désinformation retentirent au travers de la grande presse stipendiée. Comment donc, même et surtout après une étude scientifique et minutieuse, oser attribuer le moindre avantage potentiel au réchauffement climatique ? Très vite la filiale Deloitte sise dans l’ancien satellite soviétique comprit à ses dépens qu’en Europe de l’ouest, même en absence de Pravda, on ne badine pas avec la censure et que multiplicité des titres de presse disponibles ne rime aucunement avec pluralisme.

Une censure implacable

Des « experts » dont on ne sait rien s’épanchèrent aussitôt auprès de l’AFP pour qualifier ce rapport de naïf, trompeur et même insensé, condamnations hâtives et sans le moindre commencement de réfutation, immédiatement claironnées par la plupart des journaux tenus en laisse et tout à la dévotion du dogme.
Immédiatement, la direction de l’entreprise redoutant les conséquences en chaîne de pareil scandale – un groupe réalisant près de 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel ne peut se permettre de reconnaître le moindre avantage au réchauffement climatique – retira immédiatement le texte incriminé et, multipliant les reptations, se confondit en excuses, expliquant notamment que « La formulation malheureuse n’est pas représentative de la position générale de Deloitte sur l’impact du changement climatique » et assura avoir immédiatement rendu inaccessible au public le rapport en question. La censure ayant sévi, le « public », comme ils disent, n’aura donc jamais accès à cette partie d’un rapport commis par un certain nombre d’experts de haute volée et continuera donc d’ignorer que malgré nombre d’effets néfastes, le réchauffement climatique pourrait néanmoins engendrer quelques conséquences positives non négligeables.