Réponses aux Nazis sur l’Ancien Testament de Mgr Faulhaber

dans Arts & Lettres & Chansons

Dans l’introduction de cette excellente étude, l’éditeur rappelle que « la propagande du régime national-socialiste allemand attaque grossièrement la Bible ». En décembre 1933, Monseigneur Michael Faulhaber, archevêque de Munich, prononça cinq sermons lors des quatre dimanches de l’Avant puis le soir de la Saint-Sylvestre, pour exposer des points essentiels de la doctrine catholique sur l’Ancien Testament. Lors de ces cérémonies religieuses, nous lisons que « l’affluence est énorme. Pour que tous les fidèles puissent entendre l’enseignement de leur évêque, il est retransmis en direct, par haut-parleurs, dans les deux églises les plus proches de Saint Michel ». Ces prédications sont ensuite réunies en un seul volume, mais elles sont diffusées « sous le manteau, car sa vente en librairie a été interdite par le gouvernement nazi ». Le texte est finalement traduit par le chanoine Raymond Dulac


Rédaction NSP
Franck Abed
Mgr Faulhaber écrit que « dès 1899, au congrès antisémite tenu à Hambourg, l’idée s’était fait jour qu’un fossé infranchissable doit séparer le christianisme du judaïsme, que du christianisme doit être écarté tout élément juif ». Ces critiques estimaient que « judaïsme et christianisme ne pouvaient subsister côte à côte, qu’une bible germanique devait supplanter la bible juive, et que Martin Luther n’avait accompli qu’à moitié sa tâche, puisqu’il avait fait place dans sa Bible aux Ecritures de l’Ancien Testament ».
De fait, l’accusation qui revient souvent contre le christianisme est « qu’en s’appuyant encore sur les Ecritures de l’Ancien Testament, il ne serait qu’une religion juive, inconciliable avec les aspirations de la race allemande. Joseph l’Egyptien, comme Moïse, devrait être rayé de l’Histoire Sainte enseignée aux enfants ». Mgr Faulhaber dit clairement que « cette véritable révolution religieuse n’a pas craint de s’attaquer à la personne même du Christ. Certains ont voulu le défendre en cherchant à déguiser sa naissance. Ils ont prétendu qu’étant de Galilée où habitaient des Aryens, il était aryen et non juif ».
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Item33106.png. Il précise : « Les sources historiques les plus certaines prévaudront contre de pures hypothèses aussi longtemps que subsistera ce fait incontestable : le titre du premier chapitre du premier évangile s’énonce ainsi, Généalogie de Jésus-Christ, fils d’Abraham, fils de David ». Nous lisons dans l’Epître aux Romains que Jésus est « né de la postérité de David ».
Pour quelles raisons cette évêque a-t-il décidé de se lever contre la doctrine nationale-socialiste ? Il avoue volontiers ce qui suit : « Devant de tels discours, devant de tels changements, un évêque n’a pas le droit de se taire. Si la lutte raciste, à laquelle le terrain religieux doit être étranger, se mue en lutte contre la religion et veut porter atteinte aux assises mêmes du christianisme, si le mouvement contre les juifs d’aujourd’hui vient s’attaquer aux Ecritures saintes de l’Ancien Testament et au christianisme lui-même en raison des attaches qu’il a conservées avec le judaïsme d’avant le Christ (…) un évêque n’a pas le droit de se taire ».
Il énonce également, qu’il demeure plus que nécessaire d’opérer une triple distinction pour bien comprendre ces sujets essentiels mais complexes. Selon Mgr Faulhaber, et nous l’approuvons sans réserve, il convient de ne pas confondre le peuple d’Israël avant et après la mort de Jésus ; les écritures saintes de l’Ancien Testament et les écrits talmudiques ; les textes de l’AT à portée provisoire et ceux à valeur éternelle. Mgr Faulhaber stipule qu’« après la mort du Christ, Israël a perdu la charge de la Révélation. Les juifs n’ont pas reconnu l’heure de la visitation. Ils ont renié et repoussé l’Oint du Seigneur, l’ont chassé de la ville et cloué sur la croix ».
Pour prolonger son puissant raisonnement, l’auteur explique que « c’est un fait remarquable de l’histoire des civilisations qu’en aucun autre peuple d’avant l’ère chrétienne il n’y eut, comme chez celui de l’Ancien Testament, un tel nombre d’hommes éminents pour mettre leur parole et toute leur personnalité au service de la Loi religieuse ».  Mgr Faulhaber ajoute que « chez aucun autre peuple on ne trouve une telle abondance d’Ecritures où les vérités fondamentales de la vie religieuse apparaissent de façon aussi claire, aussi précise, avec autant d’unité que dans le Pentateuque mosaïque avec ses belles et naïves histoires bibliques, dans les livres de Samuel et les livres des Rois avec leur art classique de la narration (nos germanistes peuvent en être persuadés), dans les Chroniques avec leurs prescriptions liturgiques, dans les Psaumes avec leurs émouvantes prières (…), dans les livres des Macchabées qu’illuminent encore toute la foi héroïque des anciens temps ».
A l’aune de ces pertinentes réflexions, nous ne sommes guère surpris de lire le propos suivant : « Honorons les Ecritures saintes de l’Ancien Testament ! Nous n’accordons pas à l’Ancien et au Nouveau Testament la même valeur. Les Ecritures saintes du nouveau Testament, Evangiles, Actes des Apôtres, Apocalypse, Epîtres des Apôtres, doivent avoir la place d’honneur ». Contrairement à ce que certains expriment, reprenant les mauvaises idées de Marcion, « les Ecritures de l’Ancien Testament sont également inspirées par l’Esprit de Dieu, ce sont des livres saints, fondements précieux du royaume de Dieu, valeurs inestimables de la règle religieuse ».
Pour finir notre chronique, nous citons une nouvelle fois Mgr Faulhaber : « Le christianisme n’est en aucune façon devenu une religion juive pour avoir reconnu ces livres, qui ne sont pas l’œuvre des juifs mais qui sont inspirés par Dieu et sont par là, la Parole de Dieu et les Livres mêmes de Dieu. Ces historiens sacrés étaient les stylets de Dieu, ces chanteurs de Sion étaient des harpes dans la main de Dieu, ces prophètes étaient les porte-voix de la Révélation de Dieu. C’est pourquoi leurs œuvres restent dignes de foi et de respect pour les temps à venir ». Il dit aussi que « pour nous catholiques, la Bible n’est pas la seule source de la foi. Il en est à côté d’elle une seconde, la Tradition ecclésiastique ».
Cette étude magistrale, remarquablement bien écrite, documentée et appuyée par une argumentation solide démontre que la religion catholique n’est pas une religion juive. Elle prouve aussi, si c’était encore nécessaire, qu’il n’existe pas d’union doctrinale possible entre le catholicisme romain et le national-socialisme. Par conséquent, se dire catholique et national-socialiste relève de l’ineptie voire de la mauvaise foi. En effet, le 14 mars 1937, l’encyclique Mit Brennender Sorge confirmera le riche enseignement de Mgr Faulhaber. Ce dernier réfute admirablement bien les objections convenues et finalement fausses des contempteurs de la religion catholique, malgré des assertions continuellement répétées. Ils doivent enfin comprendre qu’un mensonge répété 1000 fois, avec force et conviction, ne devient pas vérité. Ce livre pédagogique contribue à la défendre mais surtout à l’honorer…

 

 

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