Robert Brasillach, 31 mars 2021, nous continuons !

dans Résister

Le 31 mars 1909, naissait le plus brillant écrivain de sa génération que seuls conspuent les imbéciles qui ne l’ont pas lu. Le 11 avril 1941, il réintégrait la rédaction du journal Je Suis Partout après son retour de captivité en Allemagne. Son premier article s’intitulait Vive le Maréchal !


Rédaction NSP
Robert Brasillach

Ce premier article écrit par Robert Brasillach à son retour de captivité était précédé de l’annonce suivante:

Les lecteurs de Je suis partout apprendront avec une joie sans mélange le retour de Robert Brasillach parmi nous. Après un an de guerre et neuf mois de captivité, le jeune animateur de notre journal nous est rendu. Déjà Lucien Rebatet, François Dauture, Paul Guérin, Ralph Soupault et Henri Poulain avaient repris leur place à nos côtés. Bientôt, Georges Blond, arraché aux geôles britanniques, nous rejoindra. Et, dans un avenir que nous souhaitons prochain, nos deux derniers prisonniers, P.-A. Cousteau et Robert Andriveau, auront à leur tour la joie d’être rendus à leurs familles et à leur journal.

Hormis le bon dessinateur Phil, que la guerre nous a pris, tous les collaborateurs de Je suis partout se retrouveront alors groupés autour de Robert Brasillach. Réunion d’autant plus précieuse qu’elle survient après une série d’aventures dont certaines furent tragiques, et qui nous firent, par moments, redouter d’irréparables séparations. Dès maintenant, terminée et menée à bien la tâche que nous avions assumer de conserver leur journal aux mobilisés de Je suis partout, Charles Lesca et moi-même restituons à Robert Brasillach le soin et l’honneur de diriger l’oeuvre commune.

A compter du 25 avril, il reprendra effectivement ses fonctions de rédacteur en chef. En attendant, voici son premier article de “revenant”. A.L.

Vive le Maréchal !

“J’ai donc laissé ce camp wetsphalien, les blocs entre les barbelés, – et les amis qui ne me quitteront jamais, et dont le souvenir accompagne et double, désormais, chaque acte et chaque pas de ma vie retrouvée. Ceux-là, ils reviendront, il y aura bien des choses à faire avec eux, qu’on ne peut faire sans eux (malgré l’envie de certains). C’est à eux que je voudrais écrire, c’est à eux que je voudrais me référer sans arrêt, c’est pour eux que je voudrais être un messager provisoire, le moins longtemps possible, dans cet univers où je les ai précédés – et je voudrais que ce fût de peu. Il me reste à comprendre, maintenant, à essayer de faire comprendre, à m’accoutumer petit à petit à cette existence surprenante, après vingt mois d’absence, après neuf mois de captivité, et je ne puis, pour l’instant, que dire le plus important, ce qui m’a accueilli presque à mon arrivée, que mes camarades de là-bas auraient tant de profit à connaître – et dont, par avance, ils ne doutent pas.

Quelques Français, cependant, doutent, et trouvent le devoir difficile. Ils hésitent, intellectuellement heureux d’hésiter, de cultiver les délicatesses de leur joli coeur. Il y a pourtant des choses tellement simples ! Et la première parole du prisonnier, dans tous les domaines, sera certainement la simplicité. En cela, ils pourront s’entendre, je le dis tout de suite à mes camarades, avec d’autres Français – et avec le plus grand.

Au bord du lac de Gérardmer, dans les Vosges de juin, nous entendions, il y a un siècle, la voix du maréchal Pétain. Voix brouillée par des appareils imparfaits. voix brouillée par la douleur. Voix brouillée aussi parce que certains doutaient qu’elle fût authentique, pensaient encore, tant ils étaient sous le souvenir du sinistre Paul Reynaud, à quelque surprise, à quelque maléfice. Mais c’était elle, il fallait bien s’en rendre compte, elle qui nous indiquait le devoir tragique, qui désignait le malheur de la France et son salut possible. Et déjà, au milieu de l’accablement et de la peine, cette voix seule était un réconfort, un espoir – et un don.

Pour le captif qui vient de rentrer, qui vient de découvrir les rues de sa ville, son ciel, ceux qu’il aime, voici soudain, à nouveau, cette voix. C’est cela que je veux dire à mes camarades, de loin, et qu’ils entendront, je l’espère. C’est cette voix qui nous indique encore le devoir, qui l’indique aux égarés, et qui nous accueille en arrivant. C’est elle qui devrait lever le moindre doute, si l’on en avait (ce n’est pas mon cas, je l’avoue). C’est elle qui me rappelle ce 1er janvier au camp, où quelques-uns de nous ont sacrifié une de leurs cartes de correspondance de prisonniers pour rassembler de pauvres signatures au crayon, et assurer de leur fidélité celui qui a fait don de sa personne à la France dans son malheur. C’est elle qu’il faut entendre.

Pendant quelques jours, à la Radio de Vichy, où Paul Marion dirige depuis peu les Informations avec vigueur, on a rappelé aux Français oublieux ce qu’était le gouvernement du traître de Gaulle. On a rappelé ces atroces journées de juin, où de Gaulle en personne, de Londres, téléphonait aux politiciens français, dans le bureau où se tenait un Anglais, les projets de réduction de la France à un dominion britannique. On a rappelé les promesses menteuses de ne jamais faire servir des Français contre des Français, et l’attaque manquée de Dakar. Sobrement, clairement, on a montré aux Français où était la trahison, où était l’illusion.

Nous retrouvons donc, à peine arrivé, et sans pouvoir jamais oublier les décors de barbelés sur les champs d’Allemagne, l’enseignement le plus sacré de la patrie, celui de l’unité. Le discours du Maréchal, c’est un discours pour l’unité, un discours qui se réfère  aux traditions les plus anciennes de notre histoire, à celles qui se sont maintenues à travers les révolutions et les régimes divers. C’est justement à ceux qui hésitent et qui doutent qu’il s’adresse, il le dit expressément. Entre les “promesses fallacieuses de la dissidence”, suivant ses propres termes, et le gouvernement réel de la France, qui pourrait hésiter ? Pas nous en tout cas. Car nous, revenant d’un camp de prisonniers, avons aussitôt pour nous accueillir, par un miracle admirable, cette voix bouleversante, sage, tranquille et sûre, du saint et du héros de la patrie dans le malheur, qui nous demande de croire d’abord en nous-mêmes et de ne pas céder aux voix des traîtres et des émigrés qui veulent faire supposer qu’ils sont la voix de la France. C’est ce que savent nos camarades prisonniers, c’est ce qu’il est bon de faire entendre à tous les Français, au-delà des sarcasmes et des railleries ignobles dont les émigrés de Londres couvrent chaque jour le Maréchal. L’unité française n’a son centre ni à Londres, ni à Jérusalem, ni à New-York, et la France, c’est l’unité.

D’un côté, nous avons l’Angleterre, l’or anglais, les émigrés ignobles, les Juifs, les fous. De l’autre, nous avons le Maréchal, ce qu’il nous indique, ce que nous voulons. Nous savons bien qu’il n’y a pas à hésiter. Des camps d’Allemagne, nous commençons à être quelques uns qui ont vécu loin de leur vie, loin des leurs, loin de leur patrie, pendant des mois interminables. Nous sommes l’avant-garde de nos camarades restés là-bas, de ceux que nous nous sommes juré à nous-mêmes de ne pas oublier et qui nous suivront. Nous sommes là, nous écoutons, nous écoutons cette voix émouvante, et nous savons qu’elle dit ce que nous pensons tous, ce qu’il faut dire, nous savons qu’elle dit la vérité. Nous savons que le salut ne viendra pas de l’Angleterre, ni des aventuriers aigris qui jouent au tapis vert le destin de leur patrie, mais que la salut viendra de nous-mêmes, de notre instinct, de notre volonté, de notre intelligence, de notre compréhension de l’heure et de l’espace et des mois que nous avons vécus, et de la défaite et de l’avenir. Et cette voix nous dit de regarder la réalité comme elle est.

Nous avons toujours voulu voir la réalité, si amère qu’elle fût. Nous continuons.

Nous avons toujours gardé l’espérance, si difficile qu’elle fût. Nous continuons.*Nous voulons que la France ait sa place dans le monde nouveau. Nous ne voulons pas des aventures ni des aventuriers. Nous ne voulons pas jouer la patrie au poker.

Nous préférons le vainqueur de Verdun au fuyard assassin de Dakar.

En arrivant en France, nous venions pour rejoindre la France.

C’est la voix de la France que nous avons entendue. ”

Articles Je suis Partout, 1941 – 1943, Anthologie. Editions Pardès 2021

A.R.B. (Association des Amis de Robert Brasillach, Case Postale 3763, CH-1211, Genève, 3

Courriel : brasillach@europae.ch

www.robert-brasillach.fr

Blog : arb6245.over-blog.net

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