17 avril : Saint Pierre Gonzalès

dans TradiNews

Sanctorum, édition originale du XIXème siècle :  Pierre Gonzalès vite le jour à Astorga, en Espagne, l’an 1190. Il fit de brillantes études.


Il était encore jeune quand son oncle, évêque de sa ville natale, le nomma chanoine de la cathédrale et bientôt doyen du chapitre. Considérant cette dignité avec la vanité de la jeunesse et l’esprit mondain, Gonzalès voulut en prendre possession avec la pompe la plus éclatante. Il choisit le jour de Noël, et traversa la ville sur un cheval superbement paré. Le cheval fait un faux pas et jette le cavalier dans la boue ; la foule accueille cette chute par des huées. Le premier sentiment de Gonzalès est la honte, puis il rentre en lui-même, et, Dieu lui touchant déjà le coeur, il s’écrit : « Puisque le monde se moque de moi, je me moquerai du monde à mon tour.  »

Peu de temps après, il prenait l,habit de saint Dominique, et se préparait, par l’étude et la pratique de toutes les vertus, au ministère de la parole et à celui de la confession, dans lesquels il excella.

Le roi saint Ferdinand voulut l’attacher à sa personne et le mener partout avec lui, même à la guerre. Gonzalès profita de la confiance du prince pour avancer le règne de Dieu. Il réforma une grande partie des désordres qui régnaient à la cour et à l’armée. On attribua plusieurs victoires sur les Maures à ses prières, à ses conseils, au bon ordre qu’il fit observer parmi les troupes. A la prise de Cordoue, il modéra l’impétuosité des chrétiens vainqueurs, mit l’innocence des vierges à couvert de la brutalité des soldats, arrêta l’effusion de sang, et sauva les mosquées de la ruine en les convertissant en églises.

Il quitta la cour de Ferdinand dès que sa présence n’y fut plus nécessaire, et alla évangéliser les pauvres, les gens de la campagne, les matelots.
On lui dut, parmi beaucoup d’autres bienfaits, un pont qu’il construisit sur le Minho, à Ribadavia, dans un endroit dangereux, où beaucoup de monde périssait en traversant le fleuve. Il mourut le 15 ou le avril 1246. Les mariniers d’Espagne et du Portugal l’ont choisi pour leur patron ; ils l’invoquent dans les tempêtes sous le nom de saint Telme ou saint Elme, et ils ont reçu plus d’une fois les marques de protection. Le pape Innocent IV béatifia Pierre Gonzalès en 1254, et accorda aux Dominicains d’Espagne d’en faire l’office. Benoît XIV approuva son office pour tout l’ordre de saint Dominique.