Samuel Paty, martyr de l’intolérance laïciste

dans Zones occupées

Entendons-nous bien, si je n’ai aucune sympathie pour Samuel Paty, pour ses provocations et l’orientation univoque de son enseignement, et je le revendique, je ne souscris en aucun cas ni à la condamnation dont il a été l’objet ni à son exécution abjecte. A l’époque où les procès d’intention se multiplient et où la censure renait de ses cendres, il y a des évidences que l’on se doit malheureusement de rappeler.


Claude Timmerman

La république, toujours soucieuse de célébrer ses fameuses “valeurs” a fait de la commémoration des assassinats de Charlie Hebdo le point d’orgue de sa propagande laïciste la plus haineuse.
Pourtant cette “valeur de la république”  ne se retrouve pas dans les principes qu’elle énonce et ni dans les écrits des grands esprits – généralement panthéonisés – qui les ont initiés.
La fameuse devise, dite républicaine – mais qui est originellement maçonnique – « Liberté Egalité Fraternité » ne comporte pas au grand dam des Peillon, Valls et autres fanatiques, le mot « Laïcité »…
C’est pourtant le seul mot qui préside aux discours actuels de nos “politiques” qui font mettre en exergue la propagande antireligieuse à travers des “valeurs de tolérance” illustrées par des cours de dénigrement religieux devenus obligatoires notamment à l’occasion des “commémorations Charlie”.
Car bien entendu, dès qu’on parlera de Charlie Hebdo, on parlera – on devra parler – de ses caricatures…
Et ce torchon fécal – comme je l’ai déjà moult fois souligné – faute de talent, a fait de l’attaque des religions son unique fonds de commerce, ce qui peut d’ailleurs expliquer aussi son peu de diffusion et sa situation chronique de faillite financière renflouée temporairement par l’incroyable diffusion de son numéro post- attentat : la mort est toujours lucrative, chez les politiques comme chez les artistes.
Et la création du slogan débile  « Je suis Charlie » traînera un peu partout durant près de deux ans et se perpétue encore au fil des “commémorations”.
Si l’on peut regretter une chose à ce stade, c’est bien de voir Emmanuel Macron – qui a tout de même été en khâgne à Henri IV et y a donc suivi un enseignement littéraire et historique du meilleur niveau – oublier ce qu’est l’histoire de la caricature et qui sont ses meilleurs auteurs, depuis deux siècles, pour porter au pinacle les gribouillis des crayonneurs de Charlie Hebdo.

De l’art de la caricature …

L’art de la caricature fait partie intégrante de l’héritage culturel de la France et il pourrait, ou devrait, être illustré et enseigné en cours ! Daumier, Granville, Henri Monnier, Caran d’Ache (Non pas lui évidemment: c’était un chef de file des antidreyfusards !), et beaucoup d’autres tous aussi talentueux les uns que les autres, sont les illustres représentants d’une tradition d’irrévérence héritée des pamphlets de l’Ancien Régime, très ancrée en France, notamment avec l’explosion de la presse consécutive beaucoup plus au développement des techniques d’imprimerie que de l’éphémère avènement de la république à la fin du XVIIIeme siècle, aussitôt balayée pour plus de 80 ans, entre la restauration royale et les empires des Bonaparte…
La Grande Bretagne a, là encore, fait figure de précurseur et sera à l‘origine de la caricature politique, alors napoléonienne.
En France, la caricature a surtout pris son essor sous la Restauration !
Mais qui se soucie encore d’instruire et de transmettre de réelles connaissances dans l’instruction publique?
Plus personne aujourd’hui: l’éducation dite « nationale » n’a plus pour mission en France que de formater des petits ripoublicains, notamment dressés à la haine anti religieuse.
Les authentiques principes républicains pour l’éducation
Les principes éducatifs édictés par Condorcet en 1791, grand théoricien et chantre panthéonisé de la république,  sont aujourd’hui bien oubliés et devraient pourtant être encore médités en 2020 : “L’éducation si on la prend dans toute son étendue ne se borne pas seulement à l’instruction positive, à l’enseignement des vérités de fait et de calcul, mais elle embrasse toutes les opinions politiques morales ou religieuses. Or la liberté de ces opinions ne serait plus qu’illusoire si la société s’emparait des générations naissantes pour leur dicter ce qu’elles doivent croire. Celui qui en entrant dans la société y porte des opinions que son éducation lui a données n’est plus un homme libre, il est l’esclave de ses maîtres.”  (Condorcet, Cinq mémoires sur l’instruction publique (1791), 35-36.)
En général c’est une citation qui est utilisée par les laïcistes pour dénoncer les effets de “l’obscurantisme de l’enseignement confessionnel” mais ils oublient que, pour Condorcet, imposer aux générations en devenir des opinions (républicaines et laïques) est tout aussi néfaste!
Ce que l’on retrouve exprimé de façon péremptoire dans son discours à l’Assemblée législative du 2 avril 1792 intitulé « Les principes de l’instruction publique » : La première condition de toute instruction étant de n’enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu’il est possible de toute autorité politique”
C’est encore, insistant sur le principe de neutralité, ce que rappellera, presque un siècle plus tard, Jules Ferry exposant la création de l’école laïque et prévoyant clairement des sanctions pour les instituteurs (Loi du 26 mars 1882): “ Si un instituteur public, s’oubliait assez pour instituer dans son école un enseignement hostile, outrageant pour les croyances de n’importe qui, il serait aussi sévèrement et aussi rapidement réprimé que s’il avait commis cet autre méfait de battre ses élèves ou de se livrer contre eux à  des sévices coupables. ”
L’instruction religieuse doit, selon la loi du 28 mars 1882, être donnée, si les parents le souhaitent, ” en dehors des édifices scolaires “.
Les écoles sont fermées à  cet effet un jour par semaine – le jeudi, ” outre le dimanche “.
Un article de la loi du 9 décembre 1905 relative à  la séparation de l’Eglise et de l’Etat confirmera ce point de la loi Ferry. En réalité, le paragraphe sur ” les devoirs envers Dieu ” n’est pas enlevé des programmes de morale. Ainsi, dans la pratique, les maîtres continuèrent à  parler de Dieu. Il faudra attendre le 25 février 1923 pour que ces fameux ” devoirs ” soient officiellement supprimés des programmes scolaires !
C’était il n’y a pas encore cent ans…
L’avertissement est clair et cette tradition républicaine était observée jusqu’ici.

Le dévoiement laïciste

Samuel Paty – comme nombre de ses collègues, pour ne pas dire hélas la majorité d’entre eux, sont disciples aujourd’hui d’un Peillon qui court après “une mystique de la laïcité” héritée selon Gershom Sholem de Junius Frey- ne s’inscrit pas du tout dans cette vision libérale, humaniste et pluraliste, de la laïcité de l’enseignementPour lui précisément, pleinement dans la ligne des plus hystériques, il s’agit bien à travers l’enseignement de s’emparer des générations naissantes pour leur dicter ce qu’elles doivent croire.
La liberté d’expression selon les laïcistes, c’est d’abord le refus de laisser se développer la liberté d’expression de ceux qui osent ne pas penser comme eux !
Pour eux, qui n’ont que le mot “tolérance” à la bouche, la tolérance de la pensée des autres leur est simplement intolérable !
Cela est tout  particulièrement vrai en matière de sensibilité religieuse.
Indéniablement Charlie Hebdo est un étendard idéologique en bande dessinée, pour ne pas dire en bande organisée, du laïcisme.
C’est là qu’il faut souligner la déliquescence actuelle à laquelle est parvenue la religion catholique dont, à de rares exceptions près, les évêques sont devenus (selon le vœu de Léon XIII) les auxiliaires zélés de la république la plus laïciste et la plus intransigeante qui soit. [Lettre de Léon XIII du 3 mai 1892 aux évêques de France : « Acceptez la république ! » (sic !)]
Au point de voir ces épiscopes, sauf rarissimes exceptions, faire assaut de courbettes sans ciller devant le pouvoir (à qui ils doivent le plus souvent leur mitre), et de faire réciter la nouvelle litanie  à la mode dans la cathosphère: « le catholicisme à la différence de l’Islam est compatible avec  la république ».
Ils ne semblent nullement gênés  face à la sentence attribuée à Peillon: « La liberté est incompatible avec la religion catholique » dont on a mal rapporté les propos.
La phrase originale, reprise par Peillon, ou déformée par ses soins , est reprise de celle d’Edgar Quinet : « L’échec [de la révolution de18] 48 où l’Eglise catholique, les prêtres, sont venus bénir les arbres de la liberté des révolutionnaires, c’est la preuve qu’on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique.»
Le blasphème devenu moyen de propagande anti-religieuse
La liberté pour les laïcistes, sur le plan idéologique, c’est aussi la liberté de blasphémer.
Mais nous ne sommes plus au temps du chevalier de la Barre.
Certains épiscopes s’y adonnent aussi maintenant sans vergogne, tel Mgr Di Falco, l’évêque de Gap qui n’avait rien trouvé de mieux que de laisser illustrer le martyre du Christ de façon “moderne” en remplaçant la croix par une chaise électrique. Une sculpture qui trônera des semaines dans la cathédrale ! (Une œuvre de Paul Feyer  baptisée « PIETA »)
Là, évidemment les laïcistes peuvent pleinement compter sur l’anesthésie du monde chrétien : depuis l’affaire du « Piss Christ » on sait que la catholicité est entrée en catalepsie.
Mais dans le monde musulman les choses sont tout à fait différentes.
Cette religion, nouvelle en France, venue avec l’immigration maghrébine, très présente depuis près de cinquante ans, a naturellement importé des dogmes et des valeurs de foi étrangères à l’actuel Occident Chrétien déclinant depuis les errements du concile.
Nos dirigeants politiques ont privilégié durant plus de trente ans la frange la plus extrémiste de l’Islam, celle du salafo-wahhabisme provenant du golfe persique, particulièrement rigoriste et tellement fanatisée qu’elle a conduit le monde sunnite réuni en congrès à Grosny sous l’égide du grand Imam d’Al Azhar fin août 2016 à exclure catégoriquement et définitivement ces mouvements du sunnisme !
La conférence a insisté sur la nécessité de “revenir aux écoles de grande connaissance” – les quatre grandes écoles de la jurisprudence – en allusion aux institutions religieuses sunnites identifiées, comme étant les universités d’Al-Azhar en Égypte, Qarawiyin au Maroc, Zaytouna en Tunisie et Hadramawt au Yémen.
Et de conclure : “Les gens du sunnisme et ceux qui appartiennent à la communauté sunnite sont les Asharites et les Maturidites, au niveau de la doctrine, les quatre écoles de jurisprudence sunnite, au niveau de la pratique, et les soufis, au niveau de la gnose, de la morale et de l’éthique”.
On soulignera l’omerta médiatique exemplaire qui a sévi – et qui sévit toujours – à ce sujet.
Personne en occident n’a souligné l’importance de ce véritable séisme religieux! Le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme l’avait analysé.
On voit donc ce paradoxe aujourd’hui d’un islam ultra minoritaire, hérétique, banni du sunnisme, reconnu terroriste, mais toujours accueilli, sinon soutenu, par les instances politique françaises (et israéliennes car les wahhabites sont favorables à la destruction des mosquées de l’esplanade du temple, comme étant des lieux de culte érigés non pas à la gloire de Dieu mais à celle de son prophète qui n’est qu’un homme !)…
Pour ces gens-là, le martyre est une finalité et une lecture fondamentaliste dévoyée du Coran les conduit à considérer comme blasphématoire et punissable de mort, toute représentation de Dieu ou du Prophète.
On comprend comment des caricatures peuvent être reçues par eux : elles sont considérées comme d’inexpiables provocations !
Cela ne s’inscrit pas dans nos valeurs historiques chrétiennes, mais ce sont des valeurs que nous avons encouragés à voir se développer sur notre sol en accueillant préférentiellement des prédicateurs salafistes et en privilégiant systématiquement l’intégration à l’assimilation.

Ils ne passeront pas …

Voir aujourd’hui Emmanuel Macron refuser d’assumer aussi maladroitement cet héritage qui date de Giscard d’Estaing est pitoyable. Et lui voir ressortir à l’occasion de l’assassinat de Samuel Paty le slogan éculé de la passionaria « Ils ne passeront pas » est totalement ridicule !
Ce mot d’ordre a été lancé par Dolores Ibarruri, « la Passionaria », le 19 juillet 1936 du balcon du Ministère de l’Intérieur à Madrid : « le Parti Communiste vous appelle au combat, pour écraser définitivement les ennemis de la république et des libertés populaires. NO PASARAN ! »
Macron devrait justement  savoir qu’ils sont très bien passés… et qu’ils sont restés longtemps !
Ce sont les tueuses sanguinaires comme  Ibarruri qui ont été balayées les premières avec toute la racaille socialo communiste des brigades internationales.
Aujourd’hui, ce sont les mêmes socialo-communistes qui poussent à l’accueil des migrants, quand la Licra et autres officines « antiracistes » encouragent à l’intégration, bannissent l’assimilation  et poussant à la disparition de nos valeurs !
Eric Zemmour, toujours aussi perspicace dans ses réflexions à l’emporte- pièce et chantre auto proclamé d’un nouveau “nationalisme” – en fait  bien plus national-sioniste que français – n’a pas hésité à dire lors d’une de ses magistrales conférence de propagande pour Israël et Tsahal : « Qu’est-ce que la colonisation ? C’est le refus de l’assimilation. »
Donc selon Zemmour, la volonté politique actuelle de nos dirigeants de privilégier l’intégration, constante depuis cinquante ans, serait de parvenir à la colonisation de la France par de nouveaux envahisseurs : les musulmans. (Il est vrai que quand on voit Nicolas Sarkozy expliquer que « La France doit réussir son métissage », on en reste pantois)
C’est dans ce contexte que s’inscrirait donc l’assassinat de Samuel Paty…

Dévoiement de l’enseignement 

Du potentiel viol des consciences, à l’exclusion arbitraire assumée des élèves !
A l’origine de l’affaire, professeur de collège, Samuel Paty est déjà connu pour ses sentiments trotskystes (il est très proche du collectif des crayons rouges) et  ses prises de position antireligieuses.
L’incident initial était intervenu le 5 octobre dernier au collège Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine.  Samuel Paty, avait dispensé un cours sur la liberté d’expression et avait “donc “montré des caricatures du prophète Mahomet à certains de ses élèves (comme s’il n’y avait rien d’autre à dire en matière de liberté d’expression que de parler de Mahomet et de choquer délibérément la conscience religieuse des enfants musulmans).
Il aurait même eu le culot d’inviter « ceux qui pouvaient être gênés » à sortir de la salle de classe !
Qui ne verra pas là une volonté délibérée de provocation assortie d’une marginalisation, une exclusion arbitraire assumée des élèves ?
Le moins qu’on puisse en dire c’est que ce n’est pas du tout “Jules Ferry” dans l’esprit, cela !
Nous ne reviendrons pas ici sur les circonstances quelque peu rocambolesques de la préparation de l’attentat et de la décollation de Samuel Paty.
Les rumeurs les plus folles ont couru, et le grand guignol ne nous a pas été épargné sur les réseaux dits sociaux. La censure non plus…
L’instrumentalisation politique a parallèlement été flagrante.
Nous renverrons les lecteurs soucieux d’informations solides et d’analyses rigoureuses à l’excellente synthèse vidéo de l’enquête faite par Eric Perroud, parue sur son blog, hébergé par Odyssée, quand toute la médiasphère, Youtube en tête, a refusé – ou supprimé – sa diffusion !(toujours accessible pour l’instant sur le net)
Des commentateurs étrangers, effarés par la conduite de la police lors de l’arrestation-exécution du suspect, (2 fois 4 balles + coup de grâce) n’ont pas hésité à manifester leur réprobation face à la version officielle des plus étranges, telle que relatée par les médias.
Le premier et non des moindres, le New York Times n’hésitant pas à titrer : « La police tire et tue un homme après une attaque au couteau dans la rue ».
Ce qui a immédiatement entraîné un tollé dans la bienpensance journalistique représentée ici par l’obscur « observatoire du journalisme » qui, va titrer sans vergogne : « Pour le New York Times, la décapitation de Samuel Paty est le signe d’une bavure policière. »
Médiapart sera poursuivi par Darmanin pour avoir osé laisser poser la question dans un des blogs qu’il héberge : « Exécution sommaire du suspect: nouvelle norme en matière de terrorisme? »

Instrumentalisation idéologique

Dans ce climat pour le moins délétère, le pouvoir instrumentalisant au maximum ce dramatique assassinat, a déployé tout son arsenal de propagande. Samuel Paty est devenu  un symbole : celui de la lutte contre l’islamisme radical. Il est présenté comme un martyre de l’enseignement et de la liberté.
Drapeaux en berne, minute de silence dans toutes les écoles, hommage national dans la cour de la Sorbonne avec remise de la légion d’honneur et de la cravate de commandeur des palmes académiques (!) ; puis l’incontournable discours du président qui commence par cette profession de foi d’intransigeance laïcarde : « Ce soir, je veux parler de votre collègue, de votre professeur tombé parce qu’il avait fait le choix d’enseigner, assassiné parce qu’il avait décidé d’apprendre à ses élèves à devenir citoyens. Apprendre les devoirs pour les remplir. Apprendre les libertés pour les exercer. Ce soir, je veux vous parler de Samuel PATY. »
On ne peut évidemment absolument pas souscrire à cette analyse des plus simplistes de Macron.
L’attitude de Paty correspond peut être aux conceptions de l’enseignement selon Macron, mais « apprendre les libertés » ne veut pas dire subir un martelage idéologique et « devenir citoyen » ne signifie pas s’y conformer. L’enseignement public ne peut pas être, ne doit pas être, un bourrage de crâne prodigué par un personnel sectaire !
« Si un instituteur public, s’oubliait assez pour instituer dans son école un enseignement hostile, outrageant pour les croyances de n’importe qui, il serait aussi sévèrement et aussi rapidement réprimé que s’il avait commis cet autre méfait de battre ses élèves ou de se livrer contre eux à  des sévices coupables. »
Paty a délibérément  ignoré cette mise en garde de Jules Ferry (1882), comme de nombreux autres enseignants malheureusement aujourd’hui.
Pour Paty, outrager les croyances, est la seule manifestation de la liberté d’expression qu’il conçoit et qu’il enseigne, aux antipodes des principes qui ont construit l’école de la république.
En ce sens, le nommer (et au plus niveau !) dans l’ordre des Palmes Académiques est non seulement choquant mais totalement scandaleux ! Le sectarisme va à l’encontre de l’esprit de cette distinction.
C’est là qu’on doit souligner en réaction – pour l’honneur du corps enseignant – les condamnations explicites de certains professeurs rapportées par Le Monde : « J’écris aujourd’hui ce message car j’éprouve le besoin de dire que je ne soutiens pas notre collègue, explique une enseignante expérimentée. Je refuse de me rendre complice par mon silence, d’une situation dans laquelle je me retrouve plongée malgré moi.  A mes yeux, cette situation altère le lien de confiance que nous essayons de renforcer chaque jour avec les familles qui ont choisi l’école publique pour leurs enfants et au vu du contexte dans lequel elle s’inscrit, met en danger l’ensemble de la communauté du collège. »
Un autre enseignant s’en prend à Samuel Paty en des termes encore plus virulents : « Non seulement notre collègue a desservi la cause de la liberté d’expression, il a donné des arguments à des islamistes et il a travaillé contre la laïcité en lui donnant l’aspect de l’intolérance, mais il a aussi commis un acte de discrimination : on ne met pas des élèves dehors, quelle que soit la manière, parce qu’ils pratiquent telle ou telle religion ou parce qu’ils ont telles ou telles origines, réelles ou supposées.  Mon éthique m’interdit de me rendre complice de ce genre de choses. »
On ne peut que partager l’inquiétude et l’émotion de ces enseignants face au sectarisme, et souscrire pleinement à ces remarques.
Mais la ” patymania ” est en route !
– Soixante écrivains rendent hommage à Samuel Paty dans deux ouvrages, “Mon prof, ce héros” et “Lettre à ce prof qui a changé ma vie”.
Les deux ouvrages, cosignés par soixante écrivains et universitaires en hommage à Samuel Paty, seront bientôt disponibles en librairie. Ils seront vendus « au profit d’œuvres éducatives »….
– Le Conseil de Paris a voté mardi 17 novembre pour qu’un lieu de la capitale porte le nom de l’enseignant assassiné le 16 octobre.
La présidente du groupe écologiste Fatoumata Koné a toutefois souligné : « Nous regrettons que le règlement ne soit pas respecté. Je souhaite rappeler qu’une délibération, qui date du 9 décembre 1938, précise qu’il n’est pas autorisé de dénominer une voie au nom d’une personne qui est décédée depuis moins de cinq ans. Ce règlement n’est jamais respecté (…). La raison de ce règlement était d’éviter que nous réagissions à chaud », a ainsi expliqué l’élue du 19e arrondissement.
Cette réflexion de bon sens a entraîné la fureur d’Anne Hidalgo…
Mais la polémique anti-écolo a été lancée par les maires de droite (LR) Geoffrey Boulard et Francis Szpiner…
Après le fanatisme islamique, le fanatisme idéologique, même s’il n’a pas encore tué, semble tout aussi inquiétant pour l’avenir !

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