Soninké, Traoré, la misère de l’esclavagisme

dans Zones occupées

La famille Traoré peut être fière de son ascendance Soninké : de fiers guerriers aux cheveux tressés et spécialisés dans l’esclavagisme dont l’horreur a survécu à celle du prétendu colonialisme. Lol.


Rédaction NSP
Ivan Lévy

Le nom de Traoré est une déformation du nom de Tarawélé, un des quarante-quatre clans de l’ethnie Soninké, ethnie qui s’étend essentiellement en Afrique de l’Ouest sahélienne. Dans l’empire du Ghana, les soninkés se disaient “enfants de la chasse” et le groupe qui nous intéresse prit le nom patronymique de Tarawélé ou Traoré  après l’occupation du royaume par Diabé Cissé.
Abdoulaye Bathily, historien africain, évoque la fondation du Royaume de Ouagadou à l’origine de l’empire du Ghana par Igo Khassé Dingka, personnage légendaire et ancêtre des Soninkés. Après leur conversion à l’islam au XIème siècle, les Soninkés se sont dispersés en Afrique de l’Ouest pour fonder, entre autres, le royaume de Galam, spécialisé dans le commerce de l’or, de la gomme arabique et … des esclaves …  capturés dans d’autres tribus et vendus sans aucun état d’âme, non pas aux méchants blancs mais aux Maures dont ce commerce était la spécialité. Le commerce avec les Européens viendra plus tard et ne sera que la continuité des traites  négrières arabo-musulmanes.
La société soninké évoluera très vite et ce, dès l’époque précoloniale,  vers un modèle esclavagiste extrêmement brutal. A la fin du XIXème siècle, alors que les blancs ont aboli l’esclavage depuis un demi-siècle, la société soninké compte près de la moitié d’esclaves qu’il faut réprimer par la violence et parquer  dans des quartiers réservés. Ces malheureux captifs ne connaîtront l’affranchissement qu’à partir du début du XXème siècle sous l’influence des vilains occidentaux colonisateurs.
Il est à noter que les traditions ont la vie dure chez les Soninkés puisque des cas d’esclavagisme perdurent encore de nos jours dans leur société en particulier en Mauritanie, les Maures et les Soninkés étant depuis toujours les spécialistes de ce type de commerce.
Le clan Traoré peut certes fièrement porter ses origines soninkés mais il serait de bon ton que toute la famille mette un genou en terre et demande pardon au nom de ses ancêtres aux autres populations africaines maltraitées par eux. Traoré, à esclavagistes, esclavagistes et demi ?

 

Derniers articles Zones occupées

Haut De Page